Accueil > Expositions > Exposition ’Photographies de guerre - De la Crimée à la Première Guerre (...)

Exposition ’Photographies de guerre - De la Crimée à la Première Guerre mondiale’

29 juin - 12 septembre 2004 au musée d’Orsay - Derniers jours !


Au cours des années 1850, soit une quinzaine d’années après son invention, la photographie fait son entrée dans le monde des champs de bataille. Au début de l’année 1855, la reine Victoria envoie le photographe Roger Fenton en Russie effectuer un reportage sur la Guerre de Crimée, afin de contrecarrer l’image négative qu’en transmet la presse britannique. Lorsque Fenton arrive à Sébastopol, au mois de mars, la ville, défendue par les Russes, est assiégée depuis plusieurs mois par les Alliés - Français, Anglais et Turcs. Pour la première fois le peintre va remplacer les traditionnelles esquisses dessinées par des clichés photographiques.

Tant en raison d’impératifs techniques que pour des motifs idéologiques, les images qu’il rassemble dans son album Incidents of Camp Life évitent la violence des combats au profit des portraits des belligérants et des scènes de la vie au camp. Fenton quitte la Crimée le 26 juin 1855.

Fenton quitte la Crimée le 26 juin 1855. Peu après, James Robertson, un autre britannique, débarque à son tour. Sébastopol assiégée tombe finalement en septembre et Robertson a le privilège de pouvoir entrer dans la ville pour y photographier les batteries abandonnées et les bâtiments avant leur destruction par les Alliés. Côté français Jean-Charles Langlois, peintre d’histoire spécialisé dans les panoramas, se rend sur les lieux en compagnie d’un jeune photographe, Léon Eugène Méhédin. Pour la première fois le peintre va remplacer les traditionnelles esquisses dessinées par des clichés photographiques. Les deux hommes souffrent d’un hiver rigoureux et doivent prendre de vitesse les démolisseurs, mais le Panorama de Sébastopol sera finalement présenté au public en 1860, dans une rotonde construite par Gabriel Davioud au rond point des Champs Elysées.

CRIMEE : LA VIOLENCE OCCULTEE

La guerre de Crimée oppose à partir d’octobre 1853 la Russie à l’Empire ottoman, puis à la France et à l’Angleterre qui s’engagent quelques mois plus tard aux côtés des Turcs.
L’essentiel des combats se concentre rapidement autour de la ville de Sébastopol, assiégée par les alliés et défendue par les Russes. La reine Victoria, soucieuse de contrer l’image négative du conflit véhiculée par le correspondant du Times, William Russell, décide d’envoyer un photographe proche de la famille royale, Roger Fenton, afin qu’il réalise des images susceptibles de faire évoluer l’opinion publique britannique.

Financé par l’éditeur Thomas Agnew, Roger Fenton, accompagné de Marcus Sparling, arrive à Sébastopol en mars 1855, plusieurs mois après le début du siège de la ville. Tant pour des impératifs techniques - la durée relativement longue des temps de pose - que pour des motifs idéologiques, Fenton ne réalise pas d’images montrant directement les combats, leur violence, leurs victimes, mais plutôt des champs de bataille avant ou après l’action. La saison avançant, la température augmente et le collodion sèche trop vite. Fenton ne peut dès lors travailler que très tôt le matin. Il fait poser les chefs des différentes armées pour réaliser leur portrait, s’attachant tout particulièrement à montrer la diversité ethnique des troupes alliées. Ce sont essentiellement ces portraits et des « scènes de genre militaires » : chef haranguant ses troupes, hommes au repos, préparation des repas... qui composent l’album Incidents of Camp Life dont plusieurs planches sont présentées dans cette salle.
Fenton quitte Sébastopol après l’échec d’une nouvelle tentative d’entrée des alliés dans la ville, juste à temps pour échapper à une épidémie de choléra qui fit de nombreuses victimes. Dès son retour à Londres, ses clichés font l’objet d’expositions et rencontrent un grand succès.

LE PANORAMA DE SEBASTOPOL

Napoléon III, séduit par les clichés de Fenton apportés à Paris par la reine Victoria à l’occasion de l’Exposition universelle de 1855, décide d’envoyer à son tour des photographes en Crimée. Jean-Charles Langlois, peintre d’histoire spécialisé dans les panoramas glorifiant les victoires militaires françaises, s’embarque avec Louis-Eugène Méhédin, jeune photographe formé aux côtés de Gustave Le Gray. Lorsqu’ils arrivent à Sébastopol, à la mi-novembre 1855, le siège a pris fin et les deux hommes, comme l’Anglais James Robertson arrivé peu avant eux, peuvent entrer dans la ville pour photographier les batteries abandonnées et les bâtiments avant leur destruction par les troupes alliées. L’objectif de Langlois est de remplacer par des clichés les esquisses qui lui servent habituellement de point de départ pour ses panoramas. Le séjour de Langlois et Méhédin est rendu pénible par la rudesse de l’hiver et par la mauvaise entente qui règne entre eux, tension aggravée par l’urgence de réaliser leurs clichés avant la destruction des installations.

