Mise en scène : Anton Kouznetsov
Traduction : André Markowicz
Scénographie : Giulio Lichtner
Lumières : Gérard Gillot
Son : Jean-Pascal Lamand
Assistant à la mise en scène : Eric da Costa
Avec : Hervé Briaux, Véra Ermakova, Laurent Manzoni
Coproduction : MC93 Bobigny, Théâtre de l’Union-Centre Dramatique National du Limousin, Théâtre de Chelles, Théâtre DOM
Production déléguée : Théâtre DOM, Scènarts

Oeuvre monumentale inachevée, sorte de Divine Comédie russe ou d’Odyssée dans les tréfonds d’un système absurde, Les Âmes mortes sont à la fois un tableau critique d’une société en crise aux prises avec ses démons et un questionnement permanent de Gogol sur son oeuvre et sur lui-même, russe parmi les Russes. Souvent adaptée pour le théâtre, en France par Arthur Adamov, en Russie par Mikhaïl Boulgakov, cette oeuvre mystérieuse écrite par une sorte de Kafka farceur, qui manierait génialement une certaine ironie romantique, sera ici recentrée autour de trois personnages :
le héros Tchitchikov, une femme éternelle, idéale et aussi inaccessible que la Russie, et l’auteur se questionnant sur ce qu’il est. Ils nous feront visiter la galerie de monstres qui peuplent cette oeuvre majeure de la littérature russe écrite dans la droite ligne du Révizor,
ces héros de la médiocratie humaine que Gogol voulait mener jusqu’au paradis, parallèlement à sa propre recherche de perfectionnement moral qui le mènera à la mort.
Ces humains qui s’achètent entre eux des âmes mortes, en l’occurrence des serfs décédés, pour les revendre et s’enrichir ne sont-ils que des personnages figés dans la Russie du 19e siècle ? Spéculer sur les morts ou sur les vivants, c’est toujours spéculer… Acheter ou vendre un bien fictif, immatériel, c’est pour Gogol le comble de l’immoralité. Pour d’autres, c’est aujourd’hui encore la base même de tout un système économique.
Théâtre 71
3, Place Du 11 Novembre
92240 Malakoff
