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’Les Ames errantes’ de Boris Lojkine, cinéaste d’origine russe

Sortie en salle : 24 Janvier 2007


Boris Lojkine a découvert le Vietnam par hasard, aux débuts des années 1990. Près de quinze ans plus tard, il n’a de cesse de parler de son amour extrême pour ce pays. Un parcours à travers le Vietnam d’aujourd’hui sur les traces de la guerre.

Un parcours à travers le Vietnam d’aujourd’hui sur les traces de la guerre. Nous recueillerons les souvenirs d’anciens combattants vietnamiens (anciens soldats du Nord Vietnam et résistants “vietcongs”), en leur rendant visite chez eux, ou en retournant avec eux sur les lieux de la guerre.

La tonalité de ce film est celle de la nostalgie, non pas celle du communisme, mais celle d’une page d’histoire qui se tourne, la nostalgie de la lutte, des combats de la jeunesse, d’un temps héroïque, aujourd’hui révolu, et qui laisse souvent un goût amer.

Boris Lojkine a découvert le Vietnam par hasard, aux débuts des années 1990. Près de quinze ans plus tard, il n’a de cesse de parler de son amour extrême pour ce pays. Un pays qu’il pensait connaître jusque dans ses moindres recoins. Pourtant, avec ‘Les Ames errantes’, son troisième film, le jeune réalisateur français avoue avoir ressenti un « épaississement » de son expérience vietnamienne.
Ce documentaire a pour thème la guerre du Vietnam, l’un des pans les plus traumatisants de l’histoire de ce pays. Un de plus me direz-vous. Et pourtant, pendant une heure et demi, aucune trace d’archives ou de témoignages d’époque, ni de reconstitutions affligeantes. Non, rien de tout cela. Boris Lojkine est parvenu à faire resurgir ce douloureux passé dans un présent tout juste convalescent.
Le film accompagne Tho et Doan, deux anciens combattants, dans une ultime mission : la recherche de leurs camarades disparus et dispersés au quatre coins du pays. Ces âmes égarées qui, depuis trente ans supplient les vivants de leur accorder le repos. De champs de bataille oubliés en cimetières de “martyrs”, symbole d’une mémoire collective édifiée au détriment des blessures familiales, les deux camarades explorent ces lieux lourds de souvenirs. ‘Les Ames errantes’ témoigne avec une gracieuse humilité de ce “retour du refoulé”, de cette force surgie d’outre-tombe qui s’impose aux vivants, de cette nostalgie douloureuse qui hante ceux qui sont restés. A l’image de cette Madame Tiêp dont l’intérieur tout entier est voué à pleurer et prier son mari.
Les Vietnamiens reconnaissants s’étonnent encore de voir comment un étranger a pu saisir aussi justement l’”âme vietnamienne”. Porté pas son film, Boris Lojkine pénètre, et nous avec, dans le sanctuaire de l’intimité, au coeur de la famille. Un film à la fois profondément vietnamien à travers le rapport aux morts, mais aussi porteur d’émotions universelles, tels que l’amour, la fraternité, la nostalgie, le deuil.

Boris Lojkine est né en 1969. Il est agrégé de philosophie. Enseignant à l’Ecole Française de l’Extrême-Orient à Hanoï puis à l’Université en France.



Un homme sans patrie, c'est un rossignol sans chanson. Proverbe russe

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