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’Une sale histoire’ à partir de la nouvelle La Douce et Les Démons de Dostoievski

Lundi 19, mardi 20 et mercredi 21 mars 2007


Partie de la figure de Netchaïev, nihiliste contemporain de Dostoïevski, cité par Gorki comme figure de l’extrême, mon désir fut, dans un premier temps de partir du roman Les démons et de travailler en kaléidoscope à partir d’éclats du texte donnant à entendre l’effervescence révolutionnaire dans une ville de province où se prépare un attentat terroriste.

Traduction André Markowicz
Conception Elizabeth Marie et Cyril Alata
Mise en scène Elizabeth Marie
Musique Cyril Alata
Informatique Vincent Rioux, Fabrice Gallis
Installation scénique, Lumières Pierre Heydorff
Costumes Tania Klimoff

Avec
- Marc Henri Boisse (jeu)
- Denis Shirko (jeu)
- Cyril Alata (musique)
- Fabrice Gallis (musique)
Régie générale Olivier Henry
Conseillère en russie Julie Kach

Com/presse/suivi de production Arnaud Weber / Collectif Insight
Comptabilité Compt’acte.

Il s’agit de la mise en scène d’une nouvelle, "La Douce", et de l’insertion de voix enregistrées mêlées à des sons et des musiques de "Les Démons" de cet auteur, elles pourront évoquer la Russie des années 1870. Celle-ci raconte l’histoire d’un usurier d’âge mur et d’une jeune fille de 16 ans qu’il épouse dans le but avoué de la sauver de la pauvreté et de ses conséquences.

Textes de de Dostoievski chez www.slavika.com

Cet homme a été chassé de l’armée après avoir refusé de se battre en duel (il est sorti de la norme) et a mené une vie de misérable jusqu’à ce qu’un petit héritage lui permette d’ouvrir une boutique d’usurier pour "se venger de la société". Apparaît dans ce drôle de mariage, de manière caricaturale, grotesque, tragique, l’impossibilité de cette union -on peut penser bien sûr aux mariages arrangés ici, avant et dans de nombreux pays encore- mais il apparaît surtout quelque chose sur le cycle infernal de sa vengeance, fut-elle inconsciente.

Tout ce qui se dit est en permanence contredit, réévalué, transformé et jamais dans une pensée linéaire ; multiple, inépuisable. Il travaillait alors comme journaliste et réfléchissait sur le suicide mais aussi sur le côtoiement entre les enfants de serfs récemment affranchis et les enfants des anciens maîtres.

Sur le suicide, il raconte deux faits divers dans « le journal d’un écrivain » : une jeune fille qui se suicide par ’ennui et l’autre de misère. Ces questions, qui me semblent en résonance avec notre monde, je voudrais avec ce projet les mettre en miroir, non pas créer des équivalences frivoles mais un peu distanciées. Je voudrais aussi montrer le processus de destruction de cette jeune femme qui ne peut ni partir ni se révolter et de cet homme qui dit de lui "au fond personne ne m’a jamais aimé, déjà petit...".

Il y a sûrement quelque chose de Faust mais d’un Faust russe dans cette histoire là. Un homme seul plonge sous nos yeux dans sa mémoire et se confronte à sa parole émergente et à ses profondes contradictions. Ce texte révèle comme peu d’autres l’opacité de l’âme humaine et la mobilité d’une vérité peu ou pas accessible aux sens et à l’esprit .

Théâtre du Chaudron
La Cartoucherie 75 012 Paris
Tél. 01 43 28 97 04 - Fax 01 43 28 40 15



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

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