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Festival franco-russe ’Beethoven et Chostakovitch, les artistes face au pouvoir’

Du vendredi 21 au jeudi 27 janvier 2005


Grâce au chemin ouvert par Beethoven à partir de l’Héroïque, Chostakovitch, profitant de cette ambiguïté, peut affirmer ses vérités artistiques sans que sujet biographique et sujet esthétique ne soient anéantis par le pouvoir despotique.

PROGRAMME ’Beethoven/Chostakovitch’ :

- VENDREDI 21 JANVIER - 20H
- Dmitri Chostakovitch : Symphonie n° 14
- Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 3
- SAMEDI 22 JANVIER - 15H
- Forum ’Beethoven et Chostakovitch : les artistes face au pouvoir’
- SAMEDI 22 JANVIER - 20H
- Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano n° 5
- Dmitri Chostakovitch : Symphonie n° 12
- MARDI 25 JANVIER - 20H
- Dmitri Chostakovitch : Le Nez
- JEUDI 27 JANVIER - 20H
- Dmitri Chostakovitch Dix poèmes sur des textes de poètes révolutionnaires
- Ludwig van Beethoven Symphonie n° 9.


Vendredi 21 janvier - 20h Salle des concerts :

- Dmitri Chostakovitch (1906-1975)-
Symphonie n° 14 en sol mineur pour soprano, basse, orchestre
de chambre (cordes et percussions), op. 135
1. De Profundis (basse). Adagio (Lorca)
2. Malagueña (soprano). Allegretto (Lorca)
3. La Lorelei (soprano et basse). Allegro molto (Apollinaire d’après Brentano)
4. Le Suicidé (soprano). Adagio (Apollinaire)
5. En garde (soprano). Allegretto (Apollinaire)
6. Madame, voyez ! (soprano et basse). Adagio (Apollinaire)
7. A la Santé (basse). Adagio (Apollinaire)
8. Réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople (basse). Allegro (Apollinaire)
9. Ô Delvig, Delvig ! (basse). Andante (Küchelbecher)
10. La Mort du poète (soprano). Largo (Rilke)
11. Conclusion (soprano et basse). Moderato (Rilke)
42’
Entracte

Ludwig van Beethoven (1770-1827) - Symphonie n° 3 en mi bémol majeur, op. 55 « Héroïque »
Allegro con brio
Marcia funebre : Adagio assai
Scherzo : Allegro vivace
Finale : Allegro molto 50’

Orchestre Symphonique de Budapest :
- Jànos Fürst, direction
- Elena Prokina, soprano
- Igor Mathiukin, basse.

Ce concert sera diffusé le 28 février à 10h sur France Musiques.
Durée totale du concert (entracte compris) : 2h
Vendredi 21 janvier-20h

Esthétique et politique

Ainsi que la Révolution française a bouleversé le cours de la civilisation occidentale, la Troisième symphonie de
Beethoven a bouleversé le cours de la symphonie. Depuis
cette oeuvre conçue « per festeggiare il sovvenire di un
grand Uomo » (pour célébrer le souvenir d’un grand
homme) la symphonie n’est plus seulement spectacle
sonore et drame orchestral : dorénavant elle peut célébrer un principe, une image mentale, une idée.

Dans le cas de Chostakovitch, il semblerait plus difficile de séparer sujet biographique et sujet esthétique. Dès le succès international de sa Première Symphonie composée lorsqu’il est encore étudiant, non seulement il devient le
compositeur soviétique de pointe, mais il est aussi chargé d’importantes fonctions politiques dans le domaine de la musique. Cependant, les censures qui tombent de temps en temps sur ses oeuvres comme la Treizième ou la Quatorzième. Même dans les symphonies les plus ouvertement commémoratives (Deuxième, Troisième, Septième, Onzième, Douzième), la célébration n’étouffe jamais le résultat esthétique. Après les premières censures contre Lady Macbeth du district de Mtsensk, c’est l’ambiguïté sémantique de la musique instrumentale qui stimule Chostakovitch à exprimer dans le domaine de la symphonie son génie dramaturgique et musical.

