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Le Cinéma Russe au Festival de l’Art Russe 2007

Du vendredi 24/08/2007 au dimanche 26/08/2007 - GRATUIT


Projection organisée dans le cadre des festivités du 60e anniversaire du Festival de Cannes et des cérémonies de commémoration de la Libération de Cannes : ’Quand passent les cigognes’ de Mikhaïl Kalatozov, ’La liaison’ de Avdotia Smirnova, ’L’Ile’ de Pavel Lounguine.

Programme :

- Quand passent les cigognes (93’) : de Mikhaïl Kalatozov
- La liaison (80’) : de Avdotia Smirnova
- L’Ile (112’) : de Pavel Lounguine

- Vendredi 24 Août - 19h00 - Salle Estérel
Quand passent les cigognes (93’) de Mikhaïl Kalatozov en présence des acteurs : Alexeï Balatov et Tatiana Samoïlova. Palme d’Or 1958.

Projection organisée dans le cadre des festivités du 60e anniversaire du Festival de Cannes et des cérémonies de commémoration de la Libération de Cannes.

Deux jeunes Moscovites, Veronika et Boris, se destinent l’un à l’autre. La guerre déclarée, Boris, engagé volontaire, part pour le front russe. La jeune fille, n’ayant aucune nouvelle de son fiancé, épouse Mark, le cousin de Boris... Une merveilleuse histoire d’amour tragique entre deux jeunes moscovites séparés pour toujours par la guerre, rendue sublime par la mise en scène inventive de son auteur et une interprétation remarquable.

- Dimanche 26 Août - 15h00 - Salle Estérel
La liaison (80’) de Avdotia Smirnova avec : Anna Mikhalkova, Mikhaïl Pretchenkov, Dmitry Chevtchenko, Anastasia Seglia, Irina Rosanova, Leonid Yarmolnik.

Ilia habite Moscou, Nina Saint-Pétersbourg. Lui a une charmante femme et une fille, elle un mari peintre et un fils. De temps en temps, Nina se rend à Moscou en mission. Ilia lui, gère des affaires à Saint-Pétersbourg. Ils ont une liaison amoureuse et le plus souvent, ils se rencontrent dans le train « La flèche rouge ». Ce film raconte l’histoire d’une rencontre amoureuse qui devient, pour ces deux personnages, la plus grande tragédie et en même temps le plus grand bonheur de leur vie.

- Dimanche 26 Août - 18h00 - Salle Estérel
L’Ile (112’) de Pavel Lounguine avec : Petr Mamonov, Victor Soukhoroukov, Dmitri Dujev, Victoria Isakova, Yuri Kouznetsov, Nina Usatova.

L’action débute pendant la seconde guerre mondiale. Un bateau militaire allemand arraisonne une petite péniche qui transporte du charbon et sur laquelle il y a deux Russes. Les Allemands forcent le jeune capitaine Anatole à tuer son camarade, le laissent vivant et font sauter quelques minutes après la péniche.

1976... au nord de la Russie, sur une île déserte dans un monastère orthodoxe vit Anatole. Il a survécu à l’explosion de la péniche et travaille dans la chaufferie d’un monastère, dort sur un tas de charbon et prie les moines de l’enterrer dans une caisse à charbon. Le drame de sa jeunesse le mine. Il prie Dieu et demande à l’ami qu’il a tué de lui pardonner. Mais qui sait s’il sera pardonné ou non, s’il n’y a pas de réponse ?

Des débats auront lieu après chaque projection en présence d’acteurs et de réalisateurs.

Accès libre sur invitation à retirer à la billetterie du Palais des Festivals à compter du 1er Août 2007.

