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Grand écrivain Vassili Grossman : ’Vie et Destin’ au théâtre MC93

Du 4 au 7 février 2007, spectacle de Lev Dodine en russe, surtitré en français


Metteur en scène d’Union soviétique-Russie, et directeur du théâtre Maly de Saint-Petersbourg, Lev Dodine débute en 1967 à Moscou et surtout à Leningrad, où invité par Padvé au théâtre Maly, il monte nombre de pièces contemporaines.

Spectacle en russe surtitré en ouverture du Festival Le standard idéal (4ème édition)

“Le brouillard recouvrait la terre”… c’est par cette phrase que commence le roman-fresque Vie et destin dont l’ambition affichée était d’être le Guerre et Paix du XXe siècle. Son auteur, Vassili Grossman écrivain soviétique de renom, y faisait revivre l’URSS en guerre à travers la saga d’une famille dont les membres se retrouvaient plongés dans la vie quotidienne du peuple russe depuis Stalingrad assiégée jusqu’à Treblinka derrière l’offensive de l’Armée rouge.

Épopée que Vassili Grossman a vécue en tant que correspondant de guerre de l’Armée rouge. Mais, audace stupéfiante, il s’interrogeait aussi sur la terrifiante convergence du communisme de Joseph Staline et du nazisme d’Adolf Hitler : “le grincement combiné des fils de fer barbelés de la taïga sibérienne et du camp d’Auschwitz”. Pour aggraver son cas, Vassili Grossman, co-auteur avec Ilya Ehrenburg du Livre noir sur l’extermination des juifs par les nazis sur les territoires de l’URSS (qui sera immédiatement interdit en URSS) y revendiquait sa judaïté à travers l’évocation de sa mère assassinée par les Einsatzgruppen.

On ne s’étonnera donc pas qu’envoyé en 1960 à la rédaction d’une des plus prestigieuses revues soviétiques de l’époque pour être publié, le roman atterrit directement au KGB qui confisqua aussitôt le manuscrit, des brouillons jusqu’aux carbones. Indigné, Vassili Grossman envoya une lettre de protestation à Nikita Krouchtchev qui le fit recevoir par son préposé à l’idéologie. On lui confirma que son roman ne serait jamais publié, “pas avant 200 ou 300 ans”. À quoi on ajouta que Vie et destin était “un texte infiniment plus nocif et dangereux pour le pouvoir soviétique que le Docteur Jivago”.

Publié en Occident vingt ans après sa mort, à partir de copies cachées chez des amis, Vie et destin reste une œuvre majeure où Vassili Grossman, grand lecteur de textes philosophiques, dépeint la lutte éternelle du bien et du mal. Avec en dépit de tout une lueur d’espoir : “Il n’y eut pas de temps plus dur que le nôtre, mais nous n’avons pas laissé mourir ce qu’il y a d’humain dans l’homme”.

Livres de Vassili Grossman en russe et en français chez Slavika.com

Créé et joué par les élèves de l’Académie théâtrale de Saint-Pétersbourg.
Montée par : Lev Dodine

Metteur en scène d’Union soviétique-Russie, et directeur du théâtre Maly de Saint-Petersbourg, Lev Dodine débute en 1967 à Moscou et surtout à Leningrad, où invité par Padvé au théâtre Maly, il monte nombre de pièces contemporaines. Son théâtre se caractérise par un travail approfondi et de longue durée sur les textes modernes en prose mais aussi des pièces et par l’engagement total qu’il exige des acteurs, extrêmement physique dans le cas des élèves. Ses spectacles allient la tradition russe du jeu psychologique à la maîtrise des figures collectives, à la théâtralité d’un langage métaphorique basé sur une scénographie simple et fonctionnelle.

Œuvres :
- 2007 Vie et destin de Vassili Grossman, avec les élèves du Théâtre Maly de Saint Petersbourg à la MC 93
- 2006 Salomé d’après Oscar Wilde, mus. Richar Strauss, à l’Opéra Bastille.


Spectacle en russe surtitré
MC 93
1, bd Lénine
93000 Bobigny

Plan d’accès :

- Métro : Bobigny-Pablo Picasso (ligne 5)
- Tramway : T1 ligne Saint-Denis/Noisy-le-Sec, station Hôtel-de-Ville/Maison-de-la-Culture
- Bus : 134-234-251-301 arrêt Hotel de ville de Bobigny ou 322 arrêt
- Centre commercial de Bobigny
- En voiture :
- A86 Saint-Denis ou Créteil (Sorties n°14 Bobigny/centre ville)
- A3 Porte de Bagnolet
- A1 Roissy
- N3 Porte de Pantin (Sorties Bobigny/centre ville).
Pour votre retour, pensez au covoiturage : merci d’avance à ceux qui ont un véhicule de se manifester (auprès du service d’accueil) pour rapprocher de leur domicile ceux qui n’ont pas de voiture.
Parking : Paul Eluard (gratuit et surveillé)

