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’Slogans’ de Maria Soudaïeva et d’Antoine Volodine

Du mercredi 6 au vendredi 22 février 2008


L’Extrême-Orient russe. La nuit. Dans un port abandonné de Vladivostok, un cargo à l’ancrage est en train de pourrir au milieu d’autres épaves.

Création de Maria Soudaïeva à partir de Slogans de M. Soudaïeva
et Vociférations d’Antoine Volodine :
- adaptation Antoine Volodine
- mise en scène Charles Tordjman

L’Extrême-Orient russe. La nuit. Dans un port abandonné de Vladivostok, un cargo à l’ancrage est en train de pourrir au milieu d’autres épaves. Dans la soute, Ida Jerricane et Serena Malvachenko, deux prostituées en fuite, rattrapées par la mafia russe, attendent… le retour de leurs bourreaux. Elles sont quelque part entre la vie et la mort. Sur scène, deux comédiennes « jouent » à apprivoiser la mort, à se réconcilier avec la vie, guidées par deux présences fantomatiques. Dans le silence, parmi les craquements/clapotis/grincements des carcasses de bateaux, elles expriment leurs peurs, leurs douleurs physiques. Parfois, pour dire au-delà des mots, elles empruntent la voix fragmentaire et chorale de cette mystérieuse poétesse russe révélée par Antoine Volodine, Maria Soudaïeva, et de ses Slogans.

Qui d’autre que ces victimes innocentes, petites sœurs, mouettes, orphelines, pouvait faire résonner cet étrange recueil de cris poétiques exprimés au féminin, pleins d’une révolte radicale contre le monde tel qu’il ne va pas. Une fois admise cette plongée dans l’indéfinissable, on est saisi par le caractère familier des sentiments et des gestes qu’on nous livre. Soudain plus rien n’est ni étrange ni étranger. Car c’est bien à nous que s’adressent ces murmures et ces cris qui parlent d’effroi et de solitude, de guerres et de souffrances, insupportables, de mort, mais aussi de beauté et d’espoir, allant avec constance vers l’ultime slogan « Les mauvais jours finiront ! ». Quand la poésie devient combat, n’ayons plus peur, suivons-la .

- 51. Partisanes, à vos couteaux, prenez les harpes pour prétexte !
- 65. Pas de pitié pour la mouette qui renonce aux orgues !
- 77. Petite sœur, n’imagine pas un au-delà des fosses !
- 91. Réveille tes ombres jusqu’au sang !
- 104. Tant pis pour la fin du monde !
- 341. Un jour nous aurons le soleil en bouche !

Maria Soudaïeva, Slogans

Il y a trois ans dans un aéroport, entre deux avions, je lisais Slogans de Maria Soudaïeva. Et là, le choc. À la fin de la lecture, le souffle coupé. On dirait un texte écrit à la Kalachnikov (d’ailleurs la « Soudaïeva » est une mitraillette russe). Un texte de rage qui dévaste la pensée raisonnable, une tempête de vengeance qui vient brûler le monde, sa logique brutale.

Pour survivre dans cette violence, Maria Soudaïeva – qui s’est suicidée il y a trois ans dans un hôpital psychiatrique de Macau, après une vie d’engagement auprès des prostituées russes pour les libérer de la mafia – crée de nouvelles formes de langage et de raison.
Cette lutte, qui occupe toute la vie de Maria Soudaïeva, se manifeste dans une langue inventée, seule capable de révéler les souffrances indicibles endurées par des femmes prisonnières, dans des soutes de cargos abandonnés à Vladivostok ou en Chine, brûlées, torturées.
La littérature de Maria Soudaïeva traduite par Antoine Volodine donne la parole à des fantômes, des absentes : elle donne une deuxième chance à la vie.
Après Daewoo [1] où un quatuor de femmes prenaient la parole pour 1200 salariées licenciées par un patron voyou protégé et récompensé par la France, j’ai envie avec Slogans d’être dans la colère, de parler à nouveau dans la colère.
Agnès Sourdillon – l’Agnès de L’École des femmes mise en scène par Didier Bezace – sera Maria Soudaïeva, Julie Pilod, Marion Bottollier et Violaine Schwartz seront les voix et les visages intérieurs de sa folie.
Sur la scène s’inventera un nouveau paysage où raison et folie s’accoupleront.
Une nouvelle langue poétique qui nous remue le cœur, celle des slogans, se dressera en acte de résistance. / Charles Tordjma


Les jeudis de Slogans à l’issue des représentations – attention : le jeudi, début des représentations à 20h :
- jeudi 7 février : rencontre avec Charles Tordjman, Antoine Volodine (sous réserve) et l’équipe artistique
- jeudi 14 février et/ou jeudi 21 février : cabaret(s) - débat(s).

Slogans proposé(s) par l’équipe artistique du spectacles entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Théâtre de la Commune
2, rue Edouard Poisson
93304 Aubervilliers

Plan d’accès :

- Métro : Aubervilliers Pantin/4 Chemins (ligne 7) - puis bus 150-170 ou marcher 10 minutes
- Bus : 150-170 arrêt André Karman ou 65 arrêt Villebois-Mareuil
- En voiture : par la Porte d’Aubervilliers ou de La Villette - puis direction Aubervilliers centre (parking gratuit).

Navette retour : le Théâtre de la Commune met à votre disposition une navette retour gratuite du mardi au samedi - dans la limite des places disponibles. Elle dessert les stations Porte de la Villette, Stalingrad, Gare de l’Est et Châtelet.



L'histoire est encore plus rancunière que les hommes. Nicolaï Karamzine

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