1849, Saint-Pétersbourg. Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski, âgé alors de vingt-huit ans, est arrêté, emprisonné et jugé lors du procès des pétrachevtsy. C’est une des plus importantes affaires politiques du règne de Nicolas Ier qui est un souverain connu pour ses excès autoritaires et son caractère fantasque.
Pour Dostoïevski, jeune écrivain dont rien n’annonce encore le génie, ces neuf mois d’emprisonnement dans la Forteresse Pierre et Paul sont un tournant, ils vont redessiner son existence et changer son écriture. Bien que cet épisode soit peu connu, notamment parce que l’écrivain n’en a jamais parlé directement par la suite, les événements de 1849 et leur étrange issu imprègnent l’ensemble de son oeuvre.
Dans ce récit fait par un officier de gendarmerie, lui aussi mêlé à l’affaire, tous les personnages sont historiques : les généraux qui ont pris part à la Commission d’enquête, les compagnons de Dostoïevski, et bien évidemment le tzar, Nicolas Ier, appelé aussi à l’époque « Nicolas le bastonneur ».
Il s’agit d’un roman, mais d’un roman historique nourri de documents d’époque, des comptes-rendus d’interrogatoires et des minutes du procès. Comme dans tout bon roman historique, le passé rappelle et interroge notre présent, et ici, à propos de la place des jeunes dans nos sociétés, du fonctionnement des institutions, de la violence institutionnelle et du silence qui l’entoure.
La première mort de Fiodor Mikhaïlovitch Sur un thème proche, découvrez également Denis Kisselev Œuvres 1990-2008.
S.I. Charpentier
Trakt Editions
198 pages, 15x21 cm
13.00 €
ISBN 978-2-919589-00-5
Art-Russe.com © 5 juin 2011 Pour approfondir ce sujet, notre article consacré à Le Roman de l’espionnage de Vladimir Fédorovski apporte un éclairage complémentaire.
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