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Exposition ’Sydorenko Victor, Dépersonnalisation’

Du 10 mars 2009 au 30 mars 2009


Aujourd’hui, Victor Sydorenko fait sortir ces figures à la lumière. Il s’agit d’une douzaine de personnages, tous semblables, à taille humaine, que l’artiste a créés à partir du moulage d’un homme vivant.

l’installation « Dépersonnalisation », les amateurs de l’oeuvre de Victor Sydorenko assistent à la poursuite d’une histoire dont ils ont pu voir les débuts à la galerie Taïss lors de l’exposition « Authentification ».
Aujourd’hui, Victor Sydorenko fait sortir ces figures à la lumière. Il s’agit d’une douzaine de personnages, tous semblables, à taille humaine, que l’artiste a créés à partir du moulage d’un homme vivant.

La galerie Taiss, récemment ouverte en plein Marais, est un vaste espace de plusieurs étages, propice à la création d’expositions et de parcours insolites et aux expérimentations fécondes. Elle a pour ambition de faire découvrir des artistes peu connus, aux oeuvres surprenantes et raffinées, qui engagent à la réflexion, au rêve, à l’exploration de soi et du monde.

La Galerie Taïss a eu le plaisir de proposer au public, sur trois niveaux, un travail récent de cet artiste, qui a représenté l’Ukraine lors de l’édition 2003 de la Biennale de Venise. Au rez-de-chaussée, l’installation « Authentification » de Victor Sydorenko soumet le spectateur à la confrontation brutale mais salvatrice avec une présence humaine littéralement expurgée. Les corps identiques disposés dans l’espace d’exposition sont plongés dans une semi obscurité clinique.

La température de la lumière est glaciale. Tous les « sujets » figurés sont semblables, figés dans une posture servile, légèrement penchés vers l’avant dans un simulacre de communication. Le visiteur éprouve à leur contact le privilège paradoxal du survivant, et les quitte en gardant un aperçu de l’utopie égalitaire poussée dans ses retranchements utilitaristes. Débarrassée des détails affectifs et morphologiques qui font l’individu, l’enveloppe humaine occupe l’espace sans l’animer, en accusant, au contraire, l’encombrante vacuité. A en croire Dante, le coeur de l’enfer est froid. Victor Sydorenko, nous donnant l’occasion d’éprouver physiquement cette hypothèse, exacerbe le désir profondément, spécifiquement humain, de différence et de rencontre. Au premier étage, le spectateur plongé dans l’obscurité est saisi dans le champ d’un regard grave. Un homme filmé en vidéo lui fait face et l’observe...

histoire dont ils ont pu voir les débuts à la galerie Taïss lors de l’exposition « Authentification ». A cette occasion, ils s’étaient retrouvés pris dans une ombre bleutée, comme au coeur d’un glacier. Des hommes grandeur nature, entièrement blancs mais rendus translucides par un éclairage sous-marin, comme à peine sortis des glaces, hantaient l’espace.

Et les visiteurs avançaient parmi eux à la fois attirés et repoussés par le magnétisme qui s’en dégageait. Aujourd’hui, Victor Sydorenko fait sortir ces figures à la lumière. Il s’agit d’une douzaine de personnages, tous semblables, à taille humaine, que l’artiste a créés à partir du moulage d’un homme vivant.

En les enlevant à la nuit et en les exposant au jour, l’artiste donne à ces mannequins une nouvelle densité. A l’air libre, ils retrouvent leur opacité : on s’aperçoit alors du velouté de leur peau due au matériau (de la résine). Mais ils sont aussi métamorphosés par les couleurs que l’artiste a ajoutées. Chacun semble avoir été plongé dans un bain rouge,
orange, fuschia ou bien vert. Les couleurs sont particulièrement lisses, voire crémeuses, elles exercent une séduction sur notre sens du toucher — on voudrait les caresser.

On peut alors penser que, en les faisant passer de l’obscurité à la lumière, l’artiste fait vivre à ces figures une sorte de rédemption, un baptême dans la couleur, comme si, des limbes qui les emprisonnaient, elles revenaient à la vie.

Cette idée n’est pas étrangère au travail de Victor Sydorenko : l’exposition « Authentification » obéissait elle-même à un parcours conduisant vers toujours plus de clarté et les oeuvres empruntaient une part de leur iconographie à un vocabulaire religieux.

Toutefois, ces figures-ci laissent planer un doute. Peut-on y voir seulement une Assomption ? De fait ces créatures sont perturbantes : vues de dos ou de profil, elles semblent similaires à des êtres humains et incitent à s’approcher. Mais dès qu’elles nous apparaissent de face, alors elles nous échappent. Leur regard, en effet, est ailleurs ou plutôt tourné vers l’intérieur, comme absorbé par un espace qui ne serait pas le nôtre : dès lors leur humanité disparaît et elles nous deviennent étrangement lointaines.

On note aussi leur attitude particulière : se tenant tous dans des postures similaires, ces personnages sont légèrement penchés en avant. Peut-être s’apprêtent-ils à nous adresser la parole ? Mais leur regard est vide et leur bouche, close.

Leurs mains s’avancent vers nous et pourtant ce geste, à peine ébauché, est retenu. Habités par une inquiétude, ils se tiennent dans un entre-deux, comme s’ils redoutaient de venir complètement au monde ou comme si quelque chose de supérieur les retenait.


Victor Sydorenko est né à Taldy-Kurgan, Kazakhstan en 1953. Vit et travaille à Kiev Ukraine.

Emblématique de la critique sociale empruntant les voies de l’expression plastique, cet artiste prolifique a mené de front une recherche esthétique approfondie et l’exploration des moyens de sa diffusion. Depuis 2001, il dirige l’Institut de recherche de l’académie ukrainienne des Beaux-arts, dont l’objectif est de faire de l’Ukraine un interlocuteur
à part entière en matière de production artistique, de commissariat d’exposition et d’études théoriques sur la place de l’art dans les sociétés contemporaines.

La Galerie Taïss a le plaisir de proposer au public, sur trois niveaux, un travail récent de cet artiste majeur, qui a représenté l’Ukraine lors de l’édition 2003 de la Biennale de Venise.

Au rez-de-chaussée, l’installation « Authentification » de Victor Sydorenko soumet le spectateur à la confrontation brutale mais salvatrice avec une présence humaine littéralement expurgée. Les corps identiques disposés dans l’espace d’exposition sont plongés dans une semi obscurité clinique. La température de la lumière est glaciale. Tous
les « sujets » figurés sont semblables, figés dans une posture servile, légèrement penchés vers l’avant dans un simulacre de communication. Le visiteur éprouve à leur contact le privilège paradoxal du survivant, et les quitte en gardant un aperçu de l’utopie égalitaire poussée dans ses retranchements utilitaristes.

Débarrassée des détails affectifs et morphologiques qui font l’individu, l’enveloppe humaine occupe l’espace sans l’animer, en accusant, au contraire, l’encombrante vacuité. A en croire Dante, le coeur de l’enfer est froid.

La galerie Taiss présente, pour la première fois en France, le travail d’Anatoliy Tverdoy, artiste ukrainien qu’elle présente dans ses locaux du 4 février au 31 mars 2009 et dans le cadre d’Art Paris (stand F4) au Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris, du 18 au 23 mars 2009.

Cour Jardin de l’Hôtel Plaza Athénée

Galerie Taiss, 5 rue Debelleyme 75003 Paris



Si chacun balayait devant sa porte, comme la ville serait propre! Proverbe russe

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