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Exposition ’Jérusalem céleste , Jérusalem terrestre’

Présentée du 17 janvier 2008 au 13 février 2008


La mairie du 20e arrondissement de Paris accueille au pavillon Carré de Baudouin l’exposition internationale Jérusalem céleste, Jérusalem terrestre, qui regroupe le travail de quatre artistes juifs, dissidents soviétiques, convaincus de l’importance de l’art figuratif au 21ème siècle.

Visites commentées organisées par la Mairie du XX° arrdt, sur une initiative du BnaiBrith France.

Ouvertures exceptionnelles les dimanches 20 & 27 janvier 2008 : projections, concerts et nombreux intervenants dont Henri Cohen-Solal (psychanalyste - Association Beit Ham)

- Pavillon Carré de Baudouin
- Du 17 janvier au 13 février 2008
- Renseignements : 01 43 15 21 88 / 20 45

La mairie du 20e arrondissement de Paris accueille au pavillon Carré de Baudouin l’exposition internationale Jérusalem céleste, Jérusalem terrestre, qui regroupe le travail de quatre artistes russes, convaincus de l’importance de l’art figuratif au 21ème siècle. Vingt-cinq ans après avoir quitté Moscou, émigrés à New-York, Paris et Jérusalem, ils se retrouvent et rapprochent leur vision esthétique, picturale et
photographique, autour d’une source d’inspiration unique.

Peinture figurative pour Vera Gutkina et Vladimir Kara, photographie créative pour Gueorgui Pinkhassov, sculpture et installation insolites pour Julia Nitsberg, chaque artiste s’appuie sur l’histoire de Jérusalem, son esthétique et sa dimension spirituelle pour en révéler la richesse.
Ville sainte pour les croyants des trois grandes religions monothéistes mais également ville mémoire, Jérusalem a inscrit dans ses murs l’histoire des hommes, grandeur et folies mêlées. Depuis trente siècles, elle veille, à la frontière du ciel et de la terre. Reflet du monde ou miroir de l’âme, elle est une source d’inspiration inépuisable, un point de
rencontre incontournable pour des artistes exilés et en quête d’absolu.
La recherche plastique sert le sens. Celui que matérialise l’art comme message universel, exprimé de différentes façons, à travers une manière personnelle et sensible de décrire le temporel et le spirituel.
Déracinés, les quatre artistes ont en commun la culture de l’exil, l’imprégnation à des cultures étrangères, dans le pays où ils ont choisi de créer. Inspirés par les grandes métropoles, ils se réunissent à nouveau autour d’une ville symbole, lieu de convergence
d’une maturité artistique certaine.

Présentée du jeudi 17 janvier 2008 au mercredi 13 février 2008, au pavillon Carré de Baudouin, Jérusalem céleste, Jérusalem terrestre, s’enrichit d’une programmation musicale et vidéographique inédite avec trois concerts du Vodka Klezmer Band et la projection de trois courts-métrages sélectionnés par La Brigade des Images.

L’exposition est présentée à Florence en décembre 2007. Après Paris, elle se produira à Jérusalem en mai 2008.

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Artiste russe né en 1956, Vladimir Kara a effectué ses études aux Beaux-Arts de Moscou. En 1984, il demande à titre individuel l’asile politique et émigre en France, et choisit de se fixer à Paris où il vit depuis, poursuivant sa carrière de peintre.

On retrouve aujourd’hui ses œuvres dans diverses collections privées et fondations.

Kara peint des images énigmatiques, qui suscitent un inexplicable et prenant sentiment de mystère. Pourtant tout y paraît clair.
Voici des portraits, des natures mortes, des scènes à thème où se combinent des genres ou .des styles différents. La vision est concentrée et produit une impression de force et de robustesse. La manière, très personnelle, ne se comprend pleinement que dans le cadre de l’univers visuel de l’avant-garde russe du premier quart de siècle, avec ses retraductions si originales des diverses révolutions picturales européennes. C’est à partir de cet horizon que Kara cherche, au fil des oeuvres, à concilier un certain cézannisme voué à l’exaltation des formes et de la matérialité parfois avec l’austérité, la simplification et le laconisme des recherches cubistes, parfois avec un réel attrait pour le Symbolisme.

