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Le Rideau De Sucre

En salles le 10 Octobre 2007


Ce film rend compte de leur enfance, semblable à aucune autre. Il explore, à travers le regard de ces jeunes adultes, ce qui est arrivé depuis à ce pays, paralysé du jour au lendemain par la chute des régimes soviétiques d’Europe de l’Est.

Le Rideau De Sucre est un documentaire sur la Révolution Cubaine, vue par ceux qui sont nés à Cuba et qui y ont grandi. C’est le portrait intime d’une génération qui était sur les bancs de l’école dans les années 70, à l’apogée du régime cubain.

Ce film rend compte de leur enfance, semblable à aucune autre. Il explore, à travers le regard de ces jeunes adultes, ce qui est arrivé depuis à ce pays, paralysé du jour au lendemain par la chute des régimes soviétiques d’Europe de l’Est.

Le Rideau De Sucre dessine une autobiographie collective de cette génération de Cubains et pénètre dans l’intimité de leur quotidien.


Avoir grandi à Cuba dans les années 70 et 80 est, à mes yeux, une expérience unique. J’ai le sentiment que pendant ces années-là, nous avons vécu dans un monde différent, irréel d’une certaine manière.
Je suis née au Chili, quelques mois avant le coup d’Etat du général Pinochet. Ma famille est arrivée à La Havane alors que j’avais à peine deux ans. C’est là-bas que j’ai grandi.

Je suis allée dans une école ordinaire du quartier d’Altahabana. J’ai connu un style de vie différent et tranquille. J’ai été élevée dans « les idéaux révolutionnaires » d’un pays où nous nous sentions tous égaux et où tout ce qui était matériel n’avait aucune importance. Mes amis et moi étions les Pionniers, les « bâtisseurs de l’avenir ». Nous allions devenir « l’homme nouveau » qu’avait imaginé le Che.
Notre confort quotidien était peut-être un peu précaire. Nous étions habitués au rationnement, mais nous avons toujours su improviser (nous appelions ça inventer).

À Cuba, chaque problème a sa solution et il en sera toujours ainsi. Nos besoins étaient couverts : il nous paraissait tout à fait normal que l’éducation et la médecine soient gratuites, pour nous c’était un droit, comme d’avoir un toit au-dessus de nos têtes. Je me souviens du sentiment de solidarité qui régnait partout... Je me souviens aussi qu’on nous disait que le pays pouvait être envahi à tout moment par les Etats-Unis. C’est ainsi que nous avons grandi.
Puis, il y a eu la chute du Mur de Berlin. Quelques années plus tard, l’économie s’est effondrée. Nous n’avions jamais réalisé à quel point nous étions dépendants... La forte crise qui a secoué l’Île au début des années 90 a plongé le pays dans une longue et difficile transition qui dure encore. Personne ne sait comment elle va se terminer.

Le point de départ de ce film était de rendre compte de cette réalité que nous avions vécue enfants, une expérience bien réelle, que le rideau de l’oubli est en train d’effacer. J’ai aussi voulu explorer ce qui est arrivé à cette génération de Cubains qui sont nés et ont grandi sous la Révolution et qui, en entrant dans l’âge adulte, ont vu tous leurs idéaux partir en fumée. Dans quel état la Révolution les laisse-t-elle aujourd’hui ? Où vont-ils ?



Si chacun balayait devant sa porte, comme la ville serait propre! Proverbe russe

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