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Moussorgski et ’La Khovantchina’

Opéra Bastille : Première le 22 janvier 2013 à 19h00


En 1682, un prince s’oppose à l’occidentalisation de la Russie voulue par le tsar. Pour cette grande fresque historique, Moussorgski compose un opéra sombre et envoûtant, une musique qui semble venir du fond des âges.

Après Boris Godounov, Moussorgski continue d’explorer et d’interroger l’histoire de la Russie. Il s’inspire cette fois de la Révolte de Moscou de 1682, année où Pierre le Grand est sacré tsar. Celui-ci souhaite réformer la Russie, l’occidentaliser, et se heurte aux résistances de la noblesse comme de l’Église. Sous la conduite du prince Ivan Khovanski, le corps militaire des Streltsy attaque le Kremlin, soutenu par les Vieux-Croyants et leur chef Dosifei. La révolte sera noyée dans le sang et les Vieux-Croyants s’immoleront par le feu dans la forêt. De cette fresque monumentale et sauvage émerge l’humanité du sévère Dosifei, patriarche à la voix d’outre-tombe, et de Marfa la devineresse.À cette cruelle histoire, évocation d’une Russie encore archaïque, Moussorgski a donné la musique la plus fascinante qui soit, sombre et envoûtante, semblant venir du fond des âges. Laissée inachevée, cette oeuvre a d’abord été jouée dans un arrangement de Rimski-Korsakov puis révisée au plus près des intentions du compositeur par Dimitri Chostakovitch en 1959.

- Michail Jurowski Direction musicale
- Andrei Serban Mise en scène
- Richard Hudson Décors et costumes
- Yves Bernard Lumières
- Laurence Fanon Chorégraphie
- Alessandro Di Stefano Chef de choeur

- Gleb Nikolsky Prince Ivan Khovanski
- Vladimir Galouzine Prince Andrei Khovanski
- Vsevolod Grivnov Prince Vassili Golitsine
- Sergey Murzaev Chakloviti
- Orlin Anastassov Dosifei
- Larissa Diadkova Marfa
- Marina Lapina Susanna
- Viacheslav Voinarovskiy Le Clerc
- Nataliya Tymchenko Emma
- Yuri Kissin Varsonofiev
- Vladimir Kapshuk Strechniev
- Igor Gnidii Premier Strelets
- Maxim Mikhailov Deuxième Strelets

Orchestre et choeur de l’Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine / Choeur d’Enfants de l’Opéra national de Paris


Le compositeur

Modeste Petrovitch Moussorgski, né le 21 mars 1839 à Karevo, mort le 28 mars 1881 à Saint-Pétersbourg.

Après une enfance passée dans la campagne russe, auprès d’une mère qui lui enseigne les premiers rudiments du piano, Moussorgski est amené par son père, à l’âge de dix ans, à Saint-Pétersbourg, où il entre au lycée et consolide son éducation musicale. La carrière militaire ayant été choisie pour lui, il entre en 1852 à l’Ecole des porte-enseigne de la garde, et, en 1856, il est nommé officier d’un régiment d’infanterie. Mais la même année, il rencontre Balakirev et décide d’abandonner la carrière militaire pour se consacrer entièrement à la musique. Après une période fructueuse pendant laquelle Moussorgski écrit ses premières œuvres vocales, les relations entre les deux hommes se détériorent et Modeste, en proie maintenant à des crises nerveuses de plus en plus répétées, connaît sa première épreuve physique et morale. De 1868 à 1875, toutefois, il se stabilise, réside pendant quelque temps chez Rimski-Korsakov et compose surtout avec acharnement : son grand opéra Boris Godounov est créé dans sa version définitive (c’est-à-dire avec l’acte polonais) en 1874, il achève son cycle de mélodies Les Enfantines, sa suite de pièces pour piano Les Tableaux d’une exposition et ébauche La Khovantchina. Mais le répit n’est que de courte durée. Moussorgski recommence à errer de gîte en gîte, ses amis se détournent de ce vagabond qui divague et qui boit et il finit par mourir seul à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg, laissant inachevé La Foire de Sorotchintsy, un opéra-comique d’après Gogol.

L’oeuvre

C’est le critique Stassov qui fournit à Moussorgski l’idée de La Khovantchina. En fait, après Boris Godounov, l’ouvrage devait constituer le deuxième volet d’une trilogie d’opéras historiques (le troisième n’ayant jamais vu le jour). Le sujet renvoie à une période précise de l’histoire de la Russie : celle du règne de Pierre le Grand (soit 1682 et années suivantes), au cours duquel eurent lieu de violents affrontements entre nouveaux orthodoxes et Vieux-Croyants, qui se soldèrent par la victoire des premiers (représentés par le Tsar) et par l’anéantissement de la vieille Russie attachée à ses traditions et à sa foi ancestrale. Le mot « Khovantchina » a été prononcé par le tsar lui-même, pour désigner ces émeutes, qui étaient principalement suscitées par le prince Khovanski : le terme dérive de ce nom propre, comme en français le nom de « Chouan » a donné « chouannerie ». Contrairement à Boris Godounov, il n’y a pas ici de personnage principal, mais des éléments d’un tableau d’ensemble. De même, le peuple ne forme pas un seul bloc, mais se subdivise en plusieurs groupes (streltsy, Vieux-Croyants, foule moscovite, etc). Cependant, comme Boris, La Khovantchina met en scène un moment capital de l’histoire de la Russie, où les drames individuels sont inséparables des événements historiques.

Sur le plan de la composition, La Khovantchina se ressent quelque peu de la manière intermittente avec laquelle l’œuvre fut conçue (entre 1873 et 1880). A la mort de Moussorgski, la partition chant-piano était presque achevée, à l’exception de la conclusion de l’acte II et de la scène finale de l’acte V. Mais seuls deux fragments de l’acte III étaient orchestrés et pour pouvoir faire représenter l’œuvre, il fallut donc l’aide d’autres musiciens. C’est Rimski-Korsakov qui, le premier, se chargea d’orchestrer l’œuvre, mais en coupant énormément dans la partition. En 1959, Chostakovitch conserva à peu près intacte la musique de Moussorgski. C’est cette version qui a été choisie pour cette série de représentations.

La création

La Khovantchina a été créé le 21 février 1886 par une troupe d’amateurs au Théâtre Kononov de Saint-Pétersbourg.

L’œuvre à l’Opéra National de Paris

La Khovantchina a été représenté pour la première fois au Palais Garnier le 13 avril 1923, en français, sous la direction de Serge Koussevitzky et dans une mise en scène d’Alexandre Sanine. Lors d’une reprise, l’année suivante, Fédor Chaliapine interpréta le rôle de Dosiféi. En 1970, l’œuvre fut représentée en russe, lors d’une tournée du Bolchoï, avec, entre autres, Irina Arkhipova et Elena Obraztsova (Marfa), Guergui Andriouchtenko (Andrei).

Opéra Bastille
Place de la Bastille
Paris



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