Numéro de réservation : 01 41 60 72 72

Lundi, Mardi, Mercredi à 19H30.
Tarifs : 27 € Tarif plein ou 17 € Tarif préférentiel


Autour du Festival Le standard idéal : Rencontres avec Lev Dodine, Georges Nivat, Michel Parfenov, Tzvetan Todorov :

- Lundi 5 février à 16 h

Vie et destin de Vassili Grossman : une œuvre majeure du XXème siècle
avec Lev Dodine, Georges Nivat, Michel Parfenov, Tzvetan Todorov

Qui était Vassili Grossman ? Quelle a été sa place dans la littérature soviétique ? Son chef d’œuvre Vie et destin est-il un roman prophétique ? Peut-on représenter sur scène le Goulag et la Shoah ? L’école théâtrale russe existe t’elle toujours ?

Pour échanger sur ces thèmes, cette rencontre animée par Michel Parfenov réunira le grand russisant Georges Nivat, Tzvetan Todorov, maître d’œuvre du volume Œuvres de Vassili Grossman aux éditions Bouquins-Robert Laffont et Lev Dodine, directeur du Théâtre Maly de Saint-Pétersbourg et metteur en scène.


Natif de Berditchev en Ukraine, Vassili Grossman (1905 - 1964)

Natif de Berditchev en Ukraine, Vassili Grossman (1905 - 1964) fait des études de chimie à l’université de Moscou. Devenu ingénieur dans le Donbass, il décrit la vie des mineurs avant la révolution dans sa première nouvelle datée de 1934. Il devient correspondant de guerre en 1941. En 1960, il dépose son roman "Vie et Destin" à la revue Znamia. Le rédacteur en chef le transmet au KGB qui perquisitionne chez Grossman et saisit les exemplaires tapés à la machine, les brouillons et même les rubans et les carbones. Une version du manuscrit - microfilmée par Andreï Sakharov - parviendra en Occident et sera publiée en 1980. Vassili Grossman meurt à Moscou le 15 septembre 1964.

Si Grossman écrit d’abord en suivant les canons du "réalisme socialiste", c’est qu’il appartient à cette génération qui adhère complètement au stalinisme. La guerre bouleverse la perception que l’écrivain a de l’URSS. Une nouvelle source se fait jour dans son oeuvre. L’extermination du judaïsme européen et l’essence profondément totalitaire du régime envahissent peu à peu sa conscience.

Un correspondant de guerre qui combat pour la vérité Lorsque la second conflit mondial éclate, Vassili Grossman devient correspondant de guerre et vit les heures sombres et la gloire de l’Armée rouge. A Stalingrad, il partage, en première ligne, la vie des combattants (Stalingrad, choses vues, 1945). Cet épisode majeur inspirera son chef-d’œuvre, Vie et Destin (1952). Avec Ilya Ehrenbourg et toute une équipe, il entreprend de recueillir les témoignages sur les grands massacres de 1941 par les Einsatzgruppen marchant sur les arrières de la Wehrmacht. Travail éperdu qui l’amène à découvrir l’horreur de Treblinka, 1945).

Grossman dépose son roman "Vie et Destin" à la revue Znamia. Le rédacteur en chef le transmet au KGB qui perquisitionne chez Grossman et saisit les exemplaires tapés à la machine, les brouillons et même les rubans et les carbones. Une version du manuscrit - microfilmée par Andreï Sakharov - parviendra en Occident et sera publiée en 1980. Vassili Grossman meurt à Moscou le 15 septembre 1964.

"Quand je pense maintenant à la dékoulakisation, je vois tout d’une autre façon, je ne suis plus envožtŽ et puis j’ai vu les hommes à l’oeuvre Comment ai-je pu avoir ce coeur de pierre ? Comme ils ont souffert des gens, comme on les a traités ! Moi, je disais : ce ne sont pas des êtres humains, ce sont des koulaks. Et plus j’y pense, plus je me demande qui a inventé ce mot : les koulaks (...) Pour les tuer, il fallait déclarer : les koulaks, ce ne sont pas des êtres humains. C’est ce qu’ont dit Lénine et Staline : les koulaks, ce ne sont pas des êtres humains. Mais ce n’est pas vrai, c’étaient des hommes, c’étaient des hommes ! Voilà ce que j’ai compris peu à peu. Nous sommes tous des êtres humains" Tout passe, 1964, Éd. L’Âge d’homme.

"L’homme, condamné à l’esclavage, est esclave par destin et non par nature. L’aspiration de la nature humaine vers la liberté humaine est invincible, elle peut être écrasée, mais elle ne peut être anéantie. (...) L’homme ne renonce pas de son plein gré à la liberté. Cette conclusion est la lumière de notre temps, la lumière de l’avenir." Vie et Destin, 1952, Éd. L’Âge d’homme.



Le cerveau russe est humide, il ne flambe pas du feu de l'intelligence, et quand tombe en lui l'étincelle du savoir, il fume et s'éteint. Maxime Gorki

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