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’Le Cas de Sophie K’, spectacle franco-russe au Festival d’Avignon

8 - 27 juillet 2005


C’est autour de la personnalité exceptionnelle de Sophie Kovalevskaïa que Jean-François Peyret construit sa rêverie poétique. Cette femme russe née en 1850 fascine par la multiplicité de ses passions. Mathématicienne qui met en équation la toupie, romancière de sa propre vie, féministe engagée dans la Commune de Paris, critique et auteur dramatique, elle traverse l’Europe du XIXe siècle toujours là où on ne l’attend pas, suivant ses envies et refusant la place réservée aux femmes.

Pièce mise en scène :
- Jean-François Peyret

Avec :
- Olga Kokorina, Elina Löwensohn, Alexandros Markeas, Nathalie Richard, Graham F. Valentine.

Création au Festival d’Avignon

Après avoir travaillé dix ans (1984-1994) avec Jean Jourdheuil pour confectionner une quinzaine de spectacles autour de Montaigne, Lucrèce, Shakespeare et surtout Heiner Müller qu’ils ont fait connaître en France, Jean-François Peyret crée la compagnie tf2. Cet universitaire, traducteur, auteur, metteur en scène s’engage alors dans une aventure originale consistant à proposer un théâtre contemporain ouvert sur la philosophie et les connaissances scientifiques les plus récentes. À travers les sept épisodes du “traité des passions” et les trois épisodes du “traité des formes”, et avec l’aide de scientifiques de haut niveau, il s’agit de questionner le vivant, de comprendre les nouvelles technologies, de mettre en rapport l’imaginaire du théâtre et l’imaginaire scientifique. C’est à une rêverie théâtrale d’aujourd’hui que le spectateur est convié, comme dans les salons philosophiques du XVIIIe siècle, une rêverie poétique interdisciplinaire qui brise les cloisons entre pratiques faussement considérées comme antinomiques. Jean-François Peyret ne veut pas mettre en scène le savoir mais juste échanger des pensées, il ne fait pas un théâtre didactique mais un théâtre de questionnement, de curiosité, de propositions à partager, un théâtre du vivant utilisant toutes ses armes et toutes ses conventions. Au Festival d’Avignon, Jean-François Peyret a déjà présenté Le Retable des merveilles et autres pièces de Cervantès (mis en scène avec Jean Jourdheuil) en 1983 et Le Cas Müller I, II et III en 1991.

Jean-François Peyret, avec une curiosité insatiable et un enthousiasme contagieux, poursuit depuis quelques années l’exploration concomitante des imaginaires artistiques et scientifiques pour offrir aux spectateurs des œuvres à la vitalité réjouissante. Cheminant avec des compagnons de rencontre, philosophes ou scientifiques, ils traversent ensemble la pensée mathématique et le clonage, le darwinisme et l’intelligence artificielle, les manipulations génétiques, composant avec ses partenaires des œuvres théâtrales.

Ils convoquent la science sur le plateau et la livrent à l’imaginaire des comédiens, du scéno- graphe, du musicien, la confrontant à la convention théâtrale à laquelle Jean-François Peyret reste profon- dément attaché. Aujourd’hui, c’est autour de la personnalité exceptionnelle de Sophie Kovalevskaïa qu’il construit sa rêverie poétique. Cette femme russe née en 1850 fascine par la multiplicité de ses passions. Mathématicienne qui met en équation la toupie, romancière de sa propre vie, féministe engagée dans la Commune de Paris, critique et auteur dramatique, elle traverse l’Europe du XIXe siècle toujours là où on ne l’attend pas, suivant ses envies et refusant la place réservée aux femmes. Prenant à la lettre la pensée de Sartre selon laquelle “on entre dans un mort comme dans un moulin”, Jean-François Peyret veut circuler dans le cerveau de cette héroïne, en compagnie de Luc Steels, spécialiste de l’intelligence artificielle. Hors de tout théâtre biographique, les comédiennes n’incarneront pas Sophie K. mais elles feront entendre ses paroles diverses et questionneront le théâtre pour savoir ce qu’il peut faire d’un tel personnage hors normes. Peut-être n’y a-t-il que la scène pour proposer ce voyage dans le romanesque, la science et le politique à travers la vie d’un être fascinant, pour réconcilier des pratiques que l’on voudrait isoler pour mieux les manipuler en établissant entre elles des barrières de plus en plus infranchis-sables. En nous invitant à partager sa curiosité, Jean-François Peyret nous invite aussi à nous réapproprier le monde qui se fabrique sous nos yeux.



Ce n'est pas le champ qui nourrit, c'est la culture. Proverbe russe

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