Roumanie, 1953. Ana et Iancu sont sur le point de se marier. Tout le village s’attelle aux préparatifs de la noce. C’est un véritable festin qui attend tous les convives. Sur un thème proche, découvrez également Ils mourront tous sauf moi’, réalisé par Valeria Gaï Guermanika.

Film roumain en couleur, 2008- Durée : 1 h 27 Pour approfondir ce sujet, notre article consacré à Gloss (Glyanetz) de Andrei Konchalovsky apporte un éclairage complémentaire.

Que la fête bat son plein dans le jardin de la maison, le maire du village et le commandant du régiment font irruption pour annoncer la mort de Staline ainsi qu’une semaine de deuil national prenant effet sur le champ. Toutes les festivités sont interdites. À lire aussi : Au diable Staline, vive les mariés ! - film d’Horatiu Malaele, qui prolonge cette réflexion sur la culture russe. Sur un registre voisin, l’article consacré à [](/article3_id_article_131/) mérite également votre attention.

Malgré l’interdiction, les mariés et leurs invités feront preuve d’ingéniosité pour poursuivre la fête… Cette thématique fait écho à un autre article du site, Film ‘Import Export’, ukraino-autrichien.

Au diable Staline, vive les mariés !’ est de ces oeuvres que l’on regrette de ne pas avoir appréciées. Le premier film de Horatiu Malaele, metteur en scène de théâtre roumain, dénonce la brutalité et l’incongruité avec laquelle le communisme a été imposé à la Roumanie rurale dans les années 1950. Le réalisateur décrit avec esthétique et humour les noces d’Ana et Iancu, commencées au son de l’accordéon et des cuivres mais condamnées au silence : le camarade Staline vient de mourir et un deuil national est instauré. Les acteurs délivrent une performance qui relève du mime dans une suite de plans dessinant autant de tableaux alliant gravité et humour grivois. Mais les bonnes intentions du film s’enlisent, un scénario très mince confinant les personnages aux clichés : des bons bougres s’enivrant d’alcool de prune à longueur de temps et des paysannes oscillant entre cuisine et lessive. Si la farce convainc avec des situations burlesques parfaitement orchestrées par le réalisateur, la tragédie peine à se concrétiser : les personnages, leurs aspirations et leurs intentions demeurent étrangers jusqu’à la fin. Le propos réel du film - critique d’un régime imposé, violent et déshumanisé - se noie dans la succession de saynètes humoristiques. Un propos qui aurait mérité plus de consistance.