Le musée d’Orsay possède un ensemble complet des 14 clichés qui, mis bout à bout, forment un panorama à 360 degrés, réalisés à partir de la tour Malakoff, point clé de la défense de la ville. A partir du mois d’août 1860, le Panorama de Sébastopol, peint d’après ces clichés, est installé dans une rotonde construite par Gabriel Davioud au rond-point des Champs-Elysées, à Paris. Il recevra 397 000 visiteurs avant d’être remplacé, en 1865, par le Panorama de Solferino, peint également par Langlois. Il n’en reste aujourd’hui que des esquisses conservées au musée des Beaux-Arts de Caen. A l’occasion du 50e anniversaire du siège, en 1905, un musée a été construit à Sébastopol pour recevoir un nouveau panorama, réalisé par le peintre russe Franz Alekseevich Rubo.

La nature des images rapportées par les photographes est pour une bonne part conditionnée par l’évolution des techniques. Ainsi, lors de la guerre de Crimée, la lourdeur et l’encombrement du matériel nécessaire à l’usage des négatifs verre au collodion humide, la longueur relative du temps de pose - de l’ordre de quelques dizaines de seconde , ne permettent pas au photographe de se rendre au cœur des batailles et d’en saisir l’intensité. Soixante ans plus tard, durant la Première Guerre mondiale, il est devenu possible de prendre des instantanés, la photographie aérienne fait son apparition, nombre de soldats possèdent des appareils légers et faciles à manier qui leur permettent de fixer leurs propres souvenirs tandis que les procédés couleur font une timide entrée avec les autochromes.

LES ŒUVRES EXPOSÉES - GUERRE DE CRIMÉE

ROGER FENTON (Crimble Hall, Lancashire, Royaume-Uni,1819 - Londres, Royaume-Uni, 1869) :

- General Bosquet and Staff
- Cantinière
- Group of Croat Chiefs
- Cooking house of the Eight Hussars
- Lieut. Col. Brownrigg & The Russian Boys
- Lieut. Col. Shadforth and Officers of the 57th
- L’Entente cordiale
- Officers and men of the 8th Hussars
- Genl. Bosquet & Capt. Dampierre
- Zouave 2nd Division (Portrait de Roger Fenton par son assistant Marcus Sparling)
- Ismaïl Pacha & Attendants
- Group at Head Quarters : Lord Burgleish ; Aide de Camp ; Col. Vigo ; Lord Raglan ; Pélissier ; Spahi, Aide de Camp
- Discussion between two Croats
- The Sanitary Commission, Dr. Sutherland, Robert Rawlinson, Esq.
- Group of Montenegrins
- planches de l’album Incidents of Camp Life, édité par Thomas Agnew and Sons, 1856
- épreuves sur papier salé à partir de négatifs verre au collodion humide

JAMES ROBERTSON (Middlesex,1813 - Japon, 1888) :

- Le Télégraphe au sommet de Malakoff
- Panorama de Sébastopol pris depuis Malakoff : le faubourg de Karabelnaïa, la rade et le port, les casernes, la ville haute
- planches de l’album Souvenirs d’Orient, 1855-1856
- épreuves sur papier salé à partir de négatifs verre

JEAN-CHARLES LANGLOIS (Beaumont-en-Auge, Calvados, France, 1789 - Paris, France, 1870), LEON-EUGENE MEHEDIN (L’Aigle, Orne, France, 1828 - Bonsecours, Seine-Maritime, France, 1905), FREDERIC MARTENS (Venise, Italie, 1806 - Paris, France, 1885) :

- Panorama de Sébastopol pris de la tour Malakoff, 1855
- quatorze épreuves sur papier salé légèrement albuminé à partir de négatifs papier
- La Tour Malakoff, 1855
- Le Bastion central, fossé Est, 1855
- Batterie et logements près de Malakoff, 1855
- Ruine d’un dock à Sébastopol, 1855
- épreuves sur papier salé légèrement albuminé à partir de négatifs papier.

INFORMATIONS PRATIQUES :

- Horaires : Tous les jours, sauf le lundi, de 9h à 18h, le jeudi de 10h à 21h45
- Tarification : Droit d’entrée au musée : plein tarif : 7 € ; tarif réduit et dimanche : 5 €
- Accès au musée d’Orsay : Entrée par le parvis, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
- Bus : 24 - 63 - 68 - 69 - 73 - 83 - 84 - 94
- Métro : ligne 12, station Solférino
- RER : ligne C, station Musée d’Orsay



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0