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LE CAS DE SOPHIE K.

Du 26 avril au 27 mai 2006


Sophie Kovalevskaïa : une rencontre... Le nom russe, le prénom, ce titre, Une nihiliste, sur la couverture cette femme un peu triste qui marche d’un pas décidé, vers son destin sans doute : je tombe en arrêt.

Un spectacle de Jean-François Peyret et Luc Steels
Mise en scène Jean-François Peyret

Salle Gémier
26 avril au 27 mai 2006, 20h30 / dimanche 15h
Relâche lundi ainsi que le dimanche 7 mai

Scénographie, Nicky Rieti
Musique, Alexandros Markeas
Lumière, Bruno Goubert
Costumes, Cissou Winling
Dramaturgie, Marion Stoufflet
Vidéo, Pierre Nouvel, Valère Terrier
Web, Agnès de Cayeux

Avec :
- Olga Kokorina, Elina Löwensohn, Alexandros Markeas, Etienne Oumedjkane, Nathalie Richard

Production :
- tf2 Compagnie Jean-François Peyret / Théâtre National de Chaillot / Festival d’Avignon / Centre National des Écritures du Spectacle - La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon

Avec le soutien de la direction générale de la Recherche de la Commission européenne, de la région Ile-de-France, d’Ars Numerica et de la Muse en Circuit
en partenariat avec l’Adami

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Avec l’aide de l’ENST et de l’université de VUB Al Lab

Sophie Kovalevskaïa : une rencontre

J’ai rencontré Sophie K., comme on rencontre une femme, par hasard ; après coup le hasard se change parfois en nécessité. Ce jour-là, je baguenaudais au BHV - j’aime beaucoup le BHV ; le BHV devrait sponsoriser tous mes spectacles (ah ! le sous-sol du bricolage, quelle invitation à l’art, d’un bricolage l’autre...) -, quand passant par hasard au rayon livres du magasin, je vis, au bout de sa gondole, Sophie qui m’attendait. Il y a souvent des gondoles dans les histoires d’amour.

Le nom russe, le prénom, ce titre, Une nihiliste, sur la couverture cette femme un peu triste qui marche d’un pas décidé, vers son destin sans doute : je tombe en arrêt. Je prends le livre. Aussitôt festival de synapses sous mon crâne : elle a été admirée par Darwin, me dit la quatrième de couverture. Darwin : justement j’étais en pleine évolution ! (certains se souviennent peut-être encore des Variations Darwin ici-même). Voilà : Darwin passe le témoin, Sophie entre dans ma vie et dans mon théâtre.

Elle avait vraiment toutes les raisons d’y entrer. Sophie était même trop belle : mathématicienne et écrivain, elle met en équation la toupie et sa jeunesse en roman ; elle laisse son nom à un théorème (avec Cauchy) et signe un grand drame (avec l’écrivain suédois Charlotte Leffler), c’est donc qu’elle tente, sinon de réconcilier, du moins de concilier l’invention mathématique et l’imagination littéraire.

Il y a là de quoi intriguer un théâtre qui, depuis quelques temps, se risque du côté de chez les savants. Avouez qu’il serait bien intéressant d’être dans le secret de ce cerveau amphibie ! D’où la gageure d’y installer notre scène et de tâcher de voir ce qui s’y passe, comment y coexistent la poésie ou la prose avec les équations aux dérivées partielles, le désir d’émancipation et les intégrales abéliennes dégénérées, etc. Sophie K., c’est une oeuvre et une vie qui fut aussi un roman. Une vie brève (elle meurt à quarante et un ans en 1891) mais qui épouse son époque et s’y épuise : enfance et adolescence d’une aristocrate russe touchée par les idées nouvelles, mariage blanc pour quitter sa famille et partir faire des études, exil, l’Allemagne pour étudier les mathématiques mais sans avoir le droit de fréquenter l’université, la France de la Commune, la Suède qui lui donnera son poste de professeur d’université, le premier attribué à une femme en Europe. Et ce talent pour être aux bons endroits pour rencontrer les bonnes personnes : Dostoïevski, George Eliot, Herbert Spencer, Darwin, Tchekhov comme aussi le grand mathématicien allemand Weierstrass ou Poincaré. Une telle vie, c’est tout un monde. Les présentations sont faites : que la représentation commence.

Théâtre National de Chaillot
1 place du Trocadéro
75116 Paris
Métro Trocadéro, lignes 6 et 9
Autobus lignes 22 - 30 - 32 - 63 - 72 - 82

RENSEIGNEMENTS / RÉSERVATIONS : 01 53 65 30 00



Se faire des amis est une occupation de paysans, se faire des ennemis est une occupation d'aristocrates. Proverbe russe

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