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Alexeïeff et Norstein au Forum des Hall

Le 11 mars 2004 à 19h


Youri Norstein est né en 1941 en Union soviétique. Il était dessinateur aux studios d’animation Soyouzmoultfilm de Moscou. Alexandre Alexeïeff est né en 1902 à Kazan / Russie.
Il réalisa des œuvres courtes, mais importantes dans l’histoire du cinéma d’animation (Une nuit sur le mont Chauve, 1933).

Youri Norstein

Youri Norstein est né en 1941 en Union soviétique. Il est dessinateur aux studios d’animation Soyouzmoultfilm de Moscou, et participe à une soixantaine de films courts entre 1961 et 1968.

À partir de 1973, il commence avec sa femme Franzeska Yarboussova une oeuvre personnelle composée de films d’animation mettant souvent en mouvement des animaux, comme Le Hérisson dans le brouillard en 1975. Il devient maître dans l’art du papier à découper. Son film Le Conte des contes (1979) est désigné comme le meilleur film d’animation de tous les temps aux Olympiades de l’animation de Los Angeles en 1984.

Il travaille depuis plusieurs années sur une adaptation en film d’animation du Manteau du romancier russe Gogol.

Manteau de Gogol

Akaky Akakiévitch Bachmatchkine est un conseiller titulaire depuis presque la nuit des temps, qui consacre tout son temps, scrupuleusement, à ses tâches de copie auxquelles il trouve un plaisir manifeste. Il n’a en effet pas d’autre occupation et se désintéresse de tout le reste jusqu’au jour où le froid l’oblige à s’inquiéter de son manteau délabré.

Grigory Pietrovitch, le tailleur, un ancien serf qui a épousé une allemande, le persuade qu’il n’a pas d’autre possibilité que d’investir dans la commande d’un nouveau manteau tant l’actuel est impossible à réparer.Bien entendu, cela pose un problème à Akaky : où trouver tout l’argent que coûte un tel manteau ? Mais, peu à peu, des perspectives s’entrouvrent et Akaky se met à fréquenter les magasins avec Petrovitch pour acheter le drap , le callicot de la doublure, le chat pour le col en guise de martre.

Finalement, après espoir et attente, Akaky reçoit son manteau au moment où le froid semble commencer une réelle offensive. Il part radieux au ministère où, le bruit du changement se répandant, les uns et les autres accourent pour découvrir le remplaçant de sa vieille "robe de chambre" comme on s’était mis à appeler son ancien manteau usé et décoloré. Pour fêter l’événement, le sous-chef de bureau propose une invitation à prendre le thé chez lui, le soir même. A reculons, parce que c’est lui qui aurait dû faire l’invitation, Akaky accepte et , de retour chez lui pour dîner, passe une soirée merveilleuse de bonheur sans copier la moindre ligne comme il en avait l’habitude.L’heure de la soirée arrivant, Akaky se rend chez son hôte, se glisse timidement dans la maison, est aperçu , fêter puis ignoré au profit des activités habituelles de ces soirées.

Enfin, il prend congé, moins tôt cependant que ce qu’il désirait puisqu’il se sentait un peu étranger à ce type de fête et que minuit était déjà passé.

De retour chez lui , Akaky est agressé par des hommes moustachus qui lui volent son manteau. Il se précipite vers la guérite d’un factionnaire, témoin de la scène dont il n’avait pas perçu semble-t-il le sens, et qui lui conseille de porter plainte le lendemain au commissaire du quartier. Curieusement, ce dernier, semble plutôt mettre en cause Akaky ...auquel on finit par conseiller d’aller voir un "personnage important". Las, mal reçu par un personnage imbu de son autorité, non seulement Akaky Akakiévitch ne retrouve pas son manteau, mais il prend froid et meurt. Il est remplacé à son poste.

Pourtant, le bruit se met à circuler qu’un fantôme a fait son apparition à Pétersbourg et qu’à la recherche de son manteau, il dépouillait les passants de leurs pelisses, manteaux et peaux. C’est ce fantôme qui semble s’être attaqué au "personnage important" pour lui dérober son manteau en guise de représaille pour son mauvais accueil et son inertie. De cette période date la disparition du fantôme, bien qu’il puisse semble encore hanter l’imaginaire terrorisé de plus d’un.


Alexandre Alexeïeff

Alexandre Alexeïeff (Kazan, Russie, 1902- Paris 1982) arrive à Paris en 1920 et travaille comme costumier et décorateur pour Louis Jouvet, Georges Pitoëff, les Ballets Russes et les Ballets Suédois. Puis illustre les oeuvres de Gogol, Pouchkine, Dostoïevsky, Poe, Baudelaire, Malraux, Maurois.
Il décide d’inventer "La gravure animée" et met au point en 1931 avec Claire Parker "l’écran d’épingles" sur lequel ils réalisent Nuit sur le Mont Chauve (1933), En passant (1943), Le Nez (1963), Tableaux d’une exposition (1972), Trois thèmes (1980), et le prologue du film d’Orson Welles Le procès (1962). Pour financer ses recherches il réalise de très nombreux films publicitaires de 1935 à 1964, comportant de nombreuses innovations techniques.

UNE NUIT SUR LE MONT CHAUVE ET AUTRES COURTS

(France, 1933, 9 min, musique de Modest Moussorgsky)

Ces films très rares utilisent la technique des écrans d’épingles, inventée par Alexandre Alexeieff et sa compagne Claire Parker. Sur un panneau vertical sont fixées des milliers d’épingles qui peuvent être enfoncées ou retirées à volonté et sur lesquelles est projetée une lumière rasante. Les ombres ainsi obtenues sont plus ou moins grises et douces selon la position des épingles, ce qui donne une variété infinie d’images devant la caméra.

Ce travail titanesque réalisé tout au long de sa vie par Alexeieff, souvent dans une grande misère, est d’une immense beauté.

Le premier film qu’Alexeïeff et Parker réalisèrent sur leur nouvelle invention : l’écran d’épingles, conçu par Alexeïeff pour créer la "gravure animée". La musique de Modest Moussorgsky donne le rythme à une suite de visions et de métamorphoses fantastiques sur le thème du sabbat. La finesse des jeux de clairs-obscurs donne parfois un réalisme quasi photographique aux images de ce film désormais considéré comme un des grands classiques de l’animation expérimentale.

Cinéma d’animation
Le 1 mars à 19h
Forum des Halles
Les Halles
75001 Paris



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