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’Le Treizième Apôtre ou le Nuage en pantalon’ de Vladimir Maïakovski

Du 4 février au 6 mars 2005


A seize ans, Vladimir Vladimirovitch Maïakovski (1893-1930) fit la connaissance des prisons du tsar de toutes les Russies pour propagande sociale-démocrate. A vingt ans, il publiait son premier recueil de poèmes : Moi ! et faisait représenter sa première pièce ’Vladimir Maïakovski à Pétersbourg’.

Elle fut " sifflée à y percer des trous ", notera-t-il dans son autobiographie. A vingt-cinq ans (1918), la Maison de Petrograd lui commande le Mistère-Bouffe : " Mistère, c’est ce que la Révolution a de grand. Bouffe, ce qu’elle a de comique. " En 1921, il écrit la Punaise. La pièce est fort mal accueillie par la presse idéologique et acclamée en public. En janvier 1930, la Grande Lessive dénonce la bureaucratie. C’est l’échec. Trois mois plus tard, Vladimir Maïakovski se suicidait. Applaudissements ni huées n’ avaient manqué à ce poète futuriste, provocateur entré vivant dans la légende, auteur d’un théâtre prophétique, aujourd’hui par tous reconnu.

Dans la lumière bleue des trains entrant en gare, des objets sont là, abandonnés, éclairés par la musique d’une époque révolue. Les mots provoqués par un souffle de poussière entrouvrent les portes d’une armoire. Les phrases se forment et sortent de leurs tiroirs. Lentement, les objets renaissent à la vie, irradiés par la présence des spectateurs, témoins réunis là, le temps d’un bouleversement qui va bousculer ce plateau de gare poussiéreux. Dans l’ombre de la consigne, une pianiste entonne un air des jours anciens et l’espoir renaît comme les images du Maïakovski brûlé par sa révolution qui le transformera en statue de sel. Histoires de notre enfance, Imagination figée d’un pouvoir autocratique dressant ses statues comme des certitudes. Le poète, lui, meurt, lentement empoisonné par ses doutes. Son âme torturée face à un avenir inimaginable finira par avoir raison de ses certitudes affichées. Il nous reste aujourd’hui sa prose flamboyante. Elle nous touche et nous rend grâce. Elle nous laisse entrevoir l’éventualité d’un dépassement d’un futur idéalisé pour un évitement toujours possible d’un avenir plus redoutable encore.

M. Aouar

Les vendredi et samedi à 20h30, les dimanche à 16h
Gare au Théâtre
13, rue Pierre Sémard
94400 Vitry-sur-Seine
Prix : 12.00 euros
Tarif réduit : 9.00 euros



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