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"Le DRAGON" de Evgueni Schwartz

Du 13 septembre au 28 octobre 2012 au Théâtre 13


Écrit dans une Russie écrasée par le souvenir du tsarisme, la menace nazie et la dictature stalinienne, un hymne joyeux à la liberté et à la résistance à toutes les oppressions.

Lancelot, chevalier idéaliste et courageux, décide de débarrasser un village du dragon qui l’opprime depuis des siècles. Malgré la désapprobation de la population, il provoque le monstre en duel, le tue, et pense libérer la cité en donnant sa propre vie. Mais la petite ville tombe alors sous la coupe d’un Bourgmestre avide de pouvoir qui saisit opportunément l’occasion d’instaurer une nouvelle tyrannie sur ses habitants...

Ludique, drôle, tragique, folle, cruelle, festive... Le Dragon est une pièce majeure (et évidemment interdite sous Staline malgré son apparente légèreté) dans l’œuvre de Evgueni Schwartz. À la fois comédie burlesque et politique, conte fantastique, épopée tragique et aventure philosophique, "Le Dragon" est un appel incroyablement pertinent et moderne au courage et à la vigilance, une fable universelle qui rappelle que le dévoiement de la démocratie est le premier pas vers la dictature. Une pièce humaine et humaniste, une réflexion profonde sur la responsabilité citoyenne dans le(s) combat(s) pour la liberté.

Attendre plus longtemps aurait été une erreur...

C’est en travaillant sur Le Mandat de Nikolaï Erdman, au cours de recherches sur le théâtre russe de la période stalinienne, que j’ai découvert Le Dragon de Evgueni Schwartz. Il m’est immédiatement apparu un lien entre les deux pièces, une sorte de proximité, de continuité même, comme si Le Dragon pouvait être un prolongement du travail que nous effectuions sur Le Mandat.

Une continuité historique tout d’abord. Espacées d’exactement 20 ans, les écritures des deux pièces témoignent de périodes fortes du parcours politique de Staline : son accession au pouvoir pour Le Mandat, l’apogée - pendant et après la deuxième guerre mondiale - de son autorité et de son influence, pour Le Dragon.

Une proximité spirituelle ensuite : Schwartz, comme Erdman, aime jongler avec les mots, les situations, l’humour, s’amuse avec l’exubérance de ses personnages, n’a peur ni de l’excès, ni de la démesure. Tous deux savent s’affranchir d’un réalisme pesant et ont choisi des formes fortes et inattendues pour porter un théâtre politique, dénoncer, et surtout prévenir : Le Mandat est une farce, une parodie de vaudeville inspirée de Feydeau, Le Dragon un conte, une fable philosophique où l’on peut trouver en vrac des références bibliques, mythologiques, à Lewis Carroll, et surtout aux légendes médiévales européennes.

Enfin, et c’est sans doute le plus intéressant, ces deux auteurs partagent certes une interrogation commune sur l’expression de l’autorité politique, mais principalement une réflexion sur l’engagement de l’homme de la rue, sa passivité parfois coupable, la nécessité de la réaction populaire face à l’Autorité et à la tyrannie des dirigeants. L’un comme l’autre, sans parti-pris militant, nous parle simplement de liberté.

Au sortir d’un travail de plus de 5 ans avec une équipe de 20 personnes sur la pièce d’Erdman, je n’imaginais pas initier immédiatement un projet mobilisant à nouveau une grosse équipe artistique et technique. Mais mon enthousiasme pour le texte de Schwartz (ainsi que celui manifesté par les comédiens dont je tenais à m’entourer dans l’éventualité de monter la pièce), l’opportunité qui s’offrait à moi de travailler avec la dramaturge russe Marina Abelskaïa (assistante de Piotr Fomenko entre autres), et la pertinente acuité politique de la pièce, son actualité surtout, m’ont finalement convaincu qu’attendre plus longtemps aurait été une erreur.

L’équipe que j’ai réunie sera donc prête dès la rentrée 2012 à présenter une version du Dragon que j’aurai le plaisir (et la grande fierté) de mettre en scène. Elle sera, comme l’était notre version du Mandat, ludique, drôle, tragique, folle, naïve, cruelle, festive.

Et, je le souhaite par dessus tout, à la fois surprenante et captivante pour le public.

Stéphane Douret

La compagnie L’Omnibus et Stéphane Douret ont présenté au Théâtre 13 en 2007 Le Mandat de Nikolaï Erdman.

2h sans entracte
mardi, jeudi et samedi à 19h30, mercredi et vendredi à 20h30, dimanche à 15h30.

Théâtre 13 / Jardin
103 A, boulevard Auguste-Blanqui – 75013 Paris

Accès :
- par le jardin au 103 A boulevard Auguste-Blanqui ou par la dalle piétonne face au 100 de la rue Glacière.
- Métro ligne 6 arrêt Glacière, Bus 21 (arrêt Glacière-Blanqui) ou Bus 62 (rue de Tolbiac, arrêt Vergniaud).
- Les Stations vélib’ les plus proches : Station n° 13 004 (88 Bd Blanqui), Station n° 13 107 (12 passage Victor Marchand) - Station n° 14 007 (1 rue Ferrus) - Station n° 13 021 (55 rue Boussingault).



On n'attelle pas au même timon le cheval fougueux et la biche craintive. Ivan Tourgueniev

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