Présentation du ballet
Un grand ballet dans la tradition du Bolchoï, véritable fresque historique, sur la partition épique de Prokofiev. Un spectacle inédit depuis 1977. Avec Ivan IV, dit le Terrible — le tsar qui unifia la Russie au XVIe siècle en terrifiant son peuple —, le chorégraphe du Bolchoï, Youri Grigorovitch, signe une fresque sur le pouvoir et la folie. Une grande tragédie, digne de son inspirateur, le cinéaste soviétique Sergueï Eisenstein.
Créé en 1975 au Théâtre Bolchoï de Moscou, Ivan le Terrible est considéré comme l’une des grandes oeuvres du répertoire de ballet du XXe siècle. En deux actes et dix-huit tableaux, le ballet déploie une dramaturgie puissante qui retrace les moments clés du règne d’Ivan IV : son couronnement, ses conquêtes militaires, sa descente dans la paranoïa et la terreur qu’il impose à son peuple. Le ballet mêle danse classique, pantomime dramatique et scènes de masse dans un style spectaculaire propre à la tradition du ballet russe.
Distribution et équipe artistique
La production présentée à l’Opéra Bastille de Paris réunissait une équipe artistique de premier plan :
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Musique : Sergueï Prokofiev — version pour le ballet de Mikhaïl Tchoulaki
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Chorégraphie et mise en scène : Youri Grigorovitch (1975)
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Décors et costumes : Simon Virsaladzé
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Interprètes : Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris
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Orchestre : Orchestre de l’Opéra National de Paris
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Choeurs : Maîtrise des Hauts-de-Seine / Choeurs d’enfants de l’Opéra National de Paris
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Direction musicale : Vello Pähn
Simon Virsaladzé, décorateur et costumier géorgien légendaire du Bolchoï, a conçu pour cette production des décors monumentaux et des costumes somptueux qui évoquent la Russie médiévale avec une force visuelle remarquable. Sa collaboration avec Grigorovitch, qui dura plusieurs décennies, est l’un des partenariats les plus féconds de l’histoire du ballet.
Youri Grigorovitch, chorégraphe du Bolchoï
Youri Grigorovitch, né en 1927 à Leningrad, est l’un des chorégraphes les plus influents du XXe siècle. Formé à l’école de ballet de Leningrad, il débute comme danseur au Théâtre Kirov avant de se consacrer à la chorégraphie. Son premier grand succès, La Légende de l’amour (1961), révèle déjà son style : de grandes fresques dramatiques mettant en valeur la virtuosité technique et l’intensité émotionnelle.
Nommé directeur artistique du Ballet du Bolchoï en 1964, Grigorovitch transforme profondément la compagnie. Il crée des oeuvres emblématiques comme Spartacus (1968), qui devient le symbole du Bolchoï, et Ivan le Terrible (1975). Son style se caractérise par des chorégraphies de masse spectaculaires, une narration puissante et une utilisation magistrale de l’espace scénique. Il reste à la tête du Bolchoï jusqu’en 1995, marquant durablement l’identité de la compagnie.
Le chorégraphe du Bolchoï nous offre avec Ivan le Terrible l’histoire du célèbre tsar Ivan IV, dit le Terrible ; celui qui entreprit l’unification de la Russie au XVIe siècle en terrifiant son peuple. Le ballet explore la dualité du personnage : d’un côté le bâtisseur d’une grande nation, de l’autre le tyran consumé par la paranoïa.
La musique de Sergueï Prokofiev
La partition d’Ivan le Terrible provient de la musique composée par Sergueï Prokofiev pour le célèbre film en deux parties d’Eisenstein (1944-1945). Cette musique de film, l’une des plus grandes jamais écrites, allie orchestre symphonique, choeurs et solistes dans un style puissant et dramatique qui évoque la grandeur et la violence de l’époque d’Ivan IV.
Mikhaïl Tchoulaki, compositeur et directeur du Théâtre Bolchoï, a réalisé le travail d’adaptation de cette partition cinématographique en version pour ballet. Il a réorganisé les séquences musicales pour correspondre à la structure dramaturgique de la chorégraphie de Grigorovitch, tout en préservant l’intensité et la force épique de l’original de Prokofiev.
La musique de Prokofiev pour Ivan le Terrible compte parmi ses oeuvres les plus dramatiques, aux côtés de ses ballets Roméo et Juliette et Cendrillon, et de ses opéras comme L’Amour des trois oranges. Sa capacité à créer des atmosphères contrastées — de la majesté solennelle à la terreur brute — en fait une partition idéale pour la danse.