Dans ses mémoires recueillis par Solomon Volkov,
Chostakovitch doute de la légende selon laquelle Staline
aurait aimé Beethoven. La marche funèbre de la Troisième symphonie de Beethoven célèbre la mort symbolique d’un personnage historique mythifié et la survivance du héros rendu sublime par la transfiguration esthétique. La Quatorzième symphonie de Chostakovitch est une symphonie macabre célébrant le triomphe de l’art poétique sur la mort : une protestation contre la mort, surtout contre la mort violente perpétrée systématiquement par les régimes totalitaires. Beethoven a posé un questionnement artistique et esthétique qui a laissé une trace indélébile dans la tradition occidentale.


Dmitri Chostakovitch, Symphonie n° 14
Composition : 1969

Création le 29 septembre 1969 à Leningrad, salle du Choeur académique de Leningrad, par Galina Vichnevskaïa, Evgeni Vladimirov et l’Orchestre de chambre de Moscou sous la direction de Rudolf Barchaï.
Dédiée à Benjamin Britten.

Les années 1905 et 1917 évoquées par les Onzième et
Douzième Symphonies, les textes engagés de Evgeni
Evtouchenko dans la Treizième, critiquant peut-être la
société stalinienne : les références explicites à un contexte politique ne sont pas rares chez Chostakovitch, et leur interprétation sémantique est toujours délicate. Composée en 1969, la Quatorzième Symphonie, tout entière prise de position sur la mort, tranche avec cette lignée politique.


Ludwig van Beethoven - Symphonie n° 3 « Héroïque »

Composition : 1802-1804. Première exécution publique le 7 avril 1805 au Theater an der Wien sous la
direction de Beethoven.
Effectif : 2 flûtes, 2 hautbois,
2 clarinettes, 2 bassons, 3 cors,
2 trompettes, timbales, cordes.

Esquissée en 1803 puis donnée en audition privée chez le
Prince Lobkowitz, la Troisième Symphonie fut créée le 7 avril 1805 au Theater an der Wien, dans une capitale occupée
par les troupes napoléoniennes. Son qualificatif d’ « héroïque » provient pourtant de la dédicace que Beethoven avait projeté de faire figurer sur la partition en hommage à Bonaparte : Sinfonia Eroica composta per festaggiare il sovenire du un grand’Uomo (Symphonie héroïque composée pour célébrer le souvenir d’un grand homme).
Selon les volontés de l’auteur, cet hommage aurait dû rester secret puisque le Premier Consul français était déjà craint des milieux monarchiques viennois au moment où la Symphonie était ébauchée.


Samedi 22 janvier - 15h - Amphithéâtre

Forum ’Beethoven et Chostakovitch’ : les artistes face au pouvoir

Esteban Buch, concepteur et présentateur
Avec la participation d’André Lischke, Grégoire Tosser,
musicologues :
- Le mythe héroïque
- Images de Beethoven
- Le « nouveau Chostakovitch »
- Le compositeur et l’Etat
- Beethoven et le pouvoir des Habsbourg
- Chostakovitch et le pouvoir soviétique
- Stratégies de soutien
- Le patriote Beethoven
- Chostakovitch et la figure du peuple
- Stratégies de résistance
- Beethoven contre les tyrans
- Chostakovitch contre les tyrans
- L’oppression
- Beethoven suspect
- Chostakovitch censuré
- Le repli sur soi
- Beethoven et la musique de chambre
- Chostakovitch et la musique de chambre.

Beethoven et Chostakovitch dans l’histoire :
- La réception politique de Beethoven
- Scènes de la vie future de Chostakovitch
- OEuvres et extraits de Ludwig van Beethoven

Ludwig van Beethoven Variations pour piano sur Rule Britannia, Sonate en mi majeur, op. 109

Abschiedsgesang an Wiens Bürger
Kriegslied der Österreicher
Matthieu de Laubier, baryton
Michaël Wladkowski, piano

- OEuvres et extraits de Dmitri Chostakovitch

Sonate n° 2 en si mineur, op. 61
Prélude et fugue en ré mineur, op. 87, n° 24
Michaël Wladkowski, piano

Beethoven face à Napoléon, Chostakovitch face à Staline : autour de ce quatuor, le dialogue entre musique et politique peut déployer sa symphonie des temps modernes.

