Accueil > Spectacles > Concerts > Les concerts ’Jeunes Talents russes et slaves’

Les concerts ’Jeunes Talents russes et slaves’

DU 5 AU 26 FEVRIER 2005


Du 5 au 26 février prochain, un cycle sera consacré aux compositeurs russes : des pièces majeures pour piano de Prokofiev et de Moussorgsky jusqu’aux mélodies et airs d’opéras russes, en passant par les oeuvres pour violoncelle et piano de Tchaïkovsky et de Chostakovitch, les concerts Jeunes Talents permettront durant un mois à de jeunes musiciens d’exprimer avec fougue les merveilles de la musique russe.

En musique comme en politique, le 19ème siècle fut le siècle des nationalismes : suivant l’exemple de Chopin et de Liszt, auteurs d’œuvres dédiées à leurs patries natales opprimées, les compositeurs d’Europe centrale et de Russie cherchèrent de nouveaux moyens musicaux susceptibles d’exprimer fidèlement et adéquatement une âme nationale, sans l’assujettir aux règles stylistiques de la tradition germanique. Ainsi, en Russie, les compositeurs du ’Groupe des Cinq’ aspiraient à la création d’une musique authentiquement russe, libérée de l’influence viennoise.

Considéré par opposition comme un ’traditionaliste’, Tchaïkovsky occupait une place à part dans ce paysage musical : contrairement aux membres du ’Groupe des Cinq’, avec lesquels il eut des rapports distants et souvent conflictuels, il se voulait le représentant russe de la tradition occidentale classique et romantique en laquelle il pensait avoir trouvé une référence artistique universelle. C’est donc tout naturellement vers les Cinq, et en premier lieu vers Moussorgsky, l’intuitif génial, que se tournèrent les novateurs à l’aube de la modernité musicale. Les partitions de Debussy et de Ravel, par exemple, foisonnent de références à Boris Godounov et de citations des Tableaux d’une exposition, deux des rares œuvres achevées par leur auteur.

Né en 1839 à Karevo dans une famille de petits propriétaires terriens, Modeste Moussorgsky reçut de sa mère ses premières leçons de piano et fut initié par sa gouvernante aux chants et aux contes populaires campagnards, auxquels il restera attaché lors de son développement ultérieur. Une esquisse autobiographique témoigne de l’enracinement de sa musique dans l’âme populaire russe : ’Cette familiarité avec la vie et l’esprit du peuple apporta l’impulsion la plus précoce et la plus effective à mes improvisations musicales au piano, avant même que j’aie appris les règles élémentaires du jeu du piano.’ Il entra au lycée à Saint-Pétersbourg en 1849, puis, en 1852, à l’école des Cadets de la Garde impériale, dont il sortit en 1856 avec le grade d’officier. Pianiste de salon à Saint-Pétersbourg, il fit en 1857 la rencontre décisive de Balakirev (1837-1910), musicien autodidacte et novateur qui lui enseigna les fondements de la théorie musicale. Moussorgsky décida alors de quitter l’armée pour se consacrer à la composition et constitua avec Balakirev, Borodine (1833-1887), Cui (1835-1918) et Rimski-Korsakov (1844-1908) le fameux « groupe des Cinq ». Soutenus par le critique littéraire et musical nationaliste Vladimir Stassov, les Cinq se réclamaient d’une autre tradition que la Wiener Klassik et cherchaient dans l’exemple de Glinka (1804-1857), leur grand prédécesseur russe, d’une part, et des musiciens de l’avenir, Berlioz (1803-1869), Liszt (1811-1886) et Wagner (1813-1883), d’autre part, les principes d’un renouveau de la musique russe. L’abolition du servage en 1861 ayant dépossédé sa famille de ses propriétés, Moussorgsky fut contraint d’occuper un poste d’employé ministériel de 1863 à 1880. A partir de 1865, il compléta sa formation musicale au contact de Rimski-Korsakov, avec qui il cohabita pendant quelques années, et se détacha progressivement de Balakirev. Sa charge administrative contraignante, sa situation financière précaire, l’insuccès d’œuvres souvent inachevées et l’éclatement du groupe des Cinq aggravèrent sa solitude et son penchant pour l’alcool. Mis à la retraite en 1880, il mourut pauvre et ivrogne à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg en 1881.

Moussorgsky conçut l’idée des Tableaux d’une exposition à l’occasion d’une exposition organisée en 1874 par Vladimir Stassov en hommage au peintre et architecte Victor Hartmann, décédé un an auparavant. Moussorgsky composa dix courtes pièces pour piano inspirées de dix tableaux de Hartmann, précédées d’un thème intitulé « Promenade » qui revient à plusieurs reprises au cours du cycle - ou de la visite - en guise d’interlude. Le 12 juin 1874, Moussorgsky écrivait à Stassov : ’Je travaille à Hartmann à toute vitesse... - Sons et pensées sont suspendus dans l’air. Je les engloutis et m’en empiffre, j’arrive à peine à tout griffonner sur le papier. J’écris le numéro quatre - les liaisons sont réussies (grâce à la ’Promenade’). Je voudrais réaliser le tout le plus vite et le plus sûrement possible. Ma physionomie apparaît dans les interludes. Jusqu’ici je considère que c’est réussi.’

