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Kátia Kabanová d’après ’L’ORAGE’ d’Alexandre Ostrovski

Première le 8 mars 2011 à 19h30


Peut-être le chef-d’oeuvre de Janacek, aux côtés de sa Jenufa. Une jeune femme trompe son mari absent, elle le regrette, le lui avoue et se jette dans le fleuve. Histoire simple et terrible, que Janacek raconte sans détours. Angela Denoke reprend la bouleversante production de Christoph Marthaler, une de ses plus belles réussites.

- MUSIQUE DE LEOS JANACEK (1854-1928) LIVRET DE VINCENCE CERVINKA
- D’APRÈS "L’ORAGE" D’ALEXANDRE NIKOLAÏEVITCH OSTROVSKI

En langue tchèque

- Tomas Netopil : Direction musicale
- Christoph Marthaler : Mise en scène
- Joachim Rathke : Co-mise en scène
- Anna Viebrock : Décors et costumes
- Olaf Winter : Lumières
- Thomas Stache : Chorégraphie
- Stefanie Carp  : Dramaturgie
- Patrick Marie Aubert : Chef du Choeur

- Angela Denoke : Kátia
- Vincent Le Texier : Saviol Dikoy
- Jane Henschel Kabanicha
- Donald Kaasch : Tichon Kabanov
- Jorma Silvasti : Boris Grigorievitch
- Ales Briscein : Kudriach
- Andrea Hill : Varvara

Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris

Peut-être le chef-d’oeuvre de Janacek, aux côtés de sa Jenufa. Une jeune femme trompe son mari absent, elle le regrette, le lui avoue et se jette dans le fl euve. Rien d’accessoire dans Kátia Kabanová, rien de symbolique ni de décoratif : Janacek fait seulement et simplement avancer son récit, sans que rien ne le freine ni n’en distraie le cours. Une course à l’abîme que n’arrête même pas la mort de Kátia, puisque l’abîme n’est pas dans cette mort, mais dans l’insensibilité du monde qui justement n’en perd pas un instant son cours. De fait, le coeur de l’ouvrage n’est pas le destin des personnages, c’est l’écoulement sourd de cette masse silencieuse, inerte mais inexorable que l’on peut appeler indifféremment la vie ou la Volga. Janacek a d’ailleurs longtemps hésité avant de donner à son opéra le nom de son personnage féminin. Il aurait préféré le nommer par trois astérisques : un opéra sans personnage, un opéra presque sans sujet.
Angela Denoke reprend la bouleversante production de Christoph Marthaler, une de ses plus belles réussites.


LE COMPOSITEUR

Né en 1854 à Hukvaldy, en Tchécoslovaquie, mort à Ostrava en 1928, Leoš Janáček étudia la musique au monastère de Brno et l’orgue à Prague et au Conservatoire de Leipzig. Il fut maître de choeurs à la cathédrale d’Olomouc, chef d’orchestre à Brno, fondateur du conservatoire d’orgue de sa ville natale. Il a composé un ballet, neuf opéras (citons parmi les plus célèbres Jenufa, Osud, Les Voyages de Mr Broucek, La Petite renarde rusée, L’Affaire Makropoulos, De la maison des morts), presque tous créés à Brno, des oeuvres de musique chorale (messes, motets, cantates), des oeuvres de musique instrumentale (rhapsodies, poèmes symphoniques, quatuors, sonates). Janáček puisa une grande partie de son inspiration dans l’exploration du folklore morave, dans l’étude du dialecte et des coutumes de son pays natal et des bruits de la nature. Mais il sut également s’imposer comme un remarquable dramaturge et homme de théâtre. Une puissante charge dramatique caractérise toute son œuvre : les portraits de Jenufa et de Kátia, par exemple, sont empreints d’une grande subtilité psychologique. De son vivant, Janáček ne connut qu’un succès tardif et géographiquement limité : quand Jenufa parvient enfin à s’imposer, le compositeur a déjà 62 ans.

L’ŒUVRE

L’action, inspirée d’une pièce de l’écrivain russe Ostrovski, L’Orage, se situe dans la Russie de 1860. Janáček adapta lui-même le livret d’après une traduction en tchèque de Cervinka. Le sujet dresse un tableau très sombre de la condition féminine dans une petite bourgade de province. Archétype de la femme opprimée par les lois de sa propre morale, Kátia, qui a fait un mariage de convenance avec un garçon dominé par une mère autoritaire, étouffe et rêve de grand air mais sa conscience l’empêchera de rompre avec son milieu. Le texte d’Ostrovski était plus violent à l’égard de la société. L’opéra de Janáček met davantage l’accent sur le drame individuel : il insiste sur le monde lyrique de Kátia, le tragique de son amour, la sincérité de sa conduite et souligne en contraste l’hypocrisie de son entourage qui la pousse au suicide. En 1917, Janáček s’était lié avec Kamila Stösslová, de trente-huit ans sa cadette et mariée. Ces deux êtres que tout semblait séparer furent irrésistiblement attirés l’un vers l’autre. La similitude de la situation de Janáček et de Kamila avec celle du couple Kátia-Boris est évidente. « J’ai posé sans cesse votre image sur Kátia Kabanová pendant que je composais », écrit-il à Kamila en 1922. Le compositeur, qui ressentait intensément le drame de Kátia, soigna particulièrement son portrait.