Le mythe héroïque veut le grand compositeur épris de liberté, et libérant l’humanité par l’expérience esthétique de ses oeuvres : Embrassez-vous, millions d’êtres ! La réalité est, comme souvent, plus complexe. Oui, Beethoven admira Bonaparte, puis détesta l’Empereur ; mais son rapport au pouvoir, tout au long d’une vie plus pleine de perruques poudrées que de damnés de la terre, ne se résume pas à cette image prométhéenne. Oui, Chostakovitch écrivit des oeuvres contre le régime totalitaire, qui l’accusa de formalisme et autres abominations ; mais son histoire n’en fut pas moins celle du musicien le plus en vue de l’Union Soviétique. Jusqu’à aujourd’hui, leur musique - le pouvoir de leur musique - remplit d’émotion des gens qu’inspirent les idéologies les plus diverses. Chacun y retrouve l’image
sonore de son idée du beau et du bien. De l’intimité de la musique de chambre aux grandes masses orchestrales, Beethoven et Chostakovitch semblent contenir tous les
registres de l’humain. Mais que dire de la valeur morale de l’art lorsque cette idée-là s’avère un cauchemar ? /
Esteban Buch

Les débats seront également agrémentés de documents audio-visuels.

Durée totale du forum : 3h


Samedi 22 janvier - 20h Salle des concerts

Ludwig van Beethoven (1770-1827) Concerto pour piano n° 5 en mi bémol majeur, op. 73

“L’Empereur ”
Allegro
Adagio un poco mosso. Attacca.
Rondo. Allegro 43’
Entracte

Dmitri Chostakovitch (1906-1975) Symphonie n°12 en ré mineur, op. 112 « L’ Année 1917 »

Petrograd révolutionnaire.
Moderato-Allegro.
Attacca
Razliv.
Allegro (L’istesso tempo)
Adagio.
Attacca
« Aurora ».
L’istesso tempo-Allegro.
Attacca.
Aube de l’Humanité.
L’istesso tempo-Allegretto. 40’
Dezsõ Rànki, piano
Orchestre Symphonique de Budapest
Jànos Fürst, direction

Ce concert est enregistré par France Musiques, partenaire de la Cité de la musique, et sera diffusé le 1er mars à 10h.
Durée totale du concert (entracte compris) : 1h55
Samedi 22 janvier - 20h


Dimitri Chostakovitch - Symphonie n° 12, dédiée à la mémoire de Vladimir Ilitch Lénine.

Composition : 1960-1961
Création publique le 1er octobre 1961 à Leningrad, par l’Orchestre philharmonique de Leningrad, sous la direction d’Evgeni Mravinski.
Editeur : Sovietski Kompozitor, Moscou,
1961.

Par son caractère héroïque, prométhéen, par son ampleur
et sa tonalité, le Cinquième Concerto de Beethoven a très tôt été rapproché de sa Troisième Symphonie, « célébrant » -
comme plus tard la Douzième de Chostakovitch - « le
souvenir d’un grand homme ». D’autre part, le Concerto est
né dans un contexte politique qui l’a marqué. Parmi les
esquisses du premier mouvement, Beethoven avait noté
« Chant de triomphe pour le combat ! », « Attaque ! »,
« Victoire ! » - cris inspirés par la prochaine guerre de
l’Autriche contre l’armée française. Il n’en reste pas moins
que le sous-titre « L’Empereur », qui rend plus qu’ambiguë la signification de l’oeuvre, n’a jamais été autorisé par
Beethoven, lui-même ayant expressément supprimé la
dédicace « bonapartiste » de L’Héroïque.


Mardi 25 janvier - 20h Salle des concerts

Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
Le Nez (Nos), opéra en 3 actes et 10 tableaux.

Dmitri Chostakovitch Nos (Le Nez) op. 3

Livret de Evgeni Zamiatine, Gueorgi Ionine, Alexandre Preis et du compositeur lui-même
Composition : 1927-1928
Création au Petit Théâtre de Léningrad le 18 janvier 1930 sous la direction de Samuel Samossoud, décors de Vladimir
Dimitriev et mise en scène de Nikolaï Smolitch.