Stassov a décrit de la manière suivante les dix tableaux : ’Gnomus’ : Le dessin représente un petit gnome qui s’avance maladroitement sur des jambes difformes./ Le vieux château : Un château moyenâgeux, devant lequel chante un troubadour./ Tuileries - Dispute d’enfants après un jeu : Une promenade dans le jardin des Tuileries avec un groupe d’enfants et de bonnes./ Bydlo : Une charrette polonaise avec des roues énormes, tirée par des bœufs./ Ballet de poussins dans leurs coques : Un petit tableau de Hartmann pour la mise en scène d’un épisode pittoresque du ballet ’Trilbi’./ Samuel Goldenberg et Schmuyle : Deux juifs polonais, l’un riche, l’autre pauvre./ Limoges : Des femmes françaises se disputant violemment sur le marché./ Catacombae - Sepulcrum Romanum : Le dessin de Hartmann représente l’artiste lui-même visitant à la lueur d’une lanterne les catacombes de Paris./ Baba Yaga : Le dessin de Hartmann représente une horloge en forme de cabane de Baba Yaga sur pattes de poule. Moussorgsky a ajouté à cela la chevauchée de la sorcière sur son mortier./ La grande porte de Kiev : Le dessin de Hartmann représente son projet pour une porte de la ville de Kiev dans le vieux style russe massif, avec une coupole en forme de casque slave.’

Les Tableaux d’une exposition seront interprétés samedi 19 février à 18h30, à l’hôtel de Soubise, par la pianiste Juliana Steinbach.

PROGRAMME :

- Samedi 5 fevrier - 18H30

Sergei PROKOFIEV Sonate n° 7 en si b majeur op. 83.
Récital de piano par Anastasya Terenkova.
Prix Spécial pour la meilleure interprétation de musique française au Concours International de Piano d’Arcachon
2ème Prix et Prix de Virtuosité au Concours International de Piano ’Adilia Alieva’ de Gaillard.

- Samedi 12 fevrier - 18H30

Mélodies et airs d’opéras russes ... et d’ailleurs
RIMSKI-KORSAKOV, RACHMANINOV, SVIRIDOV, TCHAÏKOVSKY
GOUNOD, DEBUSSY, POULENC, GRIEG, PUCCINI, BELLINI

Récital vocal par Khatouna Gadelia, soprano,
Premier Prix de Chant à l’unanimité avec félicitations du jury du CNSM en 2004, 2e Prix UFAM à Paris en 2003, Prix Espoir du Concours international de Gascogne à Rieumes en 2003, Prix Espoir du Concours international Luigi Stramesi en Italie en 2001, Finaliste du Concours de Marmande en 2003

et Anna Tcherkasskaïa, piano, Premier Prix de piano en 1996, le Premier Prix de musique en 1997, 2e Prix d’analyse en 2003 et Prix d’accompagnement en 2004, au CNR de Saint-Maur.

- Samedi 19 fevrier - 18H30

Modest MOUSSORGSKY Tableaux d’une exposition.

Récital de piano par Juliana Steinbach, Lauréate des Fondations Cziffra, Natexis, Umberto Micheli et Meyer, elle a remporté plusieurs prix dans des concours internationaux, tels que le Concours International de Meknès, les Rencontres Internationales de Piano de Tel-Hai et le Concours Artlivre de São Paulo. En France, elle a obtenu le prix Flame, la bourse musicale du Zonta, le Grand Prix du Forum Musical de Normandie. A l’occasion de son entrée en Troisième Cycle au Conservatoire, la Fondation Alfred Reinhold lui a offert un piano à queue Blüthner.

- Samedi 26 fevrier - 18H30

CHOSTAKOVITCH : Sonate
DEBUSSY : Sonate
TCHAÏKOVSKI : Pezzo Capriccioso

Duo violoncelle & piano par Maja Bogdanovic, 1er Prix spécial au concours Petar Konjovic à Belgrade, 1er Prix au concours de Kosice en Slovaquie, 1er Prix au Concorso Kawai à Tortona en Italie, 2e Prix au concours Heranova Soutez en République tchèque, 2e Prix au concours de Liezen en Autriche, 1er Prix au concours ESTA 2003.

et Sanja Bizjak, Lauréate de concours à Paris, Catanzaro, Stresa et Usti nad Laben (République tchèque)
14 Premiers Prix aux concours en ex-Yougoslavie.


Où ?

Chambre du prince de l’Hôtel de soubise
Centre Historique des Archives Nationales
60, rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
M°Rambuteau / M°1 St Paul ou Hôtel de Ville.

Quand ?

Tous les samedis à 18h30

Combien ?

Tarif Normal 10 € / tarif Réduit* 5 €
Gratuité pour les enfants de moins de 12 ans
Tarifs adhérents : 8 € et 2 €.

Les cartes Jeunes Talents

- Carte "Venez à 2" : 15 € (7,50 € réduit*) pour un an.
Egalement carte d’adhésion, elle permet de profiter de 2 billets au tarif adhérent par concert.

- Carte Cycle : 30 € (15 € réduit*).
Permet de profiter des 4 concerts de chaque cycle.

- Carte 6 : 40 € (20 € réduit*).
Permet de profiter de 6 concerts pour le prix de 5 au tarif adhérent, sans date limite.

- *tarif réduit : moins de 26 ans et demandeurs d’emploi.

Président d’Honneur : Henri DUTILLEUX

Comité de Parrainage :
- Luciano Berio (†),
- Gilles Cantagrel,
- Jeff Cohen,
- Piero Farulli,
- Ivry Gitlis,
- Anne Grappotte,
- Hartmut Höll,
- Christian Ivaldi,
- Jean-Jacques Kantorow,
- Frédéric Lodéon,
- Bruno Pasquier,
- Bruno Rigutto.



On n'attelle pas au même timon le cheval fougueux et la biche craintive. Ivan Tourgueniev

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0