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La Salle n°6 - Tchekov. Film russe de Karen Shakhnazarov

Sortie en salle : 5 Mai 2010


Une clinique psychiatrique, de nos jours. Le docteur Raguine, nouvellement nommé, découragé par les négligences et la corruption qui règnent à l’hôpital, se lie d’amitié avec un patient, un brillant intellectuel...

Documentaire sur l’univers psychiatrique ou variation libre autour de la nouvelle d’Anton Tchekhov, le film de Karen Shakhnazarov joue sur son hybridité formelle pour mieux brouiller les pistes. L’image bleutée et granuleuse, l’absence quasi totale de musique ainsi que le montage discret sans aucun effet tapageur participent au réalisme angoissant de la chute d’un médecin vulnérable lié “cordialement” à l’un de ses patients. Si le long métrage cultive une certaine ambiguïté de ton, mêlant son casting professionnel aux pensionnaires d’un authentique asile de campagne russe, il expose frontalement dès le départ qu’il est inutile et absurde de se fier aux frontières chimériques entre raison et folie. Pour la cinéaste, et par extension ses personnages, la contagion et l’aliénation semblent une évidence, une fatalité, voire une vérité absolue.

Le concept psychanalytique du transfert est ainsi à peine abordé tout comme les accusations portées contre le régime communiste quant à la gestion des hôpitaux (problèmes d’hygiène, maltraitance) n’ont pas assez d’envergure pour attribuer au récit une franche couleur politique. Ce dénuement d’enjeux idéologiques et de questionnement philosophique fait tant la spécificité de ‘Salle n°6 Tchekhov’ que sa déficience. Rigoureuse mais trop distanciée, concentrée sur la mise en scène sèche et clinique d’un microcosme en perdition sans en dégager un propos pertinent, Karen Shakhnazarov se détache malheureusement de l’essence même de son projet : le texte de Tchekhov, porteur d’une considérable réflexion sur la conscience humaine, de la psychologie la plus sommaire aux tréfonds de la morale sociétale.



Se faire des amis est une occupation de paysans, se faire des ennemis est une occupation d'aristocrates. Proverbe russe

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