Les personnages, dénués de tout caractère individuel et fortement stylisés, cernés d’un noir d’épaisseur variable, évoquent une Antiquité de fiction. Rarement affairés, souvent contemplatifs, ils se contentent d’être là, ou bien, ce qu’ils font ne parvient pas toujours jusqu’à nous. Les décors sont succincts, les objets ordinaires ou quotidiens en sont bannis ; l’atmosphère est résolument antiprosaïque. Le traitement alterne ou associe comme en un collage le dessin de surface et la recherche de volume. L’effet obtenu suggère le graffiti, la fresque, le bas-relief ou la sculpture. Et le travail du Temps.

Hormis quelques exemples de « gamme slave » (vert/rose ; mauve/turquoise...), où s’exprime pleinement la virtuosité du coloriste, il règne une volonté d’ascèse que traduisent l’épaisseur de la matière et la brutalité de la touche, le nombre réduit de teintes utilisées et des tons éteints ou sombres : noir, bleu nuit, blanc-gris, gris-bleu, terre, ocre... Ou, à l’inverse, de grands aplats lisses et foncés livrent les formes à l’immobilité. Les carnations, sans aucun souci de réalisme, s’accordent à la tonalité du tableau et ne répondent qu’à des préoccupations chromatiques.

Dans la composition dominent lisibilité et concision. La scénographie, inspirée du théâtre ou de l’imagerie populaire ou sacrée, vise à concentrer l’énergie et l’attention sur le sujet par la schématisation accentuée du cadre, voire l’élimination de tout élément secondaire au moyen de fonds vides ou abstraits. Dans cet espace épuré, les figures sont présentées frontalement, au centre ou de part et d’autre de la médiatrice verticale. La diagonale, que soutient à l’occasion une variation de couleur ou de rendu, est souvent sollicitée : alors qu’elle permet ici de différencier et d’animer une surface autrement monotone, elle assure là l’unité de l’ensemble en liant deux moitiés disparates. A moins que ce lien ne nous soit expressément indiqué par le geste ostensif d’un acteur.

Mais qu’attendent-ils donc de nous ces êtres étranges ?
Peut-être ne mettons-nous pas assez de coeur à l’ouvrage pour sentir dans cet ordre lointain, voilé, grave, immobile, essentiel, la présence de l’Esprit. Pour reconnaître le monde spirituel de l’Absolu, de l’Amour, de l’Intériorité : interior intimo meo, dit Augustin. Pour accueillir l’expression d’une spiritualité mystique, où rayonne absolument l’Agapè, principe de l’Histoire du salut et de la Communion des hommes, qui inspire tant d’oeuvres du peintre. Ce Dieu, c’est le "Dieu caché", à la fois présent et invisible ; cette religion, celle de la "sublimité". Là est le Mystère. Mais tels certains de ses personnages, Kara se cache et cache ce qu’il peint (y aurait-il une Faute à peindre ?). Et d’inventer pour cela un langage secret, qui, en démotivant l’image, c’est à dire en nous privant de la claire vision de son sujet ou de son but, réussit à produire un effet profond, intérieur et solennel. Entreprise qui cherche son efficace dans l’ellipse, à rebours de toute une tradition. Kandinsky ne cesse de le répéter, en art ce que l’on voile acquiert une énorme puissance ; une valeur poétique aussi. II en résulte une peinture par synecdoque, sous-entendu, euphémisme, "réticence", travestissement, bizarrerie, effacement, fragment... Le symbolisme des motifs, des couleurs ou des formes, telle cette coalescence de corps ou de visages, est omniprésent Mais, ici, fleurs et fruits sont l’exact opposé des "Vanités" : l’immanence du divin dans ses accidents, qui spiritualise l’existence profane et l’élève à la magnificence, à la vie substantielle et autonome. Le cézannisme de certaines natures mortes en donne la traduction plastique.
Que l’inspiration soit historique ou contemporaine, un jeu subtil a lieu, qui se déroule sur une imperceptible frontière, dans l’entre-deux où l’évidence figurative n’est plus que la limite et le masque d’une figuration symbolique, sans que, pour autant, ne s’abolisse jamais tout à fait la possibilité d’un double régime de lecture. En nous invitant à découvrir ce qui est caché dans le tableau, le peintre en fait une métaphore de l’aventure humaine et de sa quête spirituelle, destinée à nous conduire d’un mystère à l’Autre. Mais l’oeuvre d’art s’offre à tant d’imprévisibles rencontres, à tant de possibles parcours ! Après tout l’artiste peint-il autre chose que ses rêves ? / M. GRUMBACH


Vladimir Kara
Artiste, créateur de décors et de costumes de théâtre
Né à Moscou en 1956
Habite à Paris depuis 1985.