Boris Alexandrovitch Pokrovski, mise en scène
Vladimir Talalaï, scénographie/costumes
Lilya Talankina, chorégraphie
Vladimir Ivakine, designer lumières
Vladimir Apekichev,Tatiana Skotchenskaya,
Uliy Gusberg, chefs de choeur
Durée totale du spectacle : 2h20

Livret d’Alexander Preis, Dmitri Chostakovitch,
Grigori Ionine, Evgeni Zamiatine d’après la nouvelle de Nikolaï Gogol (1835) :

- 1e partie 55’
- Entracte
- 2e partie 55’

- Avec Edouard Akimov, baryton, (Planton Kouzmitch Kovalev)
Alexei Motchalov, basse, (Ivan Iakovlevitch, barbier)
Maria Lemecheva, soprano, (Praskovia Ossipovna, son épouse)
Boris Tarkhov, ténor, (le portier)
Boris Drouginine, ténor, (Ivan, valet de Kovalev)
Leonid Kazatchkov, ténor, (le Nez)
Viktor Borovkov, basse, (l’employé du journal)
Evgueny Boloutchevski, basse, (un voyageur)
Valery Fedorenko, basse, (le Père)
Maria Lemecheva, soprano, (la Mère)
Sergeï Vassiltchenko, basse, (le Fils)
Irina Narskaya, soprano, (la Fille)
Alexander Pekelis, ténor, (Piotr Fiodorovitch)
Yaroslav Radivonik, ténor, (Ivan Ivanovitch)
Irina Mouravyova, contralto, (la vielle comtesse)
Liudmila Sokolenko, soprano, (la vendeuse de craquelin)
German Ioukavsky, basse, (le docteur)
Alexander Pekelis, ténor, (Iarijkine)
Liudmila Kolmakova, mezzo-soprano, (Madame Podtotchine)
Elena Andreeva, soprano, (sa fille)
Irina Barteneva, soprano, (vendeuse de plastrons de chemises)
Opéra de chambre de Moscou
Anatoly Levine, direction musicale

Dmitri Chostakovitch
Composition en 1951

Création le 10 octobre 1951 à Moscou, Grande Salle du Conservatoire, par le Choeur d’Etat des chansons
russes et le choeur d’enfants de l’Ecole chorale de Moscou,
sous la direction de A. Svechnikov
Editions Muzgiz, Moscou, 1952.


Jeudi 27 janvier - 20h Salle des concerts

Dmitri Chostakovitch (1906-1975) Dix poèmes sur des textes de poètes révolutionnaires de la fin du XIXe et du début du XXe siècles op. 88, pour choeur mixte a cappella.

1. Hardi, camarades, en avant (Radine)
2. Un parmi d’autres (Tarassov)
3. Dans la rue ! (anonyme)
4. Rencontre lors d’un transfert (Gmyriev)
5. Aux exécutés (Gmyriev)
6. Le 9 janvier (Koz)
7. Les dernières salves se sont tues (Tarassov)
8. Ils ont vaincu (Gmyriev)
9. Chant de mai (Koz)
10. Chanson (d’après Walt Whiteman) (Tan-Bogoras)
36’

Entracte

Ludwig van Beethoven (1770-1827) Symphonie n° 9 en ré mineur, pour quatuor de solistes, choeur mixte et orchestre, op. 125

Allegro ma non troppo, un poco maestoso
Molto vivace
Adagio molto e cantabile
Presto. Recitative. 70’
Dagmar Schellenberger, soprano
Maria Streijffert, alto
Göran Eliasson, ténor
Anders Larsson, basse
Choeur de Chambre Eric Ericson
Eric Ericson, direction
Orchestre Philharmonique Royal de Stockholm
Lawrence Renes, direction

Ce concert sera diffusé le 17 février à 20h.
Durée du concert (entracte compris) : 2h10’

Cité de la musique de Paris : 3 concerts, 1 opéra, 1 forum !
Cité de la Musique, du 21 au 27 janvier, à 20 h.
Forum, à 15 h, le 22. Places : 22 €.



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

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