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La projection du documentaire franco-tchétchène ITCHKERI KENTI de Florent Macie

Le vendredi 11 mai à 20h15 à Strasbourg


À ce passé récent s’ajoutent les réminiscences d’un traumatisme plus ancien : celui des déportations des Tchétchènes et des Ingouches au Kazakhstan en 1943.

La projection du documentaire ITCHKERI KENTI de Florent Macie aura lieu vendredi 11 mai à 20h15 à Strasbourg au STAR en VOST.

Le Cinema Star
27, rue du Jeu-des-Enfants
Strasbourg

Un tarif de 4,50 euros sera proposé sur réservation à une liste nominative tenu par mes soins, qui doit être transmise au cinéma au plus tard le 11/05 à 15h.

A NOTER : le film sera programmé sur quelques séances à la suite de cette soirée.

Communiqué de presse :

- Prière au "Strasbourgeois" qui souhaiteraient venir à la séance du 11 mai de m’indiquer leur nom et le nombre de personnes qui les accompagenront pour bénéficier d’une réduction.

- Je chercherais aussi des témoins des événements de la première guerre russo-tchétchène ou des participants d’un voisinage récent qui accepteraient de parler de la situation d’hier et d’aujourd’hui, alors que le conflit retient moins l’attention.

ITCHKÉRI KENTI

(LES FILS DE L’ITCHKÉRIE) Florent MARCIE, documentaire, France-Tchétchénie, 2006, 2h26mn, VOSTF.

« Itchkérie », tel est le nom de la Tchétchénie avant la colonisation du Caucase par les Tsars, à la fin du xviiie siècle. C’est aussi, de nos jours, l’appellation de la Tchétchénie par les indépendantistes. « Kent », en langue thchétchène, désigne le jeune homme valeureux, prêt de tout temps à se sacrifier pour la liberté de son pays. « Itchkéri kenti » : les fils de l’Itchkérie.

Il est des conflits dont on parle peu malgré leur durée, comme celui qui déchire la Tchétchénie depuis plus de dix ans, et qui s’est trouvé enterré sous le silence embarrassé de la raison d’Etat. Il est des peuples qu’on connaît mal, comme les Tchétchènes, une petite nation caucasienne écrasée depuis deux siècles par l’Empire russe et ses avatars, et qu’on finit par assimiler à la vision qu’en a Moscou, celle de « terroristes » qui s’attaquent à des innocents.
Avec son Itchkéri Kenti, Florent Marcie répare cette erreur. Il montre un monde qu’il a découvert lors d’un premier et unique voyage en janvier-février 1996, en plein cours de ce qui a été la première guerre de Tchétchénie, déclenchée par Boris Eltsine en décembre 1994. C’est après la tragédie de Beslan, en Septembre 2004 (un commando tchétchène prend en otage une école dans cette ville d’Ossétie du Nord, les forces spéciales russes donnent l’assaut, provoquant la mort de plus de 300 personnes dont de nombreux enfants), que Florent Marcie décide de monter et de diffuser les images qu’il a tournées en vidéo Hi8 lors de son voyage en Tchétchénie et qu’il a précieusement gardées. « Beslan a été le déclencheur, dit-il. J’avais déjà constaté lors de mes voyages qu’il y avait un problème de conservation des images d’archives, que ce soit en Tchétchénie ou en Afghanistan. J’avais discuté avec les Tchétchènes des possibilités qu’ils avaient de préserver une trace de ce qui leur était arrivé alors que l’adversaire avait tous les moyens de réécrire leur histoire. »

Parmi les images qu’il a tournées se trouvaient celles de Bassaïev, alors jeune commandant de la résistance, avant qu’il ne devienne le radical islamiste responsable du drame de Beslan que les Russes devaient assassiner un an plus tard. Le jeune réalisateur fait oeuvre de pédagogue, de gardien de la mémoire : « Il fallait revenir en arrière, avant les débats sur le terrorisme déclenchés par les attentats du 11 Septembre, pour montrer ce que j’avais vu d’un peuple dans sa résistance. Je savais que cette société avait été détruite. Mais je voulais pouvoir dire : « Voilà pourquoi on en est arrivé là. »
Le résultat est un formidable film documentaire de 2h26 que l’auteur a pratiquement fait tout seul, texte, montage et sous-titrage compris (sauf la traduction du russe). Un film pendant lequel on ne s’ennuie jamais malgré sa longueur tant on se sent transporté dans un morceau d’histoire.

Quoi de plus étonnant que ces images d’une manifestation indépendantiste en plein coeur d’un Grozny occupé et détruit par les Russes où, entre chants et danses, même les femmes refusent de rendre les armes ?

À ce passé récent s’ajoutent les réminiscences d’un traumatisme plus ancien : celui des déportations des Tchétchènes et des Ingouches au Kazakhstan en 1943.

Muni d’une toile blanche qu’il fait peindre à ses interlocuteurs, le réalisateur traverse une série de villages où il rencontre des enseignants, de simples villageois, des combattants, des déserteurs russes et même une mère de soldat venue extirper son fils de cet enfer. La toile s’enrichit, devient tableau. Elle finira enfouie dans la terre, avec les cassettes et la caméra, dont Florent Marcie doit se défaire quand les chars russes pénètrent dans la petite ville de Novogrozny. Récupérées, elles restituent et nous font partager aujourd’hui un fragment fondamental de l’histoire tchétchène.

D’après Hélène Despic-Popovic dans Libération



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