Festival de l’Art Russe 2007
Palais des Festivals et des Congrès - Salle Estérel
Cannes


1958 Quand passent les cigognes de Mikhail Kalatozov
(U.R.S.S.)

- Palme d’or au festival de Cannes en 1958
- Mention spéciale pour l’interprétation de Tatiana Samoilova

Staline est mort en 1953, mais la Russie a mis du temps à se relever d’un sommeil culturel qui a duré plus de vingt ans sous le régime communiste stalinien. Le fameux discours de Khrouchtchev, déclamé lors du vingtième congrès du Parti Communiste en 1956, démontrait le culte voué à Staline, et un éveil artistique surnommé le Thaw allait surgir. Le premier film important de cette époque est l’oeuvre de Grigori Chukhrai, The Forty-First, réalisé en 1956, mais Quand passent les cigognes, datant de 1957 et distribué à l’étranger en 1958, s’est avéré le premier chef-d’oeuvre de l’ère post-Staline.

Le cinéma international a été particulièrement choyé en cette année 1958, alors que les films The Bells Have Gone to Rome de Miklos Jancsó, The Music Room de Satyajit Ray, Ajaantrik de Ritwik Ghatak, I Soliti Ignoti de Mario Monicelli, The Hidden Fortress de Kurosawa, Nazarin de Bunuel, Mon Oncle de Jacques Tati, Ashes and Diamonds de Wajda, et The Horror of Dracula de Terence Fisher se sont imposés de par leurs qualités artistiques.

Avec le recul des années, il est impossible de questionner la sélection cannoise. D’un côté historique, Quand passent les cigognes a surpris de par sa rupture avec le cinéma de propagande, que la Russie avait l’habitude d’offrir. Comparativement aux films The Oath, The Fall of Berlin ou The Battle of Stalingrad, le lauréat de 1958 se distingue de par son lyrisme et son aversion pour la guerre, sans oublier son expérimentation formelle illimitée, rappelant les exploits des pionniers russes des années vingt. Quand passent les cigognes répondait à la vision pseudo-romantique de la guerre propagée par un réalisme socialiste, saupoudré d’une forte dose de réalisme expressif. De pair avec The Forty-First, ces films ont engendré une vague rafraîchissante de longs métrages acides tels que The Ballad of a Soldier de Chukhrai (1959), Ivan’s Childhood d’Andrei Tarkovsky (1962) et Commisar d’Alexander Askoldov (1968). C’est à une histoire d’amour, détruite par la guerre, que convie les cigognes. Deux jeunes amoureux, Veronika et Borsi, sont séparés lorsque Boris se porte volontaire à la guerre. Seule et émotionnellement instable, Veronika se sent incapable d’attendre la fin de la guerre afin de revoir son bien-aimé. Le beau-frère de Boris, Mark, un pianist mineur ayant obtenu une exemption de guerre via le marché noir, constate la faiblesse de Veronika et en abuse. Une scène implicite de viol se déroule lors d’une attaque aérienne, cette dernière servant de baromètre expressif aux états d’esprit de Veronika. Kalatazov se laisse aller dans un ballet d’éclairage claire/obscure. Contre plongés sur le visage fou de Mark. Enfin, le mélange sonore disparate des sirènes rutilantes d’une attaque aérienne et d’un concerto pour piano.

Honteuse, Veronika marrie Mark. La prochaine scène montre Boris se faisant tuer sur le champ de bataille. Sa mort est volontairement allongée par quelques plans subjectifs (un zoom out de la lune et une contre plongé d’hallucinations en spirale vers la cime des arbres) et un montage qui voit sa vie lui filé sous les yeux.

Quand passent les cigognes se détache du réalisme socialiste généralement roulé dans la saccharine. La famille de Boris voit le geste de Veronika comme une trahison, celle de son fiancé. Mais Veronika ne ressent aucun sentiment face au lâche qu’est Mark. Plutôt, elle lui dit « Je regrette que tu sois né ». Elle devient amère et même suicidaire : « Je préférerais être morte », et elle n’accepte la mort de Boris que lorsqu’elle est confrontée aux célébration du Jour de la Victoire.



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

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