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Comment Boris Berezovski finançait les réseaux ben Laden en Tchétchénie, raconté par un journaliste américain


PARIS - L’oligarque Boris Berezovski, proche de l’ancien président Boris Eltsine et de sa "famille", "a joué un rôle important dans le développement du Djihad international en finançant les réseaux de ben Laden en Tchétchénie jusqu’en 1999", accuse un journaliste américain du journal Forbes, Paul Klebnikov.

Ce journaliste américain d’origine russe a présenté mardi 16 octobre à Paris à l’association des journalistes France-Russie-CEI, son livre sur l’ancien secrétaire du Conseil de sécurité russe. Il a expliqué que le financement des réseaux islamistes en Tchétchénie devait notamment servir à promouvoir l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Ce dernier étant censé garantir l’impunité de l’entourage du président Eltsine impliqué dans le "pillage" de la Russie.

Selon M. Klebnikov, l’oligarque russe qui vit aujourd’hui en France, finançait ces réseaux islamistes "pour des raisons de politique intérieure russe et pas du tout idéologiques".

Dans cet esprit, la relance du conflit en Tchétchénie devait servir de marchepied pour l’accession à la présidence russe de l’ancien colonel du KGB Vladimir Poutine, jugé suffisamment fiable pour ne pas trop remuer les affaires louches des oligarques et de l’entourage du président Eltsine.

Ainsi, Boris Berezovski, l’un des hommes clés du "pillage de la Russie du temps de l’administration du président Eltsine", a été un des principaux artisans de l’arrivée du président Poutine au pouvoir avec la complicité de réseaux islamistes.

Paradoxalement, M. Poutine, une fois au pouvoir, a mis fin au rôle "démesuré de Berezovski, le parrain du Kremlin, qui alliait affaires, criminalité et politique", selon M. Klebnikov qui juge par ailleurs "positive" la présidence de M. Poutine en matière de lutte contre la corruption, de rétablissement de l’intégrité de l’Etat et de "normalisation" du capitalisme russe en général.

L’oligarque jouait le rôle de "banquier informel des groupes wahabbites en Tchétchénie dont les membres du réseau d’Oussama ben Laden", ajoute M. Klebnikov.

Le financement des réseaux islamistes tchétchènes par Berezovski passait notamment par l’ancien vice-premier ministre indépendantiste tchétchène Movladi Odougov et surtout son frère. Ces derniers s’appuient militairement sur l’organisation islamiste intégriste de Khattab, un arabe jordanien formé avec Ben Laden en Afghanistan et arrivé en Tchétchénie lors de la première guerre en 94-96, selon Klebnikov.

Ces représentants de l’aile la plus radicale des islamistes tchétchénes avaient avec les brigades de l’ex premier ministre tchétchéne Chamil Bassaev attaqué la république voisine du Daguestan en août 1999 ce qui avait, avec les attentats contre des immeubles en Russie, été le déclencheur de la seconde guerre de Tchétchénie.

A la suite de cette attaque qu’il avait désapprouvée, le président indépendantiste tchétchéne, Aslan Maskhadov, avait limogé Movladi Ogouvdov.

"Des enregistrements d’entretiens sur ces financements entre Berezovski et Ogoudov existent, ont été publiés à Moscou en 99 par le Moskovskij Komsomolets. Ils n’ont jamais été démentis par Berezovski qui, au contraire, justifie sa conduite en invoquant un rôle diplomatique très compliqué", assure Klebnikov qui détient des copies de ces enregistrements et dont le journal est en procès depuis cinq ans avec M. Berezovski.

Il explique que Berezovski jouait d’autant plus facilement ce rôle de banquier financier trouble avec les islamistes tchétchénes qu’il a commencé sa carrière de milliardaire en pillant les usines automobiles Avtovaz (Lada) avec la protection de gangs tchétchénes au début des années 90.

Le livre explique en détail ces processus et il est de ce fait une pièce importante pour tous ceux qui veulent comprendre la transition de la Russie au capitalisme.

Dimitri de Kochko

Parrain du Kremlin - Boris Berezovski et le pillage de la Russie - par Paul Klebnikov - Robert Laffont 456 p. 21,20 EUR 139,06 FF

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