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DIMITRI KAWARGA. OUROBOROS : Bio-sculptures

4 - 28 mars 2010


Cet editorial tiendra en quelques mots à replacer l’oeuvre de Dimitri Kawarga dans une spécificité de la pensée russe d’avant-garde : la terre de pensée (myslezëm).

Une étude de Galina Kabakova, professeur à La Sorbonne, démontre comment la création du nouveau monde pour l’avant-garde russe signifie ’repenser le potentiel de l’anatomie humaine’.

Ce transfert de « l’âme russe » vers « un corps russe », ou le cerveau seul défie les lois de l’intelligible, du visible comme de l’invisible, du temps et de l’espace, permettra à l’univers de retrouver son unité originelle, et renaîtreen « terre de pensée ».

OuroborosSymbole de cette re-naissance dans une perception du corps émancipée par l’expériencele choix du serpent, en mythologie ancienne OUROBOROS.De Pouchkine « celui-là plus rien ne l’enchante, des serpents sa mémoire hante » à Gogol et la déconstruction du corps « le nez »,en passant par sa désintégration et sa dégénére scence en poésie - citons-Alexandre Blok, puis la littérature concentrationnaire du XXème siècle...indique, telle la mue,l e douloureux passage vers la délivrance (désincarnation-résurrection).

Symbole également initiatique à la connaissance mystérieuse des cycles del’univers dont font état les traités d’alchimie et les signes maçonniques.

Comme l’écrivait récemment dans Beaux-Arts Magasine le philosophe Yves Michaud, le XXIème siècle attend de nouveaux chefs-d’orchestrepour plonger dans la révolution de l’art experimentiel et multi-sensorielil faut que ceux-si soient "des artistes - poètes...un peu...déjantés...susceptibles d’investir dans des concepts forts". La quête de Dimitri Kawarga semble inviter la Russie à en être un flambeau. Quête messianique identitaire aux douloureux dédales de la mémoire de l’histoire universelle, que l’opportunité de l’année culturelle France - Russie m’a donné le bonheur de partager avec vous ce soir.

Bénédicte Chauliac Paris mars 2010

Galerie Brissot Art Contemporain
48, rue de Verneuil
75007 Paris



Ce qui, en français, a l'air de sonner, bien traduit en russe peut être très vilain. Alexandre Soumarokov

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