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Nos (Le Nez), Opéra russe de Dimitri Chostakovitch

14, 15, 17, 18, 19 novembre 2005 à 20h


Le Nez est le premier opéra de Chostakovitch, écrit alors qu’il était seulement âgé de 21 ans. Il est tiré d’une nouvelle de Gogol, qui, à travers l’histoire d’un homme qui, un beau matin, se retrouve sans nez, constitue une satire féroce de l’administration et des comportements sociaux de la société russe sous Nicolas 1er.

Dimitri Chostakovitch (1906-1975), compositeur

Dimitri Chostakovitch, né en 1906 à Saint-Pétersbourg. C’est dans cette même ville, appelée successivement Petrograd, puis Leningrad, qu’il a fait ses études et a été témoin de la Première Guerre mondiale, des deux Révolutions russes de 1917 et des premières années du régime soviétique. Et c’est là qu’il connut ses premiers succès de jeunesse : Symphonie n°1 créée en 1926, puis jouée à Berlin sous la direction de Bruno Walter, musique de ballet, de film, opéra d’une modernité provocatrice (Lady Macbeth de Mzensk). Mais en 1936, au sommet de la terreur stalinienne, le compositeur fut accusé d’écrire une musique qui offensait les valeurs de la société soviétique et il fut publiquement critiqué et humilié. L’année suivante, pourtant, il répondit à ses critiques par l’une de ses œuvres les plus importantes : sa Cinquième Symphonie.

En 1940, « réhabilité », il obtint pour son Quintette pour piano et cordes un prix Staline. Le rayonnement de sa musique allait encore gagner en intensité avec sa Symphonie n°7, dite « Leningrad » dont les trois premiers mouvements furent composés en temps de guerre, au début du cauchemar sanglant du siège de Leningrad par les Nazis en 1941. Après la Seconde Guerre mondiale, Chostakovitch s’installa à Moscou, où, pendant les dernières années de la tyrannie stalinienne, il fut victime, en 1948, d’une seconde campagne officielle de condamnation publique et d’avilissement. Pendant ces années, Chostakovitch se dirigea de plus en plus vers l’intimité de la musique de chambre, et tout particulièrement vers le quatuor à corde. Au milieu des années 50, la réputation du compositeur changea de nouveau et il devint une figure totémique de la culture soviétique officielle. Il accepta même de rejoindre le Parti Communiste, une décision qui lui valut l’approbation officielle et un nouveau statut, mais qui lui fit perdre la sympathie et le soutien de certains de ses collègues et de ses admirateurs au sein même du monde musical russe. Durant les dernières années de sa vie, Chostakovitch, malade, écrivit une musique dépouillée, mélancolique, insaisissable, qui reflète sans doute regrets et expériences. Il est mort à Moscou en 1975.

L’œuvre

Le Nez est le premier opéra de Chostakovitch, écrit alors qu’il était seulement âgé de 21 ans. Il est tiré d’une nouvelle de Gogol, qui, à travers l’histoire d’un homme qui, un beau matin, se retrouve sans nez, constitue une satire féroce de l’administration et des comportements sociaux de la société russe sous Nicolas 1er. En la transposant à l’époque de la composition, Chostakovitch et ses librettistes ont favorisé l’aspect satirique et sociologique du texte original, ce qui n’a pas échappé aux autorités staliniennes qui y ont vu une « bombe anarchiste ». Mais ils l’ont aussi profondément humanisé, lui donnant ainsi une dimension très personnelle : « Pourquoi rire d’un malheureux qui vient d’être ainsi défiguré ? explique le compositeur. Il ne peut plus ni se marier, ni trouver un emploi. J’aurais aimé pleurer à chaudes larmes. Et quiconque s’apprête à faire représenter Le Nez doit tenir compte de cette circonstance. »

Sur le plan musical, l’œuvre fait preuve d’une profonde originalité. Elle rompt avec tous les schémas opératiques existant sans pour autant revendiquer une filiation néo-classique ou dodécaphonique. Chaque acte est conçu comme un tout dans lequel on ne trouve ni numéros individuels, ni leitmotive, ni retours en arrière. De même, l’abondance des rôles (plus de 70) et la prédominance des ensembles sur les airs permettent de rompre avec la tradition romantique du « personnage ». D’où aussi un sentiment de grouillement, d’excès, d’accumulation, qui pourtant ne nuit en rien à l’unité de l’œuvre. En fait, Le Nez, comme dans une certaine mesure L’Amour des trois oranges, doit beaucoup au contexte historique et culturel qui l’a vu naître, c’est-à-dire à ces années 20 en URSS, où triomphaient tous les mouvements avant-gardistes et où le cinéma imposait un nouveau sens du rythme.

La création

Le Nez a été créé le 18 janvier 1930 au Théâtre Maly de Léningrad.

L’œuvre à l’Opéra de Paris

Le Nez fait son entrée au répertoire de l’Opéra national de Paris.

PRODUCTION DU THÉÂTRE MARIINSKI - CRÉATION À L’OPÉRA :

- Opéra en trois actes et dix tableaux (1930) - Livret de Dimitri Chostakovitch
- En collaboration avec Evgueni Zamiatine, Grigori Ionine et Alexandre Preis
- D’après la nouvelle de Nikolaï Vassilievitch Gogol
- En langue russe

Direction musicale Valery Gergiev
Mise en scène Yuri Alexandrov
Décors Zinovy Margolin
Costumes Maria Danilova
Chef des Choeurs Andrei Petrenko
Solistes, Orchestre et Choeurs du Théâtre Mariinski

- Première 14 novembre 2005 à 20H
- Représentations 15, 17, 18, 19 novembre 2005 à 20h
- Durée du spectacle 2h30 avec 1 entracte
- Prix des places 130 € | 110 € | 85 € | 70 € | 50 € | 35 € | 20 € | 9 € | 5 €

Ouverture des réservations :
- Internet 5 septembre 2005,
- Correspondance 5 septembre 2005,
- Téléphone (province) 10 octobre 2005,
- Téléphone (île de france) 11 octobre 2005,
- Guichets 7 octobre 2005.

Pierre Boulez / Valery Gergiev
Palais Garnier
6 novembre 2005 20h



Ce qui, en français, a l'air de sonner, bien traduit en russe peut être très vilain. Alexandre Soumarokov

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