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Hommage à Marina Tsvetaeva

17 - 18 septembre 2010


Marina Tsvetaïeva, née à Moscou, est un des poètes les plus originaux de langue russe du XXe siècle.

Elégie de Paris : Marina Tsvetaeva
Documentaire d’Aleksandra Svinina – Russie – 0h52
VENDREDI 17 SEPTEMBRE – 19h

Une soirée cinématographique a été organisée dans le cadre de l’année croisée France-Russie par la ville de Meudon.

Centre d’art et de culture a organisé une projection-débat en présence de la réalisatrice Aleksandra Svinina à la suite de la séance exceptionnelle. La jeune réalisatrice Aleksandra Svinina a réussi à retracer avec brio la vie de la grande femme-poète russe Marina Tsvetaeva à Meudon.

Au moment de la révolution de 1917, une époque très dure pour la Russie, des milliers de familles nobles on dû quitter le pays. La grande femme poète russe Marina Tsvetaeva (1892-1941), de famille noble, quitta Moscou en 1922 avec sa fille Ariadna . Elle se rendit à Berlin et à Prague, chez Sergueï Efron (son mari) d’où ils décident de déménager en France

A partir du 18 septembre 2010,
VANVES (Hauts-de-Seine)

Dans le cadre des Journées du Patrimoine :

- Inauguration d’une plaque commémorative au 65, rue Jean-Baptiste Potin, maison où vécut Marina Tsvetaeva de 1934 à 1938.

Hommage à Marina Tsvetaeva

- Samedi 18 septembre à 18h.
Sur cette plaque en marbre, figureront neuf vers extraits du poème « La Maison », écrit à Vanves en 1935, dans une traduction de Véronique Lossky.

- Exposition « Marina Tsvetaeva (1892-1941). Une grande poétesse russe à Vanves ».
Grilles d’entrée du parc Frédéric Pic, place du président Kennedy, du 18 au 30 septembre.
Texte rédigé par Véronique Lossky, professeur émérite de l’Université Paris IV-Sorbonne, comprenant des poèmes de Tsvetaeva inédits jusqu’alors en français (voir la photo).

L’exposition comprendra 7 panneaux, dont un panneau d’ouverture et six panneaux thématiques (« La Maison », « Les années de jeunesse », « La vie en exil », « Lumières et ombres des années parisiennes », « Poèmes engagés », « les adieux à la France »).

- Projection du documentaire d’Alexandra Svinina « Elégie de Paris : Marina Tsvetaeva ».
Samedi 18 septembre à 20h au Théâtre de Vanves, 12, rue Sadi-Carnot.

Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Informations / réservations au 01 41 33 92 91.

Cette projection sera suivie d’un débat avec le public en présence de la réalisatrice et de Véronique Lossky, spécialiste de l’œuvre de Marina Tsvetaeva.

Mairie de Vanves
23, rue Mary – Besseyre
VANVES 92170
Tél : 01 41 33 92 00
Fax : 01 41 33 92 35


Marina Tsvétaeva en France

La Vendée fait partie de l’imaginaire russe : elle est la lutte contre la Révolution. Marina Tsvétaeva se voulait elle-même une "Vendéenne", elle alla dans un petit village de Vendée, avec son jeune fils, passer plusieurs vacances d’été.

la révolution de 1917 qui sépare Marina et ses deux enfants de Serge Efron, leur mari et père, les premières restant prisonnières dans un Moscou bolchévique et affamé, le second combattant aux côtés de l’Armée blanche ; leur fille cadette qui décède à trois ans ; des années de pauvreté sinon de misère dans la France des années 1920 et 30 ; une autre guerre mondiale qui vainct ses dernières résistances.
Un caractère instable, amer, d’écorchée vive qui jette des vers sur le papier pour survivre à chaque désastre familial, sentimental ou matériel.

En mai 1922, Tsvetaïeva et Alia quittent l’Union soviétique et retrouvent Efron à Berlin.

En 1925, ses écrits fâchent le régime soviétique, qui la met au banc. A la fin de cette année, épuisée par la vie difficile en Tchécoslovaquie, elle met le cap sur Paris après avoir donné naissance à un fils.
- La famille (Serge reste à Prague) emménage rue Rouvet. La vie est toujours aussi dure. Mais les émigrés russes et les cafés sont là, comme à Prague. Ici, ils s’appelent La Rotonde, La Coupole, Le Dôme, le Select, le Napoli… Dans le dénuement et l’attente plus ou moins consciente d’un retour au pays, la plupart des russes ne se mêlent pas aux français, à la culture française et aux autres étrangers. Le 6 février 1926, Marina fait une lecture très réussie de ses poèmes 79 rue Denfert.

- En 1926, elle séjourne en Vendée, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. De là-bas, elle participe avec Pasternak et Rilke à une correspondance à trois dans laquelle chacun admire l’autre : Rilke, reclus en Suisse, tuberculeux et à quelques semaines de sa mort, Pasternak étouffé par le régime soviétique.
- Automne 1926 : c’est l’installation 31 boulevard de Verdun, à Bellevue près de Meudon. Puis, bientôt, 2 avenue Jeanne d’Arc à Meudon. Les émigrés russes, lorsqu’ils ne critiquent pas la complexité de sa poésie, accusent Marina et Serge d’être à la solde des bolchéviques. Lénine est mort en janvier 1924. Cette même année, la reconnaissance officielle de l’URSS par le gouvernement Herriot a coupé les émigrés de leur légitimité et avivé les antagonismes. A cela s’ajoute, pour les poètes et écrivains exilés, la souffrance de n’être pas lus par la majorité de leurs compatriotes.

Marina rend visite à son ancienne amie Gala, devenue Madame Paul Éluard. Elle rencontre aussi Ilya Erhenbourg, devenu correspondant parisien d’un journal soviétique et visite Natalie Barney dans son salon du 20 rue Jacob.
Serge part soigner sa tuberculose au sanatorium de Saint-Pierre-de-Rumilly, en Haute-Savoie.

- Pour économiser encore sur le loyer, la famille s’installe en 1932 101 rue Condorcet à Clamart, puis 33 rue Jean-Baptiste-Potin à Vanves en 1934. C’est à cette époque que l’ordinaire quotidien s’améliore… Serge ayant été recruté par la police secrète soviétique pour participer à des attentats contre des opposants anti-staliniens.

- Le Congrès international des écrivains en juin 1935 au Palais de la Mutualité est pour Marina l’occasion de revoir brièvement Boris Pasternak. Rencontre très décevante, Pasternak, déprimé et mal à l’aise, étant venu participer en catastrophe à ce congrès sur l’ordre de Staline. L’émotion d’hier n’est plus là, ni d’un côté ni de l’autre. Il lui conseille de ne pas retourner en Russie.

- La famille Tsvetaeva passe l’été 1935 dans la pension russe de la villa La Favière, au Lavandou.

- le 15 février 1936, Marina participe à une soirée poétique donnée 12 rue de Buci, au siège de l’Union pour le retour dans la patrie, organisation financée par l’ambassade d’URSS à Paris. Sa fille Ariadna regagne l’URSS en 1937, bientôt suivie par son père qui échappe ainsi à la police française.

- Marina et son fils louent en 1938 une triste chambre de l’hôtel Innova, qui existe encore 32 boulevard Pasteur. En juin 1939, n’y tenant plus, ils rentrent eux-aussi en Union soviétique.

Poète majeur, éprise d’absolu et broyée par l’histoire tragique du XXe siècle, Marina Tsvetaeva (1892-1941) s’est suicidée dans une province perdue de l’empire soviétique, au début de la Seconde guerre mondiale en URSS.



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

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