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Le prix Nobel de littérature Alexandre Soljenitsyne, grand écrivain russe, est mort

Le 4 août 2008


Laissant derrière lui une oeuvre monumentale, de ’L’Archipel du Goulag’ au ’Pavillon des Cancéreux’, ’Une journée d’Ivan Denissovitch’, le prix Nobel de littérature, qui était souffrant depuis plusieurs années, est décédé à son domicile à Moscou.

L’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, qui révéla au monde l’univers concentrationnaire soviétique, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 89 ans, suscitant un hommage quasi-unanime des dirigeants russes et des défenseurs des droits de l’Homme.

Laissant derrière lui une oeuvre monumentale, de "L’Archipel du Goulag" au "Pavillon des Cancéreux", le prix Nobel de littérature, qui était souffrant depuis plusieurs années, est décédé à son domicile à Moscou dimanche à 23H45 (19H45 GMT) "à la suite d’une insuffisance cardiaque aigue", a déclaré son fils Stepan, cité par l’agence de presse Itar-Tass.

L’écrivain, qui était profondément attaché à la religion orthodoxe, sera inhumé mercredi au cimetière du monastère Donskoï à Moscou, a annoncé un responsable du Patriarcat de Moscou cité par l’agence Interfax. La veille, sa dépouille mortelle sera exposée à l’Académie des Sciences à Moscou pour une cérémonie d’adieux, a annoncé la Fondation Soljenitsyne."Hier (dimanche), il a travaillé, la journée s’est déroulée comme d’habitude. D’un seul coup, le soir, on a appelé les urgences.

Les médecins sont arrivés, mais n’ont pas pu aider", a raconté Stepan Soljenitsyne sur la chaîne Vesti 24."Tout sera fait conformément à sa volonté. Il voulait mourir en été, il est mort en été, il voulait mourir chez lui, il est mort chez lui", a dit son épouse Natalia. "Il a vécu une vie difficile mais heureuse", a-t-elle ajouté.

Alexandre Soljenitsyne a raconté au monde la réalité du système concentrationnaire soviétique dans "Une journée d’Ivan Denissovitch", "Le premier cercle" ou "L’Archipel du Goulag", à partir de sa propre expérience des camps et de témoignages de prisonniers.Né le 11 décembre 1918 dans le Caucase, il a d’abord adhéré aux idéaux révolutionnaires du régime. Combattant pendant la Deuxième guerre mondiale, il est arrêté en 1945 et purge huit ans de camp pour avoir critiqué les compétences militaire de Staline dans une lettre à un ami.Après sa libération, il a enchaîné les ouvrages sur le Goulag, d’abord publics sous Nikita Khrouchtchev, puis clandestins.

Prix Nobel de littérature en 1970, il a été privé de sa citoyenneté soviétique en 1974 et expulsé d’URSS. Il a alors vécu en Allemagne, en Suisse puis aux Etats-Unis, avant de revenir en Russie en 1994 après la chute de l’URSS.Réagissant au décès de l’écrivain avant le président Dmitri Medvedev, le chef du gouvernement Vladimir Poutine a qualifié la disparition d’Alexandre Soljenitsyne de "grande perte pour toute la Russie"."Nous nous souviendrons de lui comme d’une personnalité forte, courageuse, d’une grande dignité", a assuré dans une communiqué l’ancien président, qui ne manquait pas, malgré son passé d’officier du KGB, une occasion de lui rendre hommage.

"Son engagement littéraire et civique, sa longue et épineuse destinée resteront pour nous un exemple d’authentique abnégation, au service des gens, de la Patrie, des idéaux de liberté, de justice, d’humanisme", a ajouté M. Poutine.

Après son retour sur sa terre natale, Alexandre Soljenitsyne, grand défenseur des valeurs morales traditionnelles, avait souvent critiqué l’évolution de la Russie mais approuvait M. Poutine pour son rôle dans la "reconstruction" du pays.

Le chef de l’Etat Dmitri Medvedev a "adressé ses condoléances" à la famille, s’est, pour sa part, borné à annoncer lundi matin le service de presse du Kremlin, sans plus de commentaires.L’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a salué un "homme au destin unique" qui fut l’un des premiers à fustiger "à voix haute le caractère inhumain du régime stalinien".Allant plus loin, les défenseurs des droits de l’Homme russes ont souligné l’importance de son travail de mémoire, dans un pays qui peine encore à se pencher sur son passé, et appelé à suivre son exemple pour créer une société plus libre en Russie."Sans son oeuvre, il n’y aurait pas eu de mouvement pour la réhabilitation des victimes des répressions", a déclaré un des dirigeants de l’ONG russe Memorial, Arseni Roguinski.

Alexandre Soljenitsyne a "montré qu’on pouvait résister au régime et survivre", a renchéri le directeur de l’ONG "Pour les droits de l’Homme" Lev Ponomarev tout en concédant que la Russie d’aujourd’hui, même si elle n’est "pas démocratique", ne peut être comparée à l’URSS.



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