Léonide Andreiev est né au sud de Moscou (Orel) en 1871. Très tôt orphelin de père, il devient avocat pour subvenir aux besoins de sa famille. ‘Trompé’ par un de ses clients, il arrête de plaider et se tourne vers la chronique judiciaire (chroniqueur au Messager Moscovite à partir de 1897).
Léonide Andreiev
Il se met dès lors à écrire ; nouvelles et pièces de Théâtre. Il est lu et joué, connaît le succès, puis sombre dans l’oubli et meurt en 1919 en Finlande des suites d’un suicide raté quelques années auparavant. Léonide Andreiev était également photographe.
Les oeuvres de Léonide Andreiev Andreiev ont mis beaucoup de temps à nous parvenir ; très longtemps ‘abritées’ dans les archives de l’ex-Union Soviétique. On doit leur arrivée en France à Laurent Terzieff qui monta la pièce ‘La Pensée’ tirée de la nouvelle éponyme, en 1962.
La Pensée
Le 11 décembre 1905, le médecin Anton Ignatevitch Kerjentzef commit un assassinat. Les circonstances du crime, de même que différents faits qui l’avaient précédé, donnèrent lieu de supposer qu’il y avait quelque chose d’anormal dans l’état mental du meurtrier. Conduit à l’établissement psychiatrique Elisabeth pour y être examiné, Kerjentzef fut soumis à la surveillance minutieuse et sévère de plusieurs spécialistes expérimentés.
Un mois après son admission, le docteur Kerjentzef présenta aux experts un mémoire écrit par lui, et dans lequel il donnait des explications sur ce qui s’était passé. Voici ce document qui, joint à d’autres matériaux fournis par l’enquête, servit de base à l’expertise médico-légale…
L’intimité extravertie principalement, mais aussi impudique, souvent dérangeante, voire même exagérée et en fin de compte évidente, qui transpire du texte d’Andreiev m’a poussée à endosser le costume (le déguisement ?) du Docteur Anton Ignatievitch Kerjentzef.
Comment un homme prétendant aimer une femme, peut-il se permettre de tout détruire sur son passage, à commencer par lui-même ? Qu’est-ce qui va pousser un individu à se claquemurer dans ses certitudes allant jusqu’à pénétrer intimement dans l’espace vital de l’autre pour mieux l’anéantir ? Ces paradoxes peuvent s’expliquer, se justifier, par la folie, mais là encore le Docteur Kerjentzef a déjà formulé sa réponse…
Anton Ignatievitch est-il fait pour ce monde ? Le monde est-il déjà trop petit pour lui ? S’aime-t-il trop au point de détester le monde ? S’est-il trompé ?
Les experts en charge du cas Kerjentzef savent de quoi il en retourne, puisque ce sont des experts ; à moins que leur ignorance en la matière les conduise à se voiler la face ?
Le narrateur (le personnage, c’est tellement plus agréable !) expose ses règles et nous entraîne loin dans la danse : il se pourrait que l’amour commence, se poursuive et s’achève comme dans un jeu d’enfant : passant de la plus parfaite insouciance au comble de la souffrance (ne parlons pas de l’extase) sans qu’aucun signe extérieur nous permette d’en saisir la différence.
Les hommes sont des menteurs, les femmes sont des mensonges.
Bibliographie sélective :
“Les sept Pendus ” (Nouvelle)
“La Pensée ” (Nouvelle et pièce)
“Ekatarina Ivanovna ” (Pièce)
“La Neige et la Nuit ” (Pièce)
“La vie d’un Homme ” (Pièce)
“Aux Etoiles ” (Pièce)
“Les Destins d’un écrivain russe ” (recueil de photographies d’Andreiev)
Lettre de Léonide Andreiev à sa Femme (1902) « La vie nous attend et la vie est une chose effrayante et incompréhensible. Il se peut que sa force terrible et impitoyable nous broie en broyant notre bonheur - mais même en mourant je dirai une chose : j’ai vu le bonheur, j’ai vu l’homme, j’ai vécu ! »
La Pensée de Léonide Andreiev
Texte français de T. de Wysewa et S. Persky par les unités 55975
Mise en scène Ghislain Lemaire et Isabelle Siou
Avec Frédéric Jessua
Création Lumière Florent Barnaud
Photo affiche Benoît Teillet
Presse Nathalie Laussucq
Montage et design site
Frédéric Jessua
La Pensée (1H05)
Théâtre ‘Les Déchargeurs’
20 h 00
3, rue des Déchargeurs
75 001 Paris
Métro : Châtelet (sortie rue de Rivoli)
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