Vladimir Kara a exposé dans des lieux prestigieux tels que L’Institut de France Palazzo
Lenzi (Florence), le Musée Cocteau, Museo d’Arte Contemporanea (Pecci) et au Château
de St. Arçon d’Allier. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses haleries à travers le monde : Inter Art Gallery (New York), la Galerie Modevormgeving (La Hague), la Galerie Dialogue (Geneve) et la Galerie Anderes Ufer (Berlin).
Il a créé les décors et les costumes pour plusieurs théâtres européens ainsi que pour des sociétés de radiodiffusion : « Pictures at an Exhibition » et « La dame aux camélias » (Teatro Communale, Florence), « Apologie du Couple » et « l’Être en-jeux est humain » (Opéra de Paris).
Il a également écrit et réalisé le film « Genia Polyakov – maître de ballet, chorégraphe » (Evgrafov Productions, 2004).


Gueorgui Pinkhassov
Gueorgui Pinkhassov est né en URSS en 1952
Il vit à Paris depuis 1985.

Gueorgui Pinkhassov commence à s’intéresser à la photographie, vers la fin de ses études à l’école secondaire. Il étudie à l’École de cinéma d’Etat VGIK de Moscou. Il participe à différents groupes cinématographiques avec les studios Mosfilm, puis comme photographe de plateau de tournage. En 1978, il s’inscrit à l’Union des arts graphiques, école d’Etat de Moscou, ce qui lui confère un statut officiel à titre d’artiste indépendant. Dans la même année, le réalisateur Andrei Tarkovski l’invite à le suivre dans la réalisation du film Stalker. En 1979, ses photographies attirent l’attention d’un groupe de photographie soviétique, et sont exposées à l’Union des Arts graphiques.

En 1984, il demande à titre individuel l’asile politique et émigre en France par le ’canal juif’. En 1985, il s’installe à Paris. Après avoir rejoint l’agence Magnum en 1988, il commence à couvrir activement les événements pour la presse internationale - notamment Géo, Libération, Stern et The New York Times Magazine. Comme le précise dans son premier livre, Sightwalk, Pinkhassov est attiré par l’exploration du singulier, des détails. Il utilise différents éclairages et angles de vue qui s’avèrent souvent proches de l’abstraction visuelle. Il est un des photographes de l’agence Magnum depuis 1994.


Vera Gutkina
Poète, écrivain, artiste
Née à Moscou en 1953. Vit à Jérusalem depuis 1982.

Vera fut l’élève du célèbre artiste soviétique Vladimir Shtranick, lui-même ayant appris aux côtés du grand artiste russe Konstantin Korovine. En 1980, Vera devient membre de l’Union des Artistes de Moscou.

En 1988, elle reçoit une bourse d’études du Ministère de l’Education et de la Culture d’Israël, et se rend en France pour étudier la peinture à la Cité des Arts de Paris.

Elle a exposé à de nombreuses reprises en Israël et à l’étranger.
Dans les toiles de Vera, les frontières entre l’objet, l’image et l’arrière-plan disparaissent. Tout se transforme en une spectaculaire surface de couleur, comme si la peinture de la toile prenait vie, dans un mouvement rythmé de lignes, et de couleurs explosives et énergiques.
Employant avec expressivité ses pinceaux, Vera transforme les choses, les libère de la réalité, Tendant vers l’abstraction, ses peintures demeurent le résultat de son observation de la nature.
Selon elle, la peinture est à la fois créature vivante, et une fenêtre à travers laquelle s’exprime un sentiment de liberté.

Ecrivain et poète, elle écrit en russe et en anglais. Plusieurs de ses livres ont été publiés.


Julia Nitsberg
Artiste, sculpteur.
Née à Moscou en 1961
Vit à New York depuis 1980.

Julia Nitsberg a participé à des expositions individuelles et collectives à New York au Snug, Harbor Cultural Center, au Newhouse, Center for Contemporary Art, Messineo, Wyman Projets, Profound Space, Pleiades, Gallery, Russian-American Cultural Center et d’autres lieux.
Elle est titulaire d’un diplôme de la Parsons School of Design de New York.

Ces dix dernières années, elle a produit des sculptures et installations multimédia, des assemblages et des dessins muraux, explorant toute une gamme de sujets politiques et socio-culturels.

Ses œuvres jouent sur les registres de l’ironie, de la spéculation et de la critique. Julia puise ses idées dans la langue et l’histoire de l’art et juxtapose les différents royaumes, créant de multiples possibilités d’interprétation.



Qui est seul n'est pas toujours pauvre, mais qui est pauvre est trop souvent seul. Proverbe russe

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