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Révizor (un inspecteur du Tsar) de Gogol

Le lundi 30 juin 2008, à 21h


La nouvelle de l’arrivée, incognito, d’un Révizor (un inspecteur du
Tsar), fait trembler les fondations de leur organisation. Ils resserrent
donc les rangs pour affronter l’ennemi commun.

Co-production : Les Théâtrales du Velay présente Revizor :

- Par Alberto Nason, metteur en scène et comédien

Mais tout cela n’était qu’au commencement ; et cela ne se passait pas chez nous mais très loin de chez nous, dans une petite ville russe de province.

D’ailleurs nous ne sommes pas sûrs que ces évènements se soient réellement produits. Ils pourraient n’être que le fruit de l’esprit tordu des auteurs de théâtre qui ont, comme chacun sait, toujours besoin d’inventer des histoires impossibles pour attirer le public.

Ainsi ce fut l’étrange August von Kotzebue, un Allemand résidant en Russie, qui avait présenté le sujet dans « La Petite ville allemande ». Plus tard, Pouchkine en donna l’idée à Gogol ; ensuite Gogol écrivit la pièce (1836) ; et aujourd’hui Emmanuel Ducasse fait une adaptation de Gogol. Invraisemblable ? Tel Paul sur la route de Damas, l’ « adaptateur » a soudain, en vision, vu les personnages du Révizor lui apparaître sous les masques de l a commedia dell’arte. He oui, bien sûr ! Un genre théâtral excessif pour une histoire excessive.

Malgré le jeu à l’italienne notre histoire restera en Russie, et
même dans une Russie bien traditionnelle. … d’un cercle de petits notables qui utilisent leurs charges publiques pour les mettre au service… d’euxmêmes.

La nouvelle de l’arrivée, incognito, d’un Révizor (un inspecteur du
Tsar), fait trembler les fondations de leur organisation. Ils resserrent
donc les rangs pour affronter l’ennemi commun. Mais, au milieu de
leurs rangs, il y a déjà le pire de tous les ennemis : la peur. La peur du
Révizor est le maillon faible de l’organisation….

C’est à ce moment-là qu’un étranger vient s’installer dans la seule auberge de la ville ; remarquez : un étranger russe pas de chez nous…
Et quand les étrangers russes ne sont pas de chez nous il faut s’en
méfier… et si c’était lui, le Zvrz… ?
… le Vrzr… ? … le Rev… ?

Panique à bord, alors qu’il n’y a pas de quoi, car « l’étranger » n’est
qu’un petit fonctionnaire quelque peu débauché en train de rentrer
chez lui… Seulement voilà : lui aussi a peur. N’ayant plus rien dans les poches pour retourner chez son père, ni pour manger, ni pour payer l’auberge, il a peur que son histoire ne tourne mal et de se retrouver en
prison.

Elle est très importante la situation financière de Klesouport (tel est
son nom dans notre histoire) : du point de vue de la dramaturgie,
elle est même essentielle puisque c’est elle qui définit sa situation
psychologique. Quand on est en défaut, en général, on monte le
ton et on essaye d’impressionner les autres en leur disant qu’ils ne
savent pas à qui ils ont à faire ; mais surtout en évitant de le leur
dire. Et ce sont exactement les non-dits qui agissent sur les esprits
fautifs et font avancer l’intrigue.

Un non-dit laisse un espace libre et dans cet espace, tel un virus dans
l’ordinateur, la peur place la source de son existence même, la raison
de sa raison d’être.

L’occasion faisant le larron, le petit fonctionnaire sans le sou se
retrouve bombardé représentant du Tsar et propulsé au premier
rang. De sa place d’honneur il va diriger, dans un « crescendo »
époustouflant, la danse des pots de-vin qui vont tomber dans ses
mains trouées.

Scandaleux !?
C’est donc l’histoire…

Au commencement était la corruption et la corruption était avec les hommes et les hommes étaient la corruption même...
Au commencement était la corruption… mais tout celà ne se passait
pas chez nous, mais très loin de chez nous, ne l’oublions pas."
"
" "
Grâce à la Commedia… Le Révizor devient une satire affectueuse
mais sans concession de la nature humaine.

Tous les ingrédients sont réunis dans cette oeuvre pour permettre l’émergence d’un spectacle haut en couleurs, empruntant à l’univers foisonnant de la commedia dell’arte son impertinence, ses personnages
et ses codes, dans le plus grand respect des intentions de son auteur.

La « Commedia » du Révizor présente une satire affectueuse mais sans concession de la nature humaine, dépourvue de tout ancrage temporel.
Or la Commedia a donné vie à des personnages universels, devenus archétypes, véritable stylisation de types humains et sociaux traversant les siècles et les continents.

L’expression russe, tantôt laconique et tantôt volubile à l’excès, se prête parfaitement à une interprétation Commedia, dans laquelle nous proposons de raccourcir certains dialogues, de rendre la phrase par moments plus directe, plus bréve, en s’appuyant sur la vivacité
du jeu et sur les effets visuels qui rythment l’action.

La gravité et la grâce du (fou) rire de Gogol justifient par ailleurs le recours aux masques, à la gestuelle quasi chorégraphique et au rythme endiablé des enchaînements qui caractérisent l’interprétation
« Commedia ».

Dans notre spectacle, l’histoire du Révizor est abordée à travers son pouvoir comique - le comique de l’Homme - et le propos dépasse infiniment l’anecdote politique ou sociale.

Dans l’esprit de la Commedia, enfin, nous ne bouderons pas non plus quelques références à notre époque et nos actualités… toujours très riches en matière de corruption, de corporatismes et de conservatismes en tous genres !

Et quand le texte ne sera plus assez « parlé », il sera « chanté » !
Au CASINO LE LYON-VERT (Lyon, Charbonnières)
www.casino-lyonvert.com
Entrée : 15 Euros
Réservation et info : 06 20 35 07 17



Ce qui, en français, a l'air de sonner, bien traduit en russe peut être très vilain. Alexandre Soumarokov

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