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’Fish Love’ de Tchekhov, célèbre écrivain russe

Du 27 mars au 12 avril 2008


On ne le savait pas : Tchekhov aimait pêcher. S’il n’en a pas parlé dans son théâtre, il a consacré plusieurs de ses nouvelles à cette activité apparemment paisible. L’une de ces nouvelles fut d’abord traduite en anglais : Fish Love. Amours de poisson.

L’on y voit en effet un poisson, amoureux sans nul espoir d’une jolie pêcheuse. Profondément neurasthénique, il raconte ses doutes et ses malheurs dans son journal, écrit avec la boue de la rivière. Et ce n’est qu’un début, car lui arrivent des mésaventures on ne peut plus tchekhoviennes, bien que fantasmagoriques. Comme par exemple de confondre sa dulcinée avec un jeune poète, dont il embrasse le dos, lui inoculant ainsi sa tristesse. Et qui, une fois revenu à Saint-Pétersbourg, publiera des romans dont le pessimisme va contaminer la Russie tout entière.

Tchekhov / Lilo Baur d’après des nouvelles d’Anton Tchekhov (Amours de poisson, Une fille d’Albion, Un méchant garnement, Deux scandales, La Pêche...)

- mise en scène Lilo Baur
- assistée de Clara Bauer
- dramaturgie et adaptation Hélène Patarot
- décor Michel Levine, James Humphrey
- costumes Agnès Falque
- lumières Nicolas Widmer
- musique Michel Ochowiak
- avec Isabelle Caillat, Claudia de Serpa Soares, Pascal Dujour, Michel Ochowiak, Nikita Gouzovsky, Kostas Phillipoglou, Jiorgos Simeonidis.

Anton Tchekhov

Né en 1860 sur la mer d’Azov, il part pour Moscou en 1895, suit des études de médecine, écrit dans des revues humoristiques sous différents pseudonymes, publie des nouvelles, mais a du mal à imposer son théâtre : Platonov est refusé par le Maly, Sur la grand-route interdit par la censure. Médecin des pauvres autant qu’auteur, il arrive à faire jouer Ivanov à Moscou en 1887, deux ans plus tard à Saint-Pétersbourg. D’Italie en France, il voyage beaucoup, et doit son premier grand succès à Stanislavski : La Mouette en 1896. Suivent, Oncle Vania, Les Trois Sœurs qu’il termine à Nice et qui sont créées en 1901 au Théâtre d’Art de Moscou, tandis que la censure interdit La Cerisaie. Atteint depuis des années d’une tuberculose pulmonaire, il ne parvient pas à se soigner et meurt en 1904.


Lilo Baur a longtemps travaillé à Londres – elle est membre du Théâtre de Complicité – a mis en scène Shakespeare en Grèce, mais pas encore Tchekhov. Lisant par hasard Fish Love, elle se passionne. Elle cherche d’autres textes de lui autour de la pêche, de l’eau, des poissons. Elle en trouve plusieurs, que le spectacle imbrique et entremêle, à travers lesquels, autour d’un étang – tout au moins un décor évoquant un espace aquatique et ses mystères – va se construire une étrange épopée. L’histoire commence au printemps, se termine en hiver, va de la baignade au patinage sur l’eau qui se glace et se fige en même temps que se glacent, se figent les sentiments.
S’y confrontent des hommes, des femmes, personnages improbables et formidablement réels – une gouvernante anglaise feignant de ne pas comprendre un mot de ce qu’on lui dit, un homme plongé dans une thèse à propos de la taxe sur les chiens, sans pouvoir aller au-delà de la première phrase. Et toujours, il y a la contradiction entre ce que les êtres expriment et leur inquiétude intime. Ils ne se comprennent pas, cherchent ailleurs ce qu’ils ont sous les yeux, se mentent à eux-mêmes. Se révèle ainsi le monde de Tchekhov, son humanité ironique, sa mélancolie souriante. Se décline son thème favori : l’amour et l’impossibilité de l’amour.
Ils sont cinq hommes et deux femmes pour peupler cet univers, pour le faire vivre. Ils viennent de partout, de Grèce, de Russie, du Portugal en passant par Berlin. Tous parlant français. Ils sont acteurs, danseurs, musiciens. Les musiques prennent ici une vie particulière qui s’inscrit dans l’ensemble. Ils composent un groupe homogène autant que cosmopolite, qui – chacun cherchant pour tous – a improvisé à partir des situations.
Lilo Baur insiste : « Le spectacle est né de là, de ce travail en commun pendant lequel se sont créés des liens très étroits. Un travail autour des mots, de ce qu’ils disent, de ce qu’ils laissent imaginer.
« Tout doit rester d’une grande simplicité, sans effets spectaculaires. Ce sont les acteurs qui, par leur jeu, font évoluer l’histoire, les ambiances. On dit toujours que Tchekhov voyait ses pièces comme des vraies comédies, drôles. Ici, en tout cas, il n’y a aucune ambiguïté. Comme dans les récits qu’il donnait à une revue humoristique. Il avait droit à cent lignes pour faire rire. Et il aimait ça. Il y parvenait sans jamais quitter pourtant cette connaissance si profondément acérée des êtres humains de leurs faiblesses, de leurs désirs. »

Colette Godard

LES ABBESSES, 31 rue des Abbesses, Paris 18
Du 25 mai au 19 juin 2004 à 20h30

COMMENT RESERVER ?

Par téléphone, au 01 42 74 22 77 du lundi au samedi de 11h à 19h (paiement possible par carte bancaire).

Aux caisses :

- THEATRE DE LA VILLE, 2 place du Châtelet, Paris 4 du mardi au samedi de 11h à 20h (lundi de 11h à 19h).
- LES ABBESSES, 31 rue des Abbesses, Paris 18 du mardi au samedi de 17h à 20h.



Le cerveau russe est humide, il ne flambe pas du feu de l'intelligence, et quand tombe en lui l'étincelle du savoir, il fume et s'éteint. Maxime Gorki

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