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Le Festival ’Un automne à tisser’ présente 2 spectacles russes

Du 10/09/2009 au 01/11/2009


Stanislas Grassian a adapté et mis en scène le songe de l’Oncle, seul essai dramatique de Dostoïesvki . Un prince gâteux, édenté, chauve avec perruque sans plus rien de son corps initial...Tel un épouvantail déjeté autour duquel s’agitent de sinistres fantoches de la province russe en course pour le titre et la fortune de l’infirme.

Le Festival ’Un automne à tisser’ fédère cette année 13 compagnies pour 145 représentations et un programme de manifestations variées.

Pour la troisième fois, nous poursuivons ce projet de compagnonnage. Il est moteur pour les compagnies d’être solidaires plutôt que d’être isolées. Loin de s’affronter, nos sensibilités se mêlent, s’épousent, se pollinisent. L’échange artistique entre nos équipes est essentiel et le partage enrichissant.

La singularité de cette nouvelle édition est d’affirmer un événement où la rencontre s’inscrit au coeur même de notre projet. Nous avons décidé de réfléchir ensemble à la participation du public. Des spectacles bien sûr, mais aussi de ces temps multiples offerts : ateliers, lectures, performances… et le lien de se créer entre vous et nous.

D’un même souffle, interroger le Monde et les Hommes. Il est question de fête, de mémoire, de traces, de l’inacceptable, de la guerre existentielle, de l’enfance, de pouvoir, de poésie… Des oeuvres d’auteurs vivants, classiques contemporains et d’auteurs classiques entrent en résonance.

Antonio Diaz-Florian et la troupe de l’Épée de Bois, une fois de plus, nous accueillent dans ce lieu emblématique, sous le parrainage artistique de Jean-Claude Penchenat et nous permettent d’affirmer l’identité de ce Festival. Comme un mouvement à tisser ensemble.


Le songe de l’oncle / Fedor Dostoïevski

Trois ans se sont passés depuis ce terrible épisode des annales mordassoviennes. A la suite du scandale de la mort du Prince, on apprit que la Villa de Maria Alexandrovna était mise en vente. Un an passa, puis un autre et Maria Alexandrovna fut presque entièrement oubliée.
Je me suis installé à Petersbourg où j’ai obtenu une place. Voilà un an je suis tombé amoureux, j’ai fait une demande, essuyé un autre refus, et faute de pouvoir le digérer, j’ai demandé une place dans une expédition qu’on envoyait dans l’une des régions les plus lointaine de notre infinie patrie.

C’est là que je la revis… Le gouverneur en chef avait invité tous les fonctionnaires à un bal qu’il donnait chez lui. Il fallait saluer son épouse. C’est Zina qui se tenait devant moi, dans une robe de bal splendide, ornée de diamants, hautaine et fière.
Elle ne me reconnut pas. Son regard glissa nonchalamment sur mon visage et se porta tout de suite sur quelqu’un d’autre. Mon chapeau à la main j’entrais dans la grande salle, me sentant, je ne sais pourquoi, blessé, voire humilié. Je demeurais sur place, adossé à une colonne pendant toute la durée du bal, suivant Zina du regard. Comme par hasard, c’était une salle à colonnes. Malgré toutes mes fantaisies, mes poses extraordinaires, mon air désenchanté, Zina ne me remarqua absolument pas.

Le lendemain matin des ordres arrivèrent pour une nouvelle mission. Je me sentis l’âme légère en quittant la ville. Dans l’espace infini et désertique, la neige s’étalait comme une nappe éblouissante. Tout au bout, au point où le ciel touche à la terre, une forêt faisait tache noire. Les chevaux hennissants galopaient dans un éblouissement de neige. Les grelots tintaient. Au fond de mon traîneau je me mis à penser, puis à rêver, puis à dormir paisiblement. Je me réveillais au troisième relais de poste frais et dispos… je pensais à tout autre chose.
Fedor Dostoïevski / le Songe de l’oncle / 1855-1859

Programme :
- Crime et châtiment, du 15 au 27 septembre
- Le Songe de l’oncle, du 23 septembre au 18 octobre

LA CARTOUCHERIE : THEATRE DE L’EPEE DE BOIS
Route du champ-de-Manoeuvre
75012 PARIS
Tél. : 01 48 08 39 74 / Fax : 01 43 28 56 53
Métro : Château de Vincennes
Bus : 112 arrêt Cartoucherie



Aime ta femme comme ton âme et bats-la comme ta pelisse. Proverbe russe

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