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’Avant la retraite’, spectacle dédié au 60e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale

Du 18 mai au 20 juin 2005


L’offensive rapide de l’Armée soviétique rend l’issue de la guerre évident. Les autorités SS préparent alors l’évacuation du camp de Stutthof. Le matin du 9 mai 1945, le détachement de la 48e Armée soviétique du 3e Front Biélorusse a libéré le camp d’extermination Stutthof, le dernier libéré... La Seconde Guerre mondiale se termine le 9 mai 1945, au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Du théâtre politique inscrit dans l’Histoire et dont le récent 60ième anniversaire de la libération des camps d’extermination vient en rappeler l’urgence et la nécessité.

Avant la retraite/ Cabale masquée de Thomas Bernhard

Rudolf Höller, ancien officier nazi reconverti en respectable président de tribunal, s’apprête à
prendre une retraite bien méritée au terme d’une carrière exemplaire au service du droit et de la justice. Sous le vernis d’honorabilité bourgeoise, cependant, sommeille encore la bête immonde. C’est ainsi que chaque année, le sept octobre, il endosse son plus bel uniforme pour fêter dans le secret de son appartement l’anniversaire du Reichsführer SS Heinrich Himmler, lequel fut, faut-il le rappeler, l’organisateur méthodique des camps d’extermination.

Dans cette sordide mise en scène clandestine, qu’il orchestre comme une « conjuration » , avant que ne vienne le temps où, il n’en doute pas, il pourra le faire « au grand jour devant tout le monde », il revit dans une extase teintée de paranoïa l’époque héroïque où il était commandant de camp, entraînant sa sœur - et amante - dans un duo d’amour-haine proprement hallucinant. Cette grande plongée orgiaque dans le passé pourrait donner lieu à un bonheur sans mélange, n’était la présence violemment réprobatrice de sa seconde sœur, paraplégique, qui les observe, enfermée dans son silence sacrifié. En d’autres temps, on l’aurait « tout simplement gazée » , mais pour l’heure on se contentera de lui raser la tête et de lui faire endosser une veste de déportée, afin qu’elle tienne le rôle qui lui revient dans cette insupportable mascarade.
Que l’on n’attende ni retenue ni mesure dans cette pièce de rage et d’imprécation, traversée de bout en bout par un humour ravageur. Sous titrée « comédie de l’âme allemande », c’est sur le mode du grand guignol et de la danse macabre qu’elle fouille au couteau dans les recoins les plus nauséabonds de la bonne conscience et de l’hypocrisie d’une société toujours travaillée par ses vieux démons.

- Mise en scène Agathe Alexis
- Avec Agathe Alexis, Emmanuelle Brunschwig, Philippe Hottier
- Scénographie Patrick Bugeïa
- Costumes Dominique Louis
- Lumières Jean-François Touchard
- Son Jakob
- Chorégraphie Claire Richard
- Assistanat à la mise en scène Yulia Zimina

Du 18 mai au 20 juin 2005 :

- les soirs à 20 h 30,
- sauf les dimanches à 17 h
- relâche les mardis.

Coproduction La Compagnie Agathe Alexis, subventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication (DMDTS).

Construite comme une partition de musique répétitive, servie par une langue obsessionnelle, elle ne se contente pas de démasquer, ce qui serait trop naïvement optimiste, mais démontre qu’un masque peut en cacher un autre derrière lequel l’humain est tout bonnement introuvable. Parfois, on s’attend au pire, mais on a tort, car il s’avère que c’est encore pire.

Durant toute sa vie, Thomas Bernhard (1931-1989) a entretenu des rapports difficiles, souvent violemment conflictuels, avec la société autrichienne, dont il n’aura cessé de dénoncer le conformisme étouffant, fondé sur un consensus délibérément mensonger visant à faire passer l’Autriche pour une victime de la barbarie nazie, alors que tout concourt à prouver qu’elle en fut la complice active - la lamentable affaire Waldheim n’en n’étant qu’un indice parmi d’autres. Sur le mode de l’imprécation et de la férocité, l’œuvre de Thomas Bernhard est donc profondément politique, dans la mesure où son objet est de jeter un éclairage sans concessions sur les mille et une manières dont la culture national-socialiste est recyclée dans le présent autrichien : « Il y a aujourd’hui plus de nazis à Vienne qu’en 1938 », affirme ainsi un des protagonistes de Heldenplatz, sa dernière pièce, créée l’année de sa mort. Comme la plupart des pièces de Thomas Bernhard, Vor des Ruhestand (Avant la retraite) a provoqué un scandale retentissant lors de sa création en 1979.

Actrice et metteur en scène férue de textes rares et d’écritures singulières, Agathe Alexis a co-dirigé avec Alain Barsacq la Comédie de Béthune, Centre Dramatique National, de 1992 à 2004. Au théâtre, elle a joué notamment sous la direction de Jean-Pierre Vincent, Bruno Bayen,
Bernard Sobel, Jacques Lassalle, Alain Barsacq, Jean-Pierre Rossfelder, Christian Schiaretti, Jean Lacornerie. Elle s’est dirigée elle-même à plusieurs reprises, dans La Révolte de Villiers de l’Isle-Adam, Le Venin du théâtre de Rodolf Sirera, Les Sincères et le Dialogue de l’Amour et de
la Vérité de Marivaux. Parmi ses dernières mises en scène, on retiendra : Le Belvédère d’Odön von Horvath, La Tonnelle d’Hermann Ungar, Le Retable des damnées de Francisco Nieva, Clavigo de Goethe, La Chasse aux rats de Peter Turrini, Huis clos de Jean-Paul Sartre, Mein Kampf (farce) de George Tabori et Bonne nuit, ne mourez jamais de Michèle Sigal.

L’Atalante - Cie des Matinaux

Direction Alain Alexis Barsacq

10, place Charles Dullin

75018 Paris



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

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