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La Mouette, nouveau texte, très fidèle à Tchekhov

A l’affiche le 8 février 2008


Philippe Adrien et Vladimir Ant ont composé un nouveau texte, qui, pour être fidèle à Tchekhov, s’attache tout particulièrement à rendre en français la simplicité et la vitalité naturelle de la langue russe.

« La Mouette est une comédie avec trois rôles de femmes et six rôles d’hommes. Quatre actes, un paysage (vue sur un lac), beaucoup de discours sur la littérature, peu d’action, cinq tonnes d’amour » note Tchekhov qui, évitant la plupart des procédés de la dramaturgie traditionnelle, leur substitue une forme radicalement nouvelle : « Il n’y a pas besoin de sujet. La vie ne connaît pas de sujet, dans la vie tout est mélangé, le profond et l’insignifiant, le sublime et le ridicule. »

Comme dans telle tragédie de Racine, personne n’aime qui l’aime. L’instituteur aime Macha qui aime Treplev qui aime Nina qui aime Trigorine, lequel n’aime personne mais est aimé à la fois par Nina et par Arkadina. Une mise en abyme du ratage… Tous sont en effet logés à la même enseigne que Sorine qui, près de sa fin, craint de n’avoir été qu’un « velléitaire », « un homme qui voulait »… Seul l’art représente un espoir. Dorn, le médecin qui bien sûr n’est pas sans nous évoquer Tchekhov, y voit une possibilité « de s’envoler loin de la terre ». Sans doute Treplev a-t-il plus qu’aucun autre entendu cet appel. D’où vient donc qu’il en mourra ?

Pour cette pièce sur le théâtre, une distribution cosmopolite qui réunit des acteurs aventureux ayant croisé les chemins de grandes compagnies itinérantes, notamment le Footsbarn : célébrer le théâtre à l’heure européenne ! Philippe Adrien et Vladimir Ant ont composé un nouveau texte, qui, pour être fidèle à Tchekhov, s’attache tout particulièrement à rendre en français la simplicité et la vitalité naturelle de la langue russe.

Une comédie ?

« La Mouette est une comédie avec trois rôles de femmes et six rôles d’hommes. Quatre actes, un paysage (vue sur un lac), beaucoup de discours sur la littérature, peu d’action, cinq tonnes d’amour », note Tchekhov qui, aux procédés dramatiques traditionnels, substitue une forme radicalement nouvelle : « Il n’y a pas besoin de sujet. La vie ne connaît pas de sujet, dans la vie tout est mélangé, le profond et l’insignifiant, le sublime et le ridicule. »

L’instituteur aime Macha qui aime Treplev qui aime Nina qui aime Trigorine, lequel n’aime personne mais est aimé à la fois par Nina et par Arkadina. Tous sont logés à la même enseigne que Sorine qui, près de sa fin, craint de n’avoir été qu’un « velléitaire »…

Seul l’art représente un espoir. Dorn, le médecin, qui bien sûr n’est pas sans nous évoquer Tchekhov lui même, y voit une possibilité « de s’envoler loin de la terre ». Sans doute Treplev a-t-il plus qu’aucun autre entendu cet appel. D’où vient donc qu’il en mourra ?

Philippe Adrien

Accéder à l’être de saltimbanque…
Il n’est aucun metteur en scène qui n’ait songé un jour à monter OEdipe-Roi, Hamlet, Tartuffe ou La Mouette. Mais il peut arriver que l’on rêve à ces grands titres pendant des années sans passer à l’acte.

Pour ma part, rien de plus déclenchant que la rencontre d’un acteur ou d’une actrice. Il y a une quinzaine de mois, j’animais au théâtre de la Tempête un atelier d’interprétation où le plus souvent je trouve plaisir à m’aventurer dans le répertoire sans obligation ni limites.

Une jeune actrice, Julie Biereye, me présenta une scène de La Mouette. Je m’aperçus presque aussitôt qu’elle était Nina comme je n’avais jamais pensé qu’on puisse la figurer.

Pourquoi ? Nous sommes tous, lecteurs et spectateurs de La Mouette, marqués par le caractère fatal, catastrophique, du destin de Nina. Comme souvent, nous serions tentés de jouer déjà la fin au début de la pièce. Julie m’a immédiatement convaincu par son éclat et sa joie de vivre. Elle était telle qu’il faut être lorsque la pièce commence.

C’est le plus important. Éviter à Nina de partir battue. Quelque temps plus tard, dans le hall de La Tempête, j’aperçus Julie qui me tournait le dos au bras d’un grand garçon dont la silhouette n’était pas sans m’être familière. C’était Pascal Rénéric, un de mes anciens élèves. Presque ensemble, l’un et l’autre se sont alors tournés vers moi, et avant de les
rejoindre, je ne pus m’empêcher de les désigner du doigt en les nommant : Nina, Treplev.

Sans doute je ne croyais pas si bien dire… Ils m’ont aussitôt assailli avec un tel enthousiasme à l’idée de jouer ensemble la pièce de Tchekhov que dans les deux semaines qui suivirent, je décidai de les mettre en scène. Ce n’était pas tout. Différentes circonstances et affinités, qui ont précisément à voir avec la vie de ces deux jeunes comédiens, m’ont conduit à rassembler une distribution cosmopolite qui mêle Allemands, Anglais, Russes et Français tout particulièrement aventureux pour avoir croisé les chemins de grandes compagnies itinérantes (notamment le Footsbarn).

Je pense à Treplev, « petit-bourgeois de Kiev ». Dans la plupart des cas, nous autres théâtreux sommes tout de même petits-bourgeois de Kiev ou d’ailleurs. La Mouette représente pour moi l’ultime chance d’accéder à l’être de saltimbanque.

Philippe Adrien

Livres de Tchekhov

La Mouette
Théâtre Suresnes - Jean Vilar
16, place Stalingrad, 92150 Suresnes

Navette gratuite Paris - Suresnes :
- Départ de la navette 45 minutes précises avant l’heure de la représentation, à l’angle de l’avenue Hoche et de la place Charles de Gaulle Etoile, à proximité du métro et du RER.



Un homme sans patrie, c'est un rossignol sans chanson. Proverbe russe

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