L’héritage cinématographique d’Eisenstein
Cette grande tragédie s’inspire directement de l’oeuvre du cinéaste soviétique Sergueï Eisenstein, dont le film Ivan le Terrible (1944-1946) est considéré comme un chef-d’oeuvre du cinéma mondial. Le film, commandé par Staline lui-même, devait glorifier le pouvoir du tsar. Si la première partie reçut le Prix Staline, la seconde partie, jugée trop critique du pouvoir, fut interdite jusqu’en 1958.
Grigorovitch reprend les grandes lignes dramaturgiques d’Eisenstein : le couronnement d’Ivan, ses victoires militaires, la trahison des boyards, la création de l’opritchnina (la garde personnelle du tsar) et la descente progressive dans la terreur. Comme Eisenstein, le chorégraphe traite avec habileté des thèmes du pouvoir et de la folie, offrant un spectacle inoubliable.
Le parallèle entre cinéma et ballet est au coeur de l’oeuvre : les grandes scènes de masse, les contrastes d’ombre et de lumière, le caractère monumental de la mise en scène rappellent directement l’esthétique du film. Cette connexion entre les deux arts donne au ballet une profondeur visuelle et narrative exceptionnelle.
La tradition du Bolchoï
Ivan le Terrible s’inscrit pleinement dans la tradition du Théâtre Bolchoï de Moscou, l’une des plus grandes institutions culturelles au monde. Fondé en 1776, le Bolchoï est renommé pour ses productions spectaculaires, ses danseurs d’exception et son répertoire qui allie classicisme et modernité.
La présentation de ce ballet à l’Opéra Bastille de Paris illustre les liens étroits entre les traditions de ballet russe et française. Depuis le XIXe siècle, ces deux écoles se sont mutuellement influencées, de Marius Petipa (chorégraphe français à Saint-Pétersbourg) à Rudolf Noureev (danseur russe devenu directeur de la danse à l’Opéra de Paris). Les échanges entre le Bolchoï et l’Opéra de Paris perpétuent cette riche tradition, comme en témoignent également les productions de Stravinski et Tchaïkovsky à Paris.
Informations pratiques
Lieu : Opéra Bastille, Place de la Bastille, 75012 Paris
Téléphone : 01 44 73 13 00
Dates : Du vendredi 12 décembre 2003 au mercredi 7 janvier 2004
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Décembre 2003 : 16, 17, 25, 27, 28 (matinée), 30, 31
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Janvier 2004 : 2, 3, 4 (matinée), 5, 6, 7
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Soirée Rêve d’enfants Arop, le 12 décembre (renseignements au 01 58 18 35 35)
Horaires : Spectacle à 19h30, sauf les matinées (14h30). Les mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi.
Tarifs :
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Plein tarif : 70 €
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Tarif réduit : 8 €
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le ballet Ivan le Terrible ?
Ivan le Terrible est un ballet en deux actes et dix-huit tableaux chorégraphié par Youri Grigorovitch en 1975 pour le Théâtre Bolchoï de Moscou. Il s’inspire du célèbre film de Sergueï Eisenstein et utilise la musique de Sergueï Prokofiev dans une version adaptée par Mikhaïl Tchoulaki. Le ballet retrace l’histoire d’Ivan IV, le tsar qui unifia la Russie au XVIe siècle, et explore les thèmes du pouvoir et de la folie à travers une grande fresque historique.
Qui est Youri Grigorovitch et quel est son rôle dans le ballet russe ?
Youri Grigorovitch (né en 1927) est l’un des plus grands chorégraphes du XXe siècle et figure emblématique du Théâtre Bolchoï de Moscou. Directeur artistique du Bolchoï de 1964 à 1995, il a révolutionné le ballet soviétique en créant des oeuvres monumentales comme Spartacus (1968), Ivan le Terrible (1975) et La Légende de l’amour (1961). Son style allie virtuosité technique, dramaturgie intense et grandes fresques historiques dans la tradition du ballet russe.
Quel est le lien entre la musique de Prokofiev et le ballet Ivan le Terrible ?
Sergueï Prokofiev a composé la musique pour le film Ivan le Terrible de Sergueï Eisenstein en 1942-1945. Mikhaïl Tchoulaki a ensuite adapté cette partition cinématographique en une version pour ballet, permettant à Grigorovitch de créer sa chorégraphie en 1975. La musique de Prokofiev, puissante et dramatique, mêle orchestre symphonique et choeurs pour évoquer la grandeur tragique du règne d’Ivan IV.