LA CREATION

Créée à Brno le 23 octobre 1921, Kátia Kabanová fut représentée pour la première fois à Paris au Théâtre des Nations en 1959 lors d’une tournée de l’Opéra de Belgrade. L’Opéra-Comique présenta une version française en 1968 avec Hélène Garetti (Kátia) et Berthe Monmart (Kabanicha), sous la direction de Jean Périsson.

L’ŒUVRE A L’OPERA DE PARIS

Il fallut attendre le 18 février 1988 pour découvrir enfin à l’Opéra Garnier la version originale de Kátia Kabanová, dans la mise en scène de Götz Friedrich, dirigée par Jiři Kout, avec Karan Armstrong (Kátia), Leonie Rysanek (Kabanicha), Barry McCauley (Boris), William Neill (Tichon). Cette production, qui a reçu l’année de sa création le Grand Prix de la Critique, a été donnée à plusieurs reprises à l’Opéra Bastille avec Karan Armstrong, Nancy Gustafson et Gwynne Geyer dans le rôle-titre. La production de Christoph Marthaler, créée au Festival de Salzbourg 1998, entre au Palais Garnier en octobre 2004, avec Angela Denoke, Jane Henschel, David Kuebler, Christoph Homberger, sous la direction musicale de Sylvain Cambreling. C’est cette production qui est de nouveau à l’affiche cette saison.

ARGUMENT

PREMIER ACTE

Kalinov est une petite ville sur les bords de la Volga, dans laquelle vivent des commerçants. Kudriach regarde couler le fleuve. II aime admirer les vastes paysages avec la servante Glacha. Tous deux observent alors que Boris est réprimandé par son oncle Dikoy. Boris raconte à Kudriach ce qui le lie à son oncle despotique et à la vie monotone de Kalinov : sa sœur et lui sont orphelins. L’héritage de leurs parents ne leur sera versé que s’ils obéissent à leur oncle jusqu’à leur majorité. C’est ainsi qu’il gâche sa jeunesse. Il vient de tomber amoureux d’une femme mariée.
Les jeunes filles Glacha et Fekloucha s’enthousiasment pour la beauté de Kátia Kabanova. C’est elle la femme mariée. La famille Kabanov sort de l’église. Kabanicha, belle-mère de Kátia, reproche à son fils Tichon de ne plus aimer sa mère, car il n’admire plus que sa femme. Elle injurie Kátia. Tichon n’est pas en mesure de se défendre. Boris et Kátia se regardent.
Kátia parle de son enfance à sa belle-sœur Varvara. Elle a été heureuse. Elle aimait les services religieux et avait des idées fantasques. Maintenant, elle a peur d’elle-même, car elle est amoureuse de Boris.
Sur ordre de sa mère, Tichon doit partir en voyage d’affaires. Avant son départ, Kátia l’implore de ne pas la laisser seule. Elle le force à lui interdire de regarder d’autres personnes. Kabanicha dirige la cérémonie des adieux.

DEUXIEME ACTE

Kabanicha surveille Kátia et Varvara. Cette dernière voudrait rencontrer son amoureux, Kudriach. Elle donne à Kátia la clé qui ferme le portail au fond du jardin. Elle demandera à Boris d’y venir. Kátia accepte en hésitant. Kabanicha ne remarquera rien. Elle reçoit la visite de Dikoy qui est ivre. Il se laisse réprimander par Kabanicha, se soumet à elle, ils font l’amour.
Il fait nuit. Kudriach attend Varvara et Boris attend Kátia. Varvara arrive et annonce la venue de Kátia. Varvara et Kudriach disparaissent dans la nuit. Boris attend. Kátia arrive. Ils s’aiment pour la première fois.

TROISIEME ACTE

Le temps est à l’orage. Kudriach et son ami Kouliguine se mettent à l’abri de la pluie. Dikoy arrive, pestant contre l’humidité. Kudriach lui explique que l’orage est une décharge électrique et quelle est la fonction du paratonnerre. Pour Dikoy, les orages sont une punition de Dieu.

Varvara raconte à Boris que le mari de Kátia est rentré et que celle-ci est troublée et malheureuse. Varvara craint que Kátia n’avoue toute l’affaire à son mari ; leur mère, Kabanicha, a depuis longtemps des soupçons. Boris prend peur. Kátia, sanglotant, cherche conseil auprès de Varvara. Elle voit Boris mais l’évite.

Kátia tombe à genoux devant Tichon et Kabanicha et confesse en public qu’elle a passé dix nuits avec Boris. Puis elle s’enfuit au devant de l’orage.

La nuit est tombée. Tichon, Glacha, Kudriach et Varvara cherchent Kátia. Elle est allée toute seule sur les bords de la Volga. Elle rencontre diverses personnes et croit que tout le monde la méprise et se moque d’elle. Tout à coup, Boris paraît devant elle. Son oncle l’envoie très loin, en Sibérie. Il lui dit adieu et s’en va. Kátia se jette à l’eau. Les gens amènent le corps de Kátia à Tichon, qui pleure et injurie sa mère. C’est elle qui a anéanti Kátia. Kabanicha remercie les gens qui lui expriment leurs condoléances. Kudriach et Varvara sont partis.

Paris Opéra Garnier
M° Opéra
Renseignements :

- Par téléphone 0 892 89 90 90 (0,34 € la minute)
- du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 9h à 13h.



Qui est seul n'est pas toujours pauvre, mais qui est pauvre est trop souvent seul. Proverbe russe

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