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Roméo et Juliette, de Rudolf Noureev

Première le 11 avril 2011 à 19h30


Avec Roméo et Juliette, Rudolf Noureev s’empare d’un des chefs-d’oeuvre de Prokofiev et en traduit toute l’émotion dans un ballet où la fougue et la passion restituent fidèlement le drame shakespearien. Il en appelle aux procédés cinématographiques pour concevoir une véritable fresque aux couleurs de la Renaissance, d’une rare émotion et d’une puissante théâtralité.

- Serguei Prokofiev  : Musique
- Rudolf Nouree : Chorégraphie et mise en scène (Opéra national de Paris, 1984)
- Ezio Frigerio  : Décors
- Ezio Frigerio et Mauro Pagano : Costumes
Vinicio Cheli Lumières
- Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet
Orchestre de l’Opéra national de Paris
- Vello Pähn : Direction musicale

Durée du spectacle : 3h06 avec 2 entractes

Avec Roméo et Juliette, Rudolf Noureev s’empare d’un des chefs-d’œuvre de Serguei Prokofiev et en traduit la fougue et la passion dans un ballet digne du drame shakespearien. Riche d’images, suivant au plus près le découpage de la pièce et l’évolution de ses personnages, la partition fut écrite peu après le retour du compositeur dans ce qui était alors l’Union Soviétique.

Dans la version qu’il propose, Rudolf Noureev met en scène une véritable fresque aux couleurs de la Renaissance. Il restitue, à travers les mouvements de foule, l’atmosphère d’une ville grouillante où la cruauté et la mort sont omniprésentes. Les procédés cinématographiques auxquels il a recours annoncent l’issue fatale vers laquelle sont acculés des enfants sacrifiés à la haine et aux rivalités de deux familles, les Capulet et les Montaigu. Il conçoit ainsi un spectacle d’une rare émotion et d’une puissante théâtralité.

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Roméo et Juliette, enfants de la Renaissance, se rencontrent à Vérone lors d’un bal masqué et s’aiment dès le premier regard. Mais cet amour ne peut se dire au grand jour, car leurs illustres familles, les Montaigu et les Capulet, citées par Dante dans son Purgatoire, se vouent une haine ancestrale. Leur amour interdit trouvera sa délivrance dans le caveau, ultime et scandaleuse chambre nuptiale des amants sacrifiés sur l’autel des filiations claniques. De cette tragédie, inspirée de nouvelles italiennes des XVe et XVIe siècles, Shakespeare tire en 1595 le thème de sa pièce, Romeo and Juliet. Il y introduit des scènes de comédie, créant les rôles de la nourrice et de Mercutio, et imagine le personnage sombre de Tybalt.
Peu traité avant le XXe siècle, le drame de Shakespeare connaît un déploiement extraordinaire sous la baguette de Berlioz, Gounod et Tchaikovski. Le cinéma propose également ses relectures, ainsi The Goldwin Follies (1938), dans lequel George Balanchine chorégraphie un dénouement heureux réunissant les Capulet en claquettes et les Montaigu sur pointes, mais aussi West Side Story (1961), mémorable comédie musicale de Jerome Robbins.
Lorsque Serguei Prokofiev s’empare du sujet en 1934, répondant à la commande du Ballet du Kirov de Léningrad, il élabore une partition au plus près du drame shakespearien. Écrite peu après le retour du compositeur dans son pays natal, elle conserve la violence harmonique des œuvres futuristes et expressionnistes, mais confirme son rapprochement avec la tonalité classique. D’innombrables chorégraphes classiques et contemporains s’empareront de cette musique : entre autres, Léonide Lavroski (1940), Frederick Ashton et Serge Lifar (1955), mais aussi John Cranko (1958), Birgit Cullberg (1961), John Neumeier (1974), Iouri Grigorovitch (création pour le Ballet de l’Opéra de Paris, 1978) et Angelin Preljocaj (1991).
Rudolf Noureev créé son Roméo et Juliette en 1977 pour le London Festival Ballet et le remanie en 1984 pour son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris. Sa version, fidèle à la pièce shakespearienne, en restitue avec fougue la jeunesse et la passion. Faisant le choix d’une dramaturgie puissante, où se mêlent faste et violence, truculence et cruauté, le chorégraphe conçoit une vaste fresque aux allures cinématographiques qui rend toute son actualité à la tragédie des amants malheureux.

Opéra national de Paris - Opéra Bastille
120 rue de Lyon
75 012 Paris



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