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27 Septembre - 31 Décembre 2001 - L’Or des Rois scythes


Peuple de culture orale, les Scythes nous ont laissé pour seul langage un art splendide et complexe. Afin d’éclairer le destin de ces guerriers aristocrates, l’exposition met en regard de magnifiques objets en or récemment exhumés des kourganes (tertres funéraires des chefs).

Galeries nationales du Grand Palais
Entrée Clémenceau
Place Clémenceau
75008 Paris.

« Scythe » est le nom générique communément donné aux cavaliers nomades antiques parés d’or de la grande steppe herbeuse entre Danube et fleuve Jaune. Parmi ces peuples qui terrorisaient les sédentaires du sud, grecs, perses ou chinois, les Scythes proprement dits, que Hérodote surnomme « Scythes royaux » (L’Enquête, Ve siècle av. J.-C.), forment une entité à part. Au VIIe siècle av. J.-C., venus d’Orient, ils prennent la place des Cimmériens sous « [les] nuées et [les] brumes » (Odyssée, VIIIe siècle av. J.-C.) du nord de la mer Noire et du Caucase (actuelle l’Ukraine et la Russie). Avides d’espace et de mouvement, jurant « par le vent et par l’épée », ils furent l’adversaire insaisissable, sans murs ni maisons, qui arrêta les ambitions hégémoniques du perse Darius en Scythie (-515). Plus tard, multipliant les contacts avec les colonies grecques du Pont (mer Noire), ils s’enrichirent dans le commerce du blé. Ce sont leurs frères des steppes sarmates qui leur portèrent un coup fatal au IIIe siècle av. J.-C..

Ces œuvres portent à son apogée l’art animalier des steppes. Elles se distinguent des productions voisines d’Asie centrale – sarmates, paziricks et tagars – en assimilant le style et certains thèmes hellénistiques. Conjuguant les traditions artistiques des peuples nomades avec des influences iraniennes et hellénistiques, la culture scythe révèle une étonnante mixité dont l’exposition donne pour la première fois en Europe une vision cohérente.

Sur les boucles de harnais, les fourreaux d’épée (Illicheve), les plaques de carquois (Sloboda) et les plaquettes ornementales des coiffes (Syniavka), aigles et léopards (deux animaux de l’Asie centrale) attaquent le cerf et le cheval. Entre nature sauvage et bestiaire idéal, les Scythes se laissent fasciner par les carnassiers et les hardes de cervidés.

Des vases grecs peints retrouvés sous les kourganes attestent les relations entre les ethnies scythes et grecques. Cependant, l’originalité de cette rencontre entre deux civilisations remarquables se lit surtout dans les pièces d’orfèvrerie. Les travaux d’Héraclès sont ainsi illustrés sur douze appliques du tumulus de Babyna (350-300 av. J.-C.). Dans le mythe d’origine que rapporte Hérodote, le premier roi scythe serait issu de l’accouplement du héros grec et d’une sirène du Dniepr. Le mariage des traditions scythes et grecques a produit de magnifiques objets en or comme cette plaque de carquois du tumulus de Melitopol où l’on retrouve, entre des frises végétales et autres motifs décoratifs, le combat d’animaux sauvages et fantastiques, mais aussi des groupes d’hommes, femmes et enfants, illustrant un récit mythologique non encore identifié.

Les œuvres présentées proviennent des collections nationales d’Ukraine.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, Paris, le San Antonio Museum of Art, San Antonio (Texas) et la Walters Art Gallery, Baltimore (Maryland). Elle a également été présentée au Los Angeles County Museum, Los Angeles (Californie), au Brooklyn Museum of Art, Brooklyn (New York), au Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City (Missouri). ainsi qu’au Canada, au Musée royal de l’Ontario à Toronto.

L’exposition est placée, à Paris, sous le haut patronage de Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française, et de Monsieur Léonid Koutchma, Président de l’Ukraine.

L’exposition présente les 172 œuvres sur deux niveaux correspondant à deux approches thématiques de la culture scythe, l’une axée sur la vie quotidienne, l’autre sur les rites funéraires.

Au rez-de-chaussée, textes et grandes photos évoquent l’atmosphère des steppes ukrainiennes et introduisent le propos. Les parois, en rouge, symbolisent la terre, le combat, le sang, les vitrines et les documentaires, en vert, la transhumance et les steppes.
Au premier étage, lumière tamisée, plafond plus bas et moquette sombre, le visiteur pénètre dans l’univers des morts. Perchées sur un tertre funéraire reconstitué, deux stèles représentant un guerrier en gardent l’entrée et la sortie. Le corps de la section fait se succéder informations et cyclos de lumière sur les parois latérales. Au centre, trois tables, séparées par deux imposants panneaux informatifs verts foncés présentent les objets exhumés de trois kourganes — tumulus funéraire. Pour chaque kourgane, un aspect de la culture des Scythes est exploré : « Mouvement, cheval, énergie » — symbole du nomadisme —, « Héraclès et les Scythes » ou l’origine du peuple et enfin « L’Homme-animal » ou l’imaginaire animalier. Certains objets sont repris graphiquement par des tracés blancs sur fond noir qui schématisent quelques détails significatifs. La dernière salle, comportant deux installations — le second tumulus et une table — présente deux objets des plus prestigieux : Epée et son fourreau et Pectoral . Ce dernier, œuvre majeure des collections sibériennes ne sort plus des collections nationales. Un travail graphique — une sérigraphie agrandie noir et blanc — nous en restitue la vision.

Ouverture :
- Tous les jours, sauf le mardi ;
- de 10h à 20h (fermeture des caisses à 19h15,
- le mercredi de 10h à 22h (fermeture des caisses à 21h15)

Entrée sur réservation de 10h à 13h :
- tarif plein, 57 F (8,69) ;
- tarif réduit le lundi 42 F (6,40).

Entrée sans réservation à partir de 13h :
- tarif plein, 50 F (7,62) ;
- tarif réduit le lundi 35 F